Voir plu> haut, p. 107, n. .'i
.'i. Nui. iinim., VU, "i.
12i LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE.
Athénée1, citant Alexandre de Myndos, parle aussi du catoblepon. En Libye, écrit-il, les nomades disent que la gorgone est le catoblepon. qui vit dans le pays. Il ressemble à un mouton sauvai;1, ou, selon d'autres, à un veau. De son souffle, affîrmet-on, il tue tous ceux qu'il rencontre. Il porte une pesante crinière, qui descend du front sur les yeux. Il la secoue avec peine quand il fixe quelqu'un, et ce regard est mortel. Dans la guerre contre Jugurtha, des soldats de Marius, voyant la gorgone qui s'avançait tête baissée et se mouvait lentement, crurent que c'était un mouton sauvage. Ils se précipitèrent sur (die. voulant la tuer avec leurs épées. Effrayé, l'animal secoua la crinière qui lui couvrait les yeux et regarda les agresseurs; ceux-ci moururent aussitôt. D'autres subirent le même sort. Enfin, sur l'ordre de Marius, des cavaliers libyens tuèrent de loin le catoblepon, à coups de javelots, et l'apportèrent au général. Des peaux de ces bêtes sauvages auraient été envoyées par .Marins à Rome et placées dans le temple d'Hercule.
Pomponius Mêla2 et Pline3 signalent le même animal, qu'ils appellent catoblepas : ils disent qu'il vit chez les Ethiopiens occidentaux, près de la source que beaucoup croient être l'origine du Nil (c'est-à-dire au Sud du Maroc). 11 est de taille médiocre, a des membres inertes et se contente de porter avec peine sa tête, qui est très lourde; il la tient toujours inclinée vers le sol. Autrement, il serait un fléau pour le genre humain, car tous ceux qui voient ses yeux expirent aussitôt; c'est son seul moyen d'attaque : jamais il ne fonce, ni ne mord.
Il convient de rejeter dédaigneusement ces sottises, dont la responsabilité incombe peul être, en bonne partie, au roi Juba. Pourtant, à certains détails, Cuvier a cru reconnaître l'antilope
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