Mer, p
i. Mer. p. 43-44; conf. Fischer, p. 55.
EXPEDITIONS sut LES COTES DE L OCEAN. 50b
comme ceux que les Carthaginois avaieni vus après avoir doublé le cap Vert. 11 est plus malaisé de donner une explication des ruisseaux de flammes, débouchant dans la mer, que le Périple signale en deçà et au delà du Char des dieux. On a l'ail diverses suppositions : torrents volcaniques ; phosphorescences de la mer aux approches des côtes; rivières dont les eaux auraient pris la couleur rouge des terres qu'elles traversaient, ou auraient reflété les feux allumés au-dessus d'elles; éclairs multipliés qui seraient sortis de nuages très bas et qui, vus du large, auraient ressemblé à des torrents de feu; incendies que les gens du pays auraient allumés, pour brûler les herbes desséchées et préparer des terrains de culture, et qui se seraient propagés avec une grande rapidité1. Ces hypothèses sont bien peu satisfaisantes; la dernière est encore la nu uns invraisemblable.
Qu'étaient les Gorilles de l'île de la Corne du Sud? On s'esl demandé - si le mot ropOAaç, qui se lit sur notre manuscrit, n'est pas une faute de copiste, pour ropyâoxç : Pomponins Mêla3 et Pline'' écrivent en effet Gorf/mlrs. Cependant il est possible que le traducteur grec ait bien écrit ropîXXx;, en se conformant au texte punique; un auteur postérieur aurait changé ce mot en rbpyàSaç, parce qu'il voyait des Gorgones dans les êtres mentionnés par Hannon '.
La plupart des savants modernes qui mit parlé' des Gorilles les ont regardées comme des guenons". Ce nom a été donné, d'après le Périple, à une espère de grands singes qui habile, entre autres régions africaines, celle du Gabon, où elle a été
1. Pour ces différentes hypothèses, voirMûlIer, Geogr., n. à p. 12; Mer, p. 4'.i-.'il ; Fischer, p. 53-57; Ruge, p. 186; Ming, p. 35 et il.
2. Osann, Zeilschrift fur die Aller tamswissanschaft, 1855, p. 548. Fischer, p. 63. S. III. il!) : « insuiae Gorgades « (le manuscrit du Vatican donne « dorcadee »). 1. VI, 200 : « Uorgades insuiae •• ; • duarum Gorgadum eûtes ».
3 tlling, p. il. n. 283.
ii. Voir, entre autres, Buffon, Oiseaux, />■ la 'Grue (Œuvres, VI. p. :.t'.i4, n. I, Lcdôux éditeur, lsi.ii.
signalée pour la première fois, en 1847 '. Mais les détails qu'on lit clans Hannon ne conviennent pointa des gorilles : ces animaux ne vivent pas en troupes nombreuses2 et ils sont trop vigoureux pour qu'on puisse les capturer vivants3. Selon d'autres, il s'agirait de chimpanzés '. Il est pourtant fort douteux que les Carthaginois aient pris des singes pour des hommes' : ils connaissaient bien les singes, qui abondaient dans l'Afrique du Nord6.
M. llling7 croit que les sauvages velus du Périple étaient des Pygmées, ou Négrilles8. Il en existe encore en arrière des rivages qu'Hannon dut atteindre, dans le Cameroun et dans la colonie française du Congo. Les hommes de petite taille qu'au dire d'Hérodote", le Perse Sataspès vit en Libye, après plusieurs mois de navigation sur l'Océan atlantique, appartenaient peut-être aussi à cette race. Les Pygmées ont le système pileux plus développé que les nègres10; en outre, chez certains groupes de ces nains, une sorte de duvet recouvre tout le corps: ce que constatait un contemporain de l'empereur Justi-
1. Parmi les savants qui, depuis, onl identifié les hommes sauvages d'Hannon avec des gorilles, je citerai 0. Keller, Thiere des klassischen Alterthums (Innsbruck, 1887), p. 15-16.
'2. Ils forment des bandes qui ne dépassent guère douze individus 11 en rst de même des chimpanzés.