‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 334 sur 404 · IV, I/O · texte numérisé non relu

IV, I/O

du lac T ri 1 1 mis, si un descendant des Argonautes s'emparait d'un trépied de bronze, laissé par Jason dans ces parages. L'historien dit aussi1 qu'un oracle annonçait que l'île de Phla, située au milieu du lac, serait colonisée par les Lacédémoniens. Le lac Trilonis répond peut-être au fond de la petite Syrte 2 et Phla à l'île de Djerba : en tout cas. lac et île étaient de ce côté dans la pensée d'Hérodote, qui n'avait que des [-enseignements incertains.

11 y eut sans doute quelque rapport entre ces visées des Lacédémoniens sur la région des Syrtes et l'entreprise de Dorieus. fils du roi de Sparte Anaxandridas \ Ne voulant pas vivre auprès de son frère Cléomène, qui avait hérité de la dignité royale, Dorieus partit, peu d'années avant la fin du vi siècle, avec un certain nombre d'émigrants, parmi lesquels se trouvaient quelques Spartiates, et il alla fonder une colonie en Libye. Il l'ut guidé par des Théréens, c'est-à-dire par des unis de même origine que la plupart des colons de Cyrène : ces derniers durent être favorables au projet'. Dorieus s'établit entre les deux Syrtes, à l'embouchure de la rivière Ginyps (l'oued Oukirrré actuel5), à dix-huit kilomètres au Sud-Est de .l'endroit où les Phéniciens avaient jadis fondé Leptis. Le lieu était bien choisi, dans un pays où le sol offrait des ressources, quoique Hérodote en ait exagéré la fertilité.0. Il est probable qu'à cette époque la colonie de Leptis était déchue, ou même

:. Opinion de Meltzer (I, p. 127), de Millier (édit. de Ptolémée, a. à p. 625) el d'autres; combattue par Tissot, Géographie, I. p. 136 el 141.

3. Pour ce <|iii suit, voir Hérodote, V. U. Meltzer, I. p. is!-i: Busolt, - édit., Il, p. 756-7; E. Meyer, II. p. 806-7.

1. Philippe de Croti qui, ayant dû quitter sa patrie, s'étail retiré a Cyrène,

devinl nu des compagnons de Dorieus el prit pari à l'expédition de Sicile (Hérodote, V, 17). Peut-être avait-il participé auparavanl à l'expédition de Libye : Niese, Hermès, XLII, 1907, p. 125.

.'i. Méhier de Mathuisieulx, Nouvelles Archives des missions, Mil, 1004, p. 96. Cette rivière esl appelée aussi oued ri Khaâne, oue i el Mghar el Grlne : Vivien de Saint-Martin, le Nord de V Afrique dans l'antiquité, p. 52; Tissot, Géographie, I, p. 144,

i.. i\ . 198. Conf. plu- haut, p. (W-Tn.

avait disparu : la ville punique que signalent des documents postérieurs fut appelée par les Grecs Nsà-roXiç1, nom qui indique peut-être une nouvelle fondation sur un site anciennement occupé. On peut croire aussi que Carthage n'avait pas encore étendu sa domination de ce côté : autrement l'acte du prime lacédémonien aurait été trop audacieux et aurait provoqué des hostilités immédiates.

Ce fut seulement au bout de trois ans que les Carthaginois, unis à des indigènes de la côte, les Maces2, chassèrent Dorieus, qui retourna dans le Péloponnèse 3. Les ruines de sa colonie se voyaient encore au milieu du iv' siècle '.

Carthage afiirma ainsi sa volonté de se réserver les rivages méridionaux du golfe syrtique. Elle empêcha les Grecs de renouveler la tentative de Dorieus en fixant, au fond de la grande Syrte, une limite qu'ils ne devaient point dépasser. D'après ce que nous venons de dire, cette frontière n'existait pas à la lin du vt" siècle. Hérodote (vers 430) parait l'ignorer et il ne parle pas plus des Carthaginois que des Phéniciens dans les quelques pages qu'il consacre aux populations des côtes africaines, à l'Ouest de la Cyrénaïque '; il est vrai qu'il se propose de faire connaître les mœurs des indigènes et qu'il omet sans doute à dessein les colons d'origine étrangère ''. Mais la frontière était certainement constituée lors de la rédaction du Périple de Scylax, au milieu du iv" siècle. Après avoir énuméré un certain nombre de villes, — entre autres Néa-

1. Périple de Scylax, S 109 el lin (Geogr. gr. min., 1. p. S.'i <■! sii). Strabon, XVII. -\. 18. Ptolémée, IV. 3. 3. Denys l'1 Périégète, 205 (Geogr. gr.min.. 11. p. 113).

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