Près de Gafsa : Zeil. B. a. Comité, 1904, p
8. A Mécliera Sfa (Oranie) : Pallary, dans Matériaux, XXI, 1887, p. 456-8 cl Ilg 63-06.
USAGRS FUNÉRAIRES. dSO
que les archéologues ig-norent ou dont ils n'ont pas parlé. C'est surtout à l'intérieur de la Berbérie qu'on est frappé de leur abondance : dans les montagnes qui bordent au Nord la région des steppes algériennes, dans les steppes mêmes, dans l'Atlas saharien, dans le Sud tunisien, enfin dans le Sahara. Cependant il ne faut pas croire qu'elles manquent dans les pays voisins du littoral. Là aussi, des tumulus en pierres sèches se découvrent aisément quand on consent à les chercher'. Mais la végétation, les ruines d'autres monuments plus intéressants, les constructions modernes empêchent souvent l'attention de se porter sur eux. En outre, dans ces régions qui sont toujours restées bien peuplées, beaucoup de bazinas ont dû être détruites pour servir des matériaux. Quoiqu'on en ait compté un millier à Thuburnica, près de Ghardimaou -, il est rare, même dans le Tell, qu'elles soient réunies en grands cimetières ^ Dans les steppes et au Sahara, pays de nomades clairsemés, on les trouve par très petits groupes, — rarement plus d'une ou deux douzaines \ — et assez espacées les unes des autres ^
Ce sont, en Afrique, des monuments vraiment berbères, que les Berbères ont élevéspartout 011 ils ont vécu^Audelà du Sahara, iln'y a pas de bazinas dans les parties du Soudan où ils n'ont pas pénétré".
1. Voir, p. ex., pour la région de Constantine, Joleaud et Joly, R. Constantine, XLII, 1908, p. 34 et suiv., passim; XLIII, 1909, p. 112 et suiv.; Bosco, ibid., LI, 1917-8, p. 17o.
2. Carton, C. r. Acad. Inscr., 1909, p. 293. — Cimetière important près de Lalla Marnia (frontière algéro-marocaine) : Barbin, B. a. Comité, 1914, p. 280.
3. P. ex., dans le Nord-Est du Maroc, on rencontre des groupes de 20, .30 tumulus, tout au plus, souvent beaucoup moins, souvent une paire, ou un seul : Voinot, B. Oran, 1910, p. 517; 1913, p. 508-512.
4. Oq signale cependant sur loued Itel, au Sud-Ouest de Bi.>kra, des cimetières comprenant 50, 100, 150 tumulus : Blanchet, B. a. Comité, 1899, p. 137. Dans la région d'Ain Sefra, on renconire exceptionnellement des groupes d'une cinquantaine de tombes : Dessigay, B. a. Comité, 1908, p. G-'i.
5. Gautier, Sali, algér., p. 63, 79, et dans R. afric, LXII, 1921, p. 53. — Il convient de laisser de coté les fantaisies de Bourguigual {Monum. symbol., p. 10 et suiv.), qui reconnaissait, dans des groupes de tumulus, des ensembles dessinant la figure d'un homme, d'un scorpion, etc.
G. Ils en ont laissé aux îles Canaries, comme sur le continent. 7. Gautier, Sali, algér., p. 03.
GsELL. — Afrique du Nord. VI. 13
Les sépultures africaines auxquelles peut convenir le nom bas-breton de dolmen et qui ne semblent pas avoir reçu des indigènes une appellation particulière, sont les seules qui méritent vraiment d'être qualifiées de mégalithiques : on y a employé, surtout pour les tables recouvrant les cases, des pierres, très grandes, souvent colossales.
Pour se procurer ces matériaux, on choisissait de préférence^ des roches calcaires ou schisteuses, à bancs stratifiés. A la, surface, on creusait des entailles, disposées en ligne à peu de^ distance les unes des autres; on y enfonçait des coins en bois, que l'on mouillait et qui, en se gonflant, faisaient éclater la roche '. On obtenait ainsi des plaques de l'épaisseur de la strate et on les détachait au moyen de coins, engagés dans les fissures; au besoin, on les sectionnait et on les équarrissait à l'aide de masses. Avec des troncs d'arbre, servant de rouleaux, des leviers, des cordes -, des plans inclinés en terre, on pouvait transporter, dresser, poser ces pierres, destinées à constituer des parois verticales et des plafonds. Il fallait pour ces manœuvres du temps et des bras, mais, même à l'époque où l'on disposait d'outils en fer, elles exigeaient moins de travail que la taille régulière de blocs à angles droits ^
La case formant le dolmen est un coffre solide, qui doit être
1. Des ligacs d'entailles qui témoignent de ce procédé, usité depuis fort longtemps en Orient (Egypte, Crète, etc.), subsistent en quelques lieux de l'Afrique du Nord : Deiamare, ArchéoL, pi. 154, fi'g. 7; GscU, Monuin., I, p. 27; Carton, Découv., p. 329-33U; Hilaire et Renault, B. a. Comilé, 181)8, p. 322; Joleaud et Joly, li. Constanline, XLIU, 1909, p. 101 ; etc. A défaut d'instruments métalliques, on l)ouvait creuser ces entailles avec des ciseaux on pierre dure : conf. supra^ |). 174. Un autre procédé, employé en Inde, consiste à creuser des rigoles, à allumer des feux par-dessus, puis à jeter de l'eau froide, qui, par réaction, fend la roche. Nous ne savons pas s'il a été connu en Afrique.
2. Des cordes n'étaient pas indispensables : voir Déclieletle, ManiH, I, p. 388^