‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 369 sur 404 · Geogr., Mil. p. .'il · texte numérisé non relu

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EXPEDITIONS SUR LES COTES DE L'OCEAN. 50d

approcher des pitons supérieurs, craignant d'être saisis et torturés par les mauvais génies. » On a donc supposé ' que le volcan de Cameroun est le Char des dieux: à l'époque d'flannon, il aurait été en pleine activité.

Dès lors, le littoral embrasé et odoriférant, mentionné si brièvement dans le Périple, correspondrait à une très longue étendue de côtes, d'ailleurs liasses, monotones et dont il n'y avait presque rien à dire '. Quanta la Corne du Sud. elle devrait être cherchée entre le fond du golfe de (iuinée et le cap Lopez, à la baie de Corisco ou à l'estuaire du Gabon3, et le nom qu'elle portait n'aurait pas indiqué son orientation, puisque baie et estuaire regardent l'Ouest. Parmi les iles et bancs'de ces parages, rien ne rappelle aujourd'hui les deux îles d'Hannon \

Si l'on place le Char des dieux au mont Kakoulima, la Corne du Sud devra naturellement être reportée beaucoup plus à l'Ouest. De nombreux savants l'identifient avec le canal de Sherbro '. Les deux îles d'Hannon ne s'y retrouvent pas non plus. En outre, les distances parcourues journellement par les Carthaginois depuis le cap Vert auraient été bien courtes. Ils auraient mis en effet plus de quatorze jours" pour faire environ 1050 kilomètres7.

1. Opinion de l'explorateur II. Burton, reprise par Mer (p. 52) et Ming (p. 39-40). 1. ('.oui. Illing, p. 38.

3. Illing, p. 40-41. Mer (p. 53) croil que l'Ile de la Corne du Sud esl

Pernando-Po, qui est en face du pic de Ci roun e1 ne répond pas pai eonsé

quenl aux indications d'Hannon.

4. (luire l'Ile de Corisco, la baie du même nom contient l'Ile appelée la grande Elobey et beaucoup d'Ilots, de bancs et de brisants. Il y a aussi de nombreux bancs, formés de coraux e1 de sables, à l'entrée de l'estuaire du Gabon. Voir de Kerhallet, II, p. 402, 413, 121.

5. Millier, Gco<jr., n. à p. 13, et edil. de Ptolémée, n. à p. 734; Vivien p. 396; Meltzer, p. 24Ô; Trêve, p. 41-42; Kan; etc. C'était déjà l'opinion de d'Anville.

6. Deux jours pour doubler le cap et atteindre le golfe de la Gambie; <■ i m | pour parvenir à la Corne de l'Occident;? pour longer la région embrasée; quatre pour longer la régi lu char dos dieux; trois jusqu'à la Corne du Sud.

7. D'antres opinions sur l'emplace ni de la Corne du Sud sont indiquées par

Fischer, p. 59, n. I. Ce savant (p. (il 62) en fait un promontoire, qu'il identifie ai r<- le cap dos Palmes.

En somme, à partir de ce cap, le Périple ne donne pas d'indications suffisantes pour permettre d'identifier les lieux qu'il mentionne.

Nous lisons dans Amen ' : « Hannon l'Africain, étant parti de Cartilage et avant franchi les Colonnes d'Héraclès, navigua sur la mer extérieure, en ayant à gauche la terre de Libye, et, jusqu'au moment où [ou bien « tant que », le terme i?-.i ayant ces deux sens] il navigua vers le soleil levant, pendant trentecinq jours en tout. Mais lorsqu'il tourna vers le .Midi, il rencontra de nombreux obstacles: manque d'eau, chaleur tor ride, ruisseaux de flammes déboucbant dans la mer. »

Arrien, nous l'avons dit -, copie probablement Eratosthène. 11 nous donne trois renseignements qui manquent dans notre manuscrit du Périple : un chiffre de trente-cinq jours, résultant peut-être de l'addition d'une série de chiffres dont plusieurs auraient été omis par notre texte; deux directions, l'une vers l'Est, l'autre vers le Sud.

Le mot Ï7-z signifie-t-il tant que? Dans ce cas, on ne saurait attribuer à Hannon la responsabilité de l'erreur grossière que contiendrait la phrase d' Arrien. Il ne pouvait pas croire et écrire qu'à partir des Colonnes, il eût navigué vers l'Est pendant trente-cinq jours, après avoir mentionné trois orientations différentes, l'une vers l'Ouest3, les deux autres vers le Midi '. Des auteurs anciens ont donné à la côte occidentale d'Afrique une direction générale du Nord-Ouest au Sud-Est1:

1. Indica, XI. III. 11-12 (dans Geogr. ;;/•. min., I. p. 369) : "Awwv lï *• Aiêuç

... ÈÇénXiOCTEV ::'.> ;: lôv ItQVTOV, vi ipiorepîj rr,v Atëûï|V -;r,v ï/">''. xoel, in-.i n.'i'i TCpb; iv!ff-/0VTO ïjXiov à TÙ.irjc, kÙtû i-;vn-'i. tï; r.ii'J.-. ~'vj-.i xal Tpirjxov-.a r,[lî'paç. ''-1; /, i: [XEffY](JLêpÉiqM V:i'rA~i-.'j, etc.

i. s S cl II.

i Selon Mannerl (Géographie der Griechcn and Romer, I. p. 50), on aurait cru, comprenant mal une indication du Périple d'Hannon, que Cerné était située sur

le me méridien que Cartilage. Cette erreur a été imputée à Eratosthène (voir,

entre autres, Millier, carte l de son édition de Strabon; II. Berger, Die geogra-

ils se sont ligure le continent soit comme un triangle rectangle dont cette côte aurait été l'hypoténuse1, soit comme un trapèze dont les deux bases, septentrionale et méridionale, auraient été reliées à l'Est par une perpendiculaire, à l'Ouest par une ligne oblique2. Mais rien ne prouve qu'il faille chercher un écho de ces conceptions dans Arrien. La direction du Midi qu'il indique pour la suite du voyage d'IIannon suppose au contraire une forme de l'Afrique différente du triangle et du trapèze imaginés par des géographes, puisque ceux-ci faisaient prendre au littoral soit une direction .Nord, soit une direction Est, à partir de l'extrémité Sud de la ligne oblique qui représentait pour eux la côte occidentale.

En traduisant î7-z par jusqu'au moment ou, la phrase d' Arrien peut, comme M. Illing l'a montré3, s'interpréter d'une manière satisfaisante et ajouter des renseignements précieux à ceux que donne notre manuscrit, Hannon aurait navigué sur l'Océan pendant trente-cinq jours, jusqu'au moment où il prit la direction du soleil levant. Or la côte d'Afrique tourne vers l'Est au cap des l'aimes'' et garde cette orientation jusqu'au fond du golfe de Guinée, puis elle tourne vers le Sud. On compte i 800 kilomètres environ du détroit de Gibraltar au cap des Palmes : distance qui pouvait être franchie par Hannon en trente-cinq jours. Il aurait ensuite longé la côte de Guinée

phischen Fragmente des Eratosthenes, p. 209; Fischer, p. 126); mais cela n'est nullement prouvé : voii Gôbel, p. 19; Illing, p. -i".

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