‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 122 sur 307 · II. Basset, Essai, p · texte numérisé non relu

II. Basset, Essai, p

4. llalévy, Journ. asiat., 1874, I, p. 85-86. Movers (Die Phônizier, II. 2, p. 407) croit à la parenté des alphabets phénicien et libyque, mais l'alphabet libyque se rattacherait à un alphabet cananéen, qui serait plus ancien que le phénicien, et dont celui-fi sérail dérivé. Voir aussi Mommsen, Hist. romaine, trad. Alexandre,

III, p. 15, n. 1; Schulten, l. c, p. 15.

LANGUES ET ECRITURES. ^o:^,

forme et de même son que des lettres libyques. Mais les lettres qui diffèrent sont bien plus nombreuses. Ces alphabets se composent, non seulement de consonnes, mais de voyelles ; pourquoi les Africains, s'ils avaient adopté l'un d'entre eux, auraient-ils éliminé les voyelles?

Entre l'alphabet libyque et les vieux alphabets arabes l'identité de forme et de son est ég-alement limitée à quelques lettres. D'ailleurs, comment l'emprunt aurait-il pu se faire? Il n'y avait pas de contrées qui fussent plus étrangères l'une à l'autre. L'hj-pothèse d'immigrations arabes antérieures à notre ère ne s'appuie sur aucun argument sérieux et est fort invraisemblable'.

Reste l'alphabet phénicien. Ecartons d'abord un argument sans valeur. On a vu que les lettres de l'alphabet des Touareg sont appelées lifinagh^ au singulier ^«/??îeA'. Hanoteau^ a proposé de donner à ce mot le sens de « la (lettre) phénicienne » : ce serait une preuve encore tangible de l'origine phénicienne de l'alphabet libyque. Mais, tout ingénieuse qu'elle soit, l'étymologie doit être rejetée : si les Phéniciens étaient appelés <I>oiv.x£ç par les Grecs, ce terme ne paraît pas reproduire un nom qu'ils se seraient eux-mêmes donné et sous lequel les indigènes africains les auraient désignés d'après leur exemple \

On a de meilleurs arguments à invoquer. Le système d'écriture adopté par les Africains est exactement le même que celui des Phéniciens : alphabet d'un petit nombre de lettres, qui ne sont que des consonnes. (Cependant un emprunt pur et simple n'est pas admissible, si on veut le placer à une époque voisine de celle à laquelle appartiennent les plus anciennes inscriptions libyques actuellement connues. L'alphabet des inscriptions de Carthage offre un aspect bien différent de

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