VI. 2. n
i08 COLONISATION PHENICIENNE. EMPIRE DE CARTHAGE.
noms géographiques, qui ont paru appartenir à la langue phénicienne. Mais il convient de réduire beaucoup les listes dres sées- par Movers et d'autres savants' : quatre ou cinq noms tout au plus paraissent devoir être retenus2. Pas plus que l'Es pagne, la Sicile, pourtant mieux explorée, n'a livré de documents archéologiques attestant une colonisation, un commerce étendu des Phéniciens à la fin du second millénaire et au débul du premier .
Cette constatation doit nous engager ù ne pas exagérer leur rôle dans l'histoire de l'île*. Elle ne doit peut-être pas nous faire rejeter l'indication de Thucydide8. I>u reste, le Sud et le Sud-Ouest île la Sicile étaient sur la roule maritime qui reliait les ports de la Syrie aux mines d'argent d'Espagne; quelles
I. Movers. IL J. p. :'.-'. ri suiv. [Iolin, Geschichte Sicilieits im Alterthum, 1. p. NI -l suiv. Bérard. (. c, II, p. 381, 3S2. Elc.
-. Peut-être Pachynos promontoire au s i n 1 -10 - 1 de l'Ile : Movers. /. >•.. p. :u.V. Bérard, II. p. 381. Thapsos, au Nord-Ouesl de Syrai ise Movers, p. 329 (M. Orsi n'a pourlanl eonslalé aucune Iran- des Phéniciens en ce lieu el il doute que le ri m. a sémitique : Monumcnil antichi dei Lincei, VI. p. 91, a. I). En ce qui concerne les trois n illes indiquées pur Thucydide, le nom de Soloeis esl certainement phénicien (Movers. p. 337): celui de Motyé l'esl peut-être aussi Movers, p. 334).
Hivop[xo; esl un nom grée; on a supposé, d'après des monnaies, que le a
phénicien étail Sis, mais cela n'esl nullement certain : voir Freenian, History of Sicily, I. p. 231: G. F. Ilill. Coins of ancient Sicily, p. 147. Il n'esl pas impossible que Ma/.ara. au Sud-Ouesl de l'île, s.ui un noni phénicien (Movers, p. 333). Pour Heracleo Minoa. sur la cote méridionale, à l'Est de Sèlinonte, l'origine phénicienne au terme Minoa esl plus que douteuse (quoi qu'en dise Bérard, I. p. 216 cl suiv.); quant au nom d"HpâxXeia, il parail avoir été donné a la ville par des Grecs à la lin du vi" siècle : voir Beioeh, Rkeinisches Wuseum, XL! X. p. 118; Bethe, ibid.. LXV. 1910. p. 2IO-I : Ziegler, Real-Eneyclopàdie de Wissowa, -. v. Herakleia, col. 1-37. Il n'esl pas certain qu'il Faille attribuer a cette ville îles monnaies du temps de la domination punique en Sicile n\' siècle), portanl la légende phénicienne Bous Melqarl (le cap d'Héraclès) : Ilill. '.<-., p. 142.
3. Voir Orsi, Ifoniimen/i dei Lincei, II. p. 33; Bull. <li paletnologia ilaliana, XX, 1894 p.iii.. n. 36 ; Notizie degli lui 1899 p. 2ii. Il n'\ a aucune raison d'admettre que les vases el autres objets di is myeéniens, découverts en Sicile aient été apportés par des Phéniciens : Beioeh, /. c, p. 120.
I. Contre les opinions de Movers el de llolm, voir Freeman, l. c, p. 359 el
suiv.; Pais Storia tella Sicilia e delta magna Grecia, I, p. 600 el suiv. M. Beioeh
(t. c, p. 1 1 7 s rai t observer qu'à Ortygie, à Mégare, à Kaxos, a Zancle, les Grei -
" témoi nage de Thucydide el de Diodore, ne trouvèrenl que des Sikèles.
•">. On saii que les sites occupés de préférence parles Phéniciens étaient préci
ml ceux que l'historien grec indique pour la Sicile : pointes s'avaaçanl dans
la mer, petites île- voisines du rivage. Voir plus haut, p. 35.
qu'aient été les causes qui y amenèrent les Phéniciens, on ne peut guère douter qu'ils n'aient occupé dans ces parages des points où relâchaient les vaisseaux de Tarshish, comme aussi ceux qui se dirigeaient vers les côtes de la Berbérîe1. Cela ne prouve pas qu'outre des factoreries et des escales, dont la population était flottante et L'existence précaire, ils aient fondé des colonies en Sicile, avant de se rassembler à Motyé, à Panormos et à Soloeis. Ce fut peut-être alors seulement que de véritables villes s'élevèrent en ces trois lieux. Motyé fut construite sur une ile, dans la baie bien abritée qui s'étend au nord du cap Lilybée, point de la Sicile le plus rapproché de l'Afrique; Panormos, aujourd'hui Païenne, au fond d'un beau golfe et au débouché d'un pays Fertile ; Soloeis (Solonte), moins importante, sur une pointe qui s'avance entre le golfe de Palerme et celui dans lequel se jette le fleuve Himère2.
Les Phéniciens s'établirent sans doute à Malte3, à Gozzo, à Pantelleria. îles semées entre la Sicile et l'Afrique, et qui, lorsqu'ils s'écartaient des côtes pour voguer en pleine mer, leur assuraient le passage entre les deux bassins de la Méditerranée. Ils durent aussi occuper quelques points dans le Sud et l'Ouest de la Sardaiuue. peut-être dans les Baléares et dans l'île d'ibica, étapes de leurs navigations à travers le bassin occidental4.
« P'ile de Mélité (Malte), écrit. Diodore3, a été colonisée par