‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 15 sur 307 · Voir t. IV, p · texte numérisé non relu

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7. Hérodote, IV, 191 et 194. Des Éthiopiens avaient la môme coutume; ilss'enduisaient de rouge ou de blanc : voir t. I, p. 299 et p. 301, n. 4.

cèrent ensuite, sans doute plus tôt pour les vivants que pour les morts. Après Hérodote, il n'en est fait mention dans aucun texte ancien et ils sont inusités chez les Berbères d'aujourd'hui'. On pourrait toutefois se demander si les teintures rituelles au henné, qui se pratiquent dans de nombreuses cérémonies, circoncision, mariage, etc.^, ne sont pas un souvenir et une atténuation de ces peintures corporelles' : un produit végétal aurait remplacé l'ocre.

La coutume de s'orner, la peau de dessins a persisté. Dès l'époque préhistorique, les matières colorantes dont on a recueilli des débris ont pu servir aussi bien à tracer des figures isolées qu'à étendre de larges enduits. Ce sont de ces figures qu'offre le corps de certains chefs libyens, représentés sur des monuments égyptiens, au second millénaire^ : quelques motifs géométriques rudimentaires^ et le symbole de la déesse Nît.

S'agit-il de simples peintures à fleur de peau? ou bien de tatouages indélébiles, la couleur ayant été introduite sous l'épiderme à l'aide d'une pointe? On ne saurait le dire. Dans la grande Canarie, les Guanches se décoraient de peintures, — et non de tatouages, — imprimées sur la peau avec des cachets en bois ou en terre cuite ; les couleurs employées étaient le

1. On a dit souvent que les Touareg se peignent en bleu le visage, les bras et les mains. Mais cette couleur est celle des vêtements et du voile qu'ils portent (dès l'antiquité, on portait au Sahara des vêtements bleus : Silius Italicus, XV, 676). Elle détt-int sur leur peau. Des ablutions la feraient disparaître, mais ces gens du désert ne se lavent jamais. — Le fard aux pommettes et aux lèvres, la poudre noire, dite koheul, autour des yeux, le henné aux ongles et aux cheveux sont des ingrédients de toilette, dont les femmes berbères n'ont pas le monopole.

2. Applications de henné aux mains, aux pieds, parfois aussi aux bras, aux jambes et au visage (voir, p. ex., Westerraarck, Les cérémonies du mariage au Maroc, trad. Arin, p. 85 et suiv., 121 et suiv.).

3. Remarquer pourtant que ces rites du henné se pratiquent, non seulement dans l'Afrique du Nord, mais aussi dans l'Orient musulman, d'où ils ont pu venir.

4. Capart, Les débuts de l'art en Egypte, p. 30-.SI et flg. 10. Bâtes, Easl. Lib., p. 137- 140; frontispice: pi. III; Ûg. 48, à la p. 137.

o. Bâtes, flg. 52, à la p. 140. Points, traits parallèles, croix, Iriangles, triangles remplis d'une série de traits parallèles ou de deux séries de traits qui se croisent,losanges pleins, points disposés en losange, chevrons.

liqueur, une sorte de vin sucré, qui ne se conservait que quelques jours'.

Nous n'avons aucune raison de supposer que les ancêtres, des Berbères aient pratiqué le rite de la circoncision^; les Phéniciens eux-mêmes, qui s'y soumettaient dans leur patrie, y avaient probablement renoncé en Afrique ^

Comme en Europe, l'usage des peintures corporelles était très ancien dans cette contrée : à l'origine, c'était vraisemblablement un rite, ayant des vertus prophylactiques et purificatrices. Des stations préhistoriques contiennent des molettes ou des galets, offrant des vestiges des matières colorantes qu'ils avaient broyées : ocre rouge et, plus rarement, ocre jaune \ On peut admettre que ces couleurs étaient appliquées, non seulement sur des objets mobiliers, mais aussi sur la peau. Nousverrons^ que, dans ces âges lointains et plus tard encore, jusqu'en des temps rapprochés de notre ère, des cadavres paraissent avoir été peints en rouge : la côte orientale de la Tunisie est une des régions où l'on a trouvé des indices de cette coutume ^ Des vivants s'y soumettaient aussi. Au v'^ siècle avant J.-C, des peuplades qui occupaient ce littoral, les Maxyes, les Gyzantes, et peut-être aussi les Zauèces, se peignaient le corps, avec du vermillon^ Barbouillages auxquels les Libyens renon-

1. Hérodote, IV, 177. Périple de Scylax, 110 (G. G. m., 1, p. 86 et 87). Théophraste, Hisl. planL, IV, 3. Polybe, XII, 2. Pline l'Ancien, XIII, 106. Strabon, XVII, :j, 11 (vin de inélilntos chez les Mas.esyles). Mêla (1, 41) dit d'une manière générale, en parlant des indigènes de l'intérieur : «Potus est lac sucusque bacarum. •

2. Dans un passage où il indique les peuples qui se font circoncire, Hérodote (H, lOi) ne mentionne pas les Libyens. Conf. 0. Bâtes, The Eastern Libyans, p. 140.

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