Tissot, I. p
s. L'ouarnne des irabes.
FAUNE BT FLORE DE L'AFRIQUE DU NOflD. 131
Berbérie, ainsi <]u';tu Sahara'. Cette identification convient aussi aux crocodiles terrestres-, longs de trois coudées e1 très semblables aux lézards, qu'Hérodote2 signale chez les Libyens nomades3. Pline fait mention des caméléons4.
L'Afrique du Nord, terre des fauves, était aussi la terre des serpents5, dont il estquestion dans un grand nombre de textes1'. Ces reptiles pullulaient dans certaines régions et y répandaienl la (erreur. Parmi ceux que les anciens énumèrent7 et sur lesquels ils donnent des indications plus ou moins vraisemblables, nous citerons : le céraste8, de la couleur du sable, avec deux cornes sur le front: c'est la vipère à cornes (lefan des
1. Pausanias (I, 33, tdique, auprès d'une source située au pied de l'Atlas,
des crocodiles n'ayant pas moins de deux <■ 1res (xpoxiSsiXoi c:-r,yi(,ft rpxv oùx
èido-dou;) : expression dont on peut s'étonner, puisque le crocodile du Nil atteint sept mètres. Peut-être s^agit-il de varans. L'animal appelé crxiyxo;, que Dioscoride Mater, medica, II, 66, édit. Wellmann) mentionne en Maurétanie, parait être le varan.
2. IV, 192 : xpoxôSîtXot 5«70V -i t^i-t,/::; ^spffxto:, tv)gc ffaupïicn ÊfjL^spÉaraTOi.
3. Cou!'. Brehm, les Reptiles, traduct. française, l, p. 257: Battandier el Trabut, / Ugcrie, p. 269.
I. VIII. 120. Voir aussi Tertullien, De pallio, 3. Lézards iur des mosaïques africaines : Gauckler, Invent . nO!640, 903; de Pachtere, n° 291.
.'i Vilruve, VIII, 3, 24 : •• Africa parens etnutrix ferarum besliarum, maxime serpentium. • Solin, WV11. 2S : « Africa serpentibus adeo fecunda est, ul mali huius merito illi potissimum palma detur. » Parmi les nom- de la Libye, Uexandrc Polyhistor indiquait celui d"Oç!o-jffo-x (la terre des serpents) : apud Etienne de Byzance, s. v. \:<,W{.
6. Outre ceux qui seront filés pins loin, voir : Sa 1 1 usl e. .'«</.. [.XXXIX, a (région de Gafsa); Diodore de Sicile, III. 30 (dans le désert) el XX, 12 (le long de la grande Syrte : Horace, Odes, III, 10, 18; Satires, II. S, 93; Manilius. IV. 662; Strabon, XXI 1. 3, i el 11; Pline, V. l-'i (au Sud de l'Atlas, d'après Suétonius Paulinus); V, 26 (dans des déserts, au S ml de la Tunisie); Silius Italicus, I. 211-2; Oppien, Cyneg , II, 234; Victor de Vite, II, 37 (dans la région du Hodna); Isidore de Seville. Etymol.. XIV, .'i. S el 12 lelnv les (e'iule- .'i en Maurélanié Tingitane).
7. A propos de la marelie de Caton le long de In grande Syrte, Lucain (IX, 700 el suiv.) donne les noms d'une quinzaine de serpents. Il a emprunté ces indications à un contemporain d'Auguste, .Emilius Macer, « j » i i lui-même s'étail servi de Nicandre, el peut-être aussi de Sostrate : Fritzsche Q l (Gotha, 1892), p. 10 el suiv. ; Wellmann, dans Real-1 d : V\ < iwa, I, le 567; Pichon, les Soun • de Lucain, p. 10-41. Un certain nombre de serpents africains sonl énumérés par Solin, XXVII, 28 el suiv. Voir encore Lucien, Dips id., 'y.
8. K--.-/7:/,:. cérastes, Diodore de Sicile, III. 50. I ucain, IX, 716. Silius Italicus, 1. 413. Lucien, l. c. Élien, Nat. muni.. I. .".7; XVI, 28. Nicandre (Theriaca, 261 i Pline (VIII, 83; conf. Solin, XXVII, 28) prétendenl que le- cérastes ont souvenl quatre eûmes.
Arabes), fréquente dans le Sud des steppes et dans le Sahara: — l'aspic1, dont le cou se gonfle quand il est irrité; c'est le naja, qui habite le Sud de la Berbérie; — ■ la dipsade2, animal d'assez petite taille, dont la piqûre, mortelle comme celle de l'aspic et du céraste, provoque une soif inextinguible. Les petits serpents, pourvus d'une seule corne, qu'Hérodote 3 indique chez les Libyens nomades, sont sans doute des vipères ammodytes ''. Des fables nombreuses couraient sur le basilic8, dont la longueur ne dépassait pas douze doigts (0 m. 22)°' et qui avait sur la tète une tache blanche, formant une suite de diadème. Il s'avançait en se tenant dressé sur le milieu du corps. On prétendait qu'il mettait en fuite les autres serpents par son sifflement, que son souffle seul détruisait les broussailles, brûlait les herbes, faisait éclater les pierres, que son venin se propageait le long du bâton ou de la lance qui le frappait: que, cependant, 1 odeur de la belette et le chant du coq le faisaient mourir, etc. Les Psylles, tribu du littoral de la grande Syrte, passaient pour être insensibles aux morsures des serpents, avec lesquels ils vivaient familièrement: ils guérissaient les blessés par des
I. '.Wiiiç. aspif. Hérodote, IV. 101. Aristole, Ilisl. anim., VIII, -'■» (28), 1. Varron. apud Priscien, Institut., X. 32 (Keil, Grammatici latini, 11. p. 524). llelvius Cinna, apud Aulu-Gelle, IX. \2. 11'. Lucain, IX. 610, 700 el suiv. Lucien, /. c. Élien, /. c, III, :î:i : VI. :ts. Solin, XXVII, 31. — Un aspic est représenté sur une mosaïque d'Oudna : Gauckler, /huent. Tunisie, n° 392.
-. Ail/i:. dipsas. Élien, (. c., VI, 51, citant Sostrate : serpent blanc, avec deux lignes noires sur la queue (conf. Suidas, 3. v. Aeiâç). Lucain, IX. 610, Tls. 737 et suiv. Silius Italicus, III. :'.l'-:i. Lucien, Dipsad., 1 el i>. Solin, XXVII. .1 (il indique la dipsas parmi les aspides).