Appelées haoïich, inzâra, haouita
2. Espaces vides d'ordinaire, mais qui, parfois, entourent un arbre s&cré.
3. Elles sont souvent déposées dans une petite niche en forme de table, adossée ^a« fond de l'enclos. Certains ont voulu y reconnaître un dolmen en miniature : opinion sans doute erronée. On pourrait supposer aussi bien que c'est une sorte de survivance de l'autel sur lequel auraient été immolées les victimes. Mais je xarois que c'est tout simplement une niche : v. infra, p. 236.
4. Fréquemment les enceintes actuelles ont remplacé des enceintes antérieures, aujourd'hui rasées au niveau du sol : voir, p. ex., Jacquot, dans V Anthropologie, X, 1899, p. 51. Aux Canaries, des groupes d'enceintes circulaires ou elliptiques, formées de murs en pierres sèches, étaient des lieux saints : Yerneau, Rev. d'eUino'jr., Vlll, 1890, p. 265 et suiv., flg. 13. — Je mentionnerai ici un« enceiatc beaucoup plus vaste que ces humbles cercles de pierres, mais qui avait peut-être OTie destination analogue. D'i-poque indéterminée, elle est assurément très .aacienne. Elle fait le tour du massif du Bou Taleb, au Sud de Sélif (Gsell, Atlas archéol. de V Algérie, {" 26, Bou Taleb, n" 83) ; on l'appelle le Krett Faraoun. C'est un mur large de plus de deux mètres; il est formé de deux parements en pierres brutes, plantées verticalement, et d'un remplissage en cailloux et en pierraille. Tantôt il coupe les dernières pentes, tantôt il passe en plaine. Le tracé qu'il suit, la pauvreté de la région qu'il entoure, me font douter que ce soit un ouvrage •défensif. Je me demande s'il ne faut pas y voir l'enceinte d'une montagne sainte. Sur ce mur, consulter Jacquot, Congrès préhistor. de France, C. r. de la 6" session, Tours, 1910, p. 1086-1095, et Bec. de Constanline, XLV, 1911, p. 273-287.
5. Des auteurs grecs mentionnent des sanctuaires chea les Libyens, mais ne donnent aucun détail sur leurs dispositions; d'ailleurs, ces textes paraissent être dénués de valeur. Hérodote, IV, 179 : sanctuaire de Triton, où le dieu place un trépied que lui a donné Jason. Périple de Scylax, 110 (Geogr. Graeci min., I, p. 88) : sanctuaire d'Alhéna Tritonis. Nicolas de Damas, dans Fragm. hist. Graec, IIJ, p. 463, n" 141 : sanctuaire chez les Panèbes (qui auraient été des Libyens : asser- .'ioa douteuse; voir t. V, p. 73, n. 2).
Les dieux d'origine étrangère étaient plus exigeants. Des temples furent sans doute élevés dans des lieux où leur culte s'était implanté. A Thugga, à Thuburnica, à Bulla Regia, ont été retrouvés des édifices religieux qui datent de l'Empire romain, mais dont certaines dispositions paraissent témoigner d'influences puniques'. Il est à croire que celles-ci se sont exercées dès Tépoque des rois numides. Et même on construisit alors quelques riches sanctuaires, d'architecture grecque : ce qu'attestent des monnaies de Juba I"^ et des fragments découverts à Simitthu^
Les petits dieux des indigènes n'ont pas plus besoin de prêtres que d'images et d'édifices sacrés. L'homme qui vient leur offrir un sacrifice dont il espère tirer un profit personnel, immole lui-même sa victime; quand un groupe de fidèles s'assemble devant eux, c'est le chef du groupe, patriarche de la famille, magistrat du village, seigneur de la tribu, qui accomplit les rites au nom des siens. Ce chef remplit donc des fonctions sacerdotales, mais il n'est pas, à proprement parler, un prêtre. Un clergé n'est nécessaire que dans les religions empruntées à l'étranger : un prêtre apparaît sur un ex-voto punique de Cirta*; d'autres sont mentionnés sur des inscriptions néopuniques, plus récentes^ Les cultes phéniciens, compliqués et minutieux, exigent une science particulière, un état de sainteté, qu'il n'est pas donné à tous d'acquérir et de conserver.
Plus tard, certains dieux indigènes ont, eux aussi, des