Ibid., VIII
5. Hésianax (dans un récit suspect) et Juba (dans une légende) : Fragni. hist. Graec, III, p. 70-71, n" 11; p. 472, n° 23. V. supra, p. 153 et 156.
6. Il y avait un de ces lieux saints au coteau d'EI Hofra, à près d'un kilomètre au Sud de la ville; on y a exhumé plus de 150 stèles : voir Gsell, Allas archéol. de VAlgérie, f° 17 (Constantine), p. 18, col. 2, en bas. Deux autres sanctuaires, moins importants, existaient au Sud-Ouest de Cirta : ibid., p. 19-20.
•surmontant des restes de la victime'. Nous connaissons plus de deux cents de ces stèles de Cirta. Elles offrent les mêmes images sacrées que les stèles carthaginoises : le croissant retourné sur le disque*, la main ouverte, le caducée, le signe ■dit de Tanit, Mais, souvent, ce dernier symbole s'est mué en une figure divine à forme humaine : l'un des appendices •dressés qui le flanquent est devenu un bras, tenant un caducée (une fois, une palme) ^ Des taureaux, des béliers, une table d'offrandes*, des vases, des couteaux représentent sans •doute les victimes et le matériel du sacrifice. La signification d'autres images est bien plus incertaine : cheval, charrue (?), arbres, etc. Dans les inscriptions puniques qui accompagnent <i'ordinaire ces images, les formules adoptées sont identiques à celles qu'on employait à Carthage, ou elles en diffèrent peu\
Çà et là, en Numidie, ont été trouvées quelques stèles analogues, dépourvues d'inscription ou munies d'une inscription néopunique, qui pourraient remonter aux derniers temps de l'indépendance''. L'usage phénicien de dresser des stèles sur des restes de sacrifices ou sur des offrandes persista, d'ailleurs,
1. Des coastatations précises n'ont pas été faites. Cependant, au cimetière ■européen, plus de trente stèles étaient rassemblées dans un étroit espace, où l'on ■a trouvé aussi des débris de poteries, des cendres, des auges en pierre qui enfermaient des ossements calcinés et qu'accompagnaient des lampes, fioles, cruches. C'est probablement à tort qu'on a cru que tous ces restes avaient appartenu à des sépultures; d'ailleurs, il se peut que, plus tard, des morts aient été apportés là, car le terrain fut certainement remanié. — Pour les restes de sacrifices et les offrandes enterrés sous des stèles, voir t. IV, p. 415-6.
2. Rarement, et sans doute sur des stèles relativement récentes, le croissant •qui entoure le disque a, au contraire, les cornes dressées.
3. Conf. t. IV, p. 366, n. 2; p. 369, n. 10. 4.' Ibid., p. 415, n. 8.
5. Ibid., p. 417-8. Sur une stèle (Chabot, Pun., p. 38), on lit : « parce qu'il [ =:= Baal Hammon] a entendu sa voix, l'a béni, au jour heureu.x, au jour béni ». Pour cette indication, conf. t. IV, p. 404, n. 2. Sur une autre stèle (Chabot, l. c, p. 176) : « parce qu'il a entendu sa voix, la béni, l'a aidé, lui a fait du bien ».
6. A Dougga : Carton, Nouv. Arch. des Missions, VU (1896), p. 397 et suiv.; pi. IV. A Bulla Regia : le même, Bull, archéol. du Comité, 1892, p. 74; pi. XIV, /ig. 4. A Announa : Gsefl et Joly, Announa, p. 32-34.
à l'époque romaine, aussi bien sur le littoral qu'à l'intérieur du pays'.
Pour avoir la révélation des choses qu'ils ignorent, surtout de l'avenir, les Africains ont, depuis fort longtemps, recours à des procédés variés-. L'un d'eux est Vincubation, usitée aux époques et dans les contrées les plus diverses. « Les Nasamons^ écrit Hérodote % pratiquent la divination en allant aux tombeaux de leurs ancêtres: ils s'endorment par-dessus, après avoir prié, et se conforment à ce qu'ils voient en songe \ » De nos jours, des Berbères vont se coucher dans des grottes, où, pendant leur sommeil, ils reçoivent des génies les avis qu'ils souhaitent; d'autres, plus soucieux d'agir en bons musulmans, s'endorment dans le sanctuaire d'un marabout. Au Sahara, les femmes des Touareg, désireuses d'avoir des nouvelles de leurs maris absents, s'étendent, comme les Nasamons, sur des sépultures, où, soit le mort, soit un génie leur apparaît en songe et les renseigne ^
Nous lisons dans l'historien byzantin Procope " : « Chez les- Maures, il est interdit aux hommes de prophétiser, mais les femmes qui reçoivent l'inspiration après avoir accompli certains rites, prédisent l'avenir, ni plus ni moins que les anciens oracles. » La mère du roi Masinissa avait, disait-on, reçu ce don de prophétie ^ Et aussi, selon des légendes, la Kâhina, la
1. Voir les indications bibliographiques données t. IV, p. 415, n. 9 et 10. Toutain,. Les cultes païens dans VEmpire romain, 1" partie, III, p. 69-74.
2. Pour ceux qui sont en usage aujourd'hui, voir surtout Doutté, Magie et religion, p. 351 et suiv.