‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 295 sur 307 · Micipsa ot Mastanabal : v. supra, p · texte numérisé non relu

Micipsa ot Mastanabal : v. supra, p

2. Uieinpsal {supra, p. 90) et, plus tard, Juba II, qui fut, comme le dit Pline r.Vncien (V, 16), « plus célèbre encore par ses doctes travaux que par son règne ».

.3. Sailuste, Jug., LXXV, 1 : « ... Thalam, ubi ... (lliorum eius [il s'agit de Jugurlha] multus pueriliae cultus erat. »

côtes de la Xumidie étant de peu d'importance, la civilisation ne disposait, pour se répandre rapidement chez les indigènes, que d'un nombre insuffisant d'éducateurs. En dehors de l'ancien territoire punique et des régions voisines, elle ne conquit qu'une élite et elle ne la conquit même pas complètement. Sous leur enveloppe gréco-orientale ou grecque, les deux mausolées royaux qu'on appelle le Médracen et le Tombeau de la Chrétienne ne sont que des tumulus africains.

Quant à la masse du peuple, Masinissa put accroître en elle le nombre des agriculteurs. Mais, sauf dans l'Est du royaume, la langue et les mœurs puniques semblent s'être peu propagées à travers les campagnes. Sédentaires et nomades restèrent asservis à leurs vieilles coutumes : ceux qui vivaient à l'intérieur des terres plus encore que ceux qui habitaient les régions du littoral, les montagnards plus que les gens des plaines. Un abîme séparait la civilisation urbaine, d'origine étrangère, et la barbarie rurale: il était bien difficile que des hommes menant des vies si différentes fussent en bon accord.

Les Etats indigènes auraient-ils fini par s'organiser, par combler, au moins partiellement, cet abîme'? Cela est douteux : trop de forces hostiles s'opposaient à une œuvre dont l'accomplissement eût exigé beaucoup de méthode et de temps.

En tout cas, il n'a pas été donné aux Africains de se faireeux-mêmes leur destinée. L'étroitesse de leur vues, leur répugnance à se soumettre à une discipline commune les ont empèchés^ de jouer un grand rôle historique. Ils ont rarement étendu leur domination hors de leur pays. Excellents soldats, ils purent faire au viii^ siècle la conquête de l'Espagne, au x*" celle de l'Egypte, mais ce ne furent pas eux qui en profitèrent. De vrais^ souverains berbères, les Almoravides et les Almohades, ne restèrent maîtres que pendant peu d'années d'une partie de la péninsule ibérique. Même chez eux, les Africains n'ont été indépendants ni souvent, ni longtemps.

Il faut que des étrangers viennent imposer à ce peuple l'ordre et la paix*. Ils doivent être assez forts pour triompher des nombreux obstacles que dresseront contre eux la nature et les hommes. Résolus à assurer le succès définitif de leur entreprise, ils se résigneront à soumettre entièrement cette vaste contrée. Ils ne feront pas une distinction fallacieuse entre les pays « utiles », qui pourront les dédommager de leurs peines, et les pays « inutiles », dont ils affecteront de dédaigner la pauvreté : car c'est dans ces derniers que sont les matériaux d'incendies toujours prêts à s'allumer et à s'étendre au loin. Œuvre longue, ingrate, où ils auront à livrer des luttes pénibles et irritantes. Mais jamais les Berbères ne sauront se concerter pour ieur faire front tous ensemble et, presque toujours, la violence des jalousies et des haines fournira à ces étrangers des alliés.

La nation conquérante devra maintenir sa domination par une autorité très ferme et très énergique, par une puissante ■armature militaire et administrative. En introduisant des colons, elle apportera le levain du progrès. Elle invitera les indigènes au labeur en leur en assurant les fruits. Elle leur offrira et, sans apparences tyranniques, les amènera peu à peu à accepter une civilisation meilleure, une place dans un large cadre où ils ])ourront se développer, des débouchés aux produits de leur travail, des carrières ouvertes à leurs ambitions. Elle leur offrira aussi des arts qui embelliront leur vie, une langue riche et souple qui leur permettra de révéler leur vive sensibilité, la facile abondance avec laquelle ils s'expriment, leur zèle ardent pour les causes dont ils se font les champions. En eux, elle trouvera des réserves d'hommes, qui manquent souvent aux peuples trop vieux, de bons ouvriers dans la guerre et dans la paix.

1. Cette nécessité, des indij^ènes l'ont quelquefois reconnue spontanément. Au moyen âge, des princes de la Berbérie n'ont cru pouvoir se maintenir quen se rattachant ù un Empire étranger. Gonf. G. Marcais, Les Arabes en Berbérie du AV au XI V siècle, p. 20.

Mais voudra-t-elle et poiirra-t-elle briser à jamais les forces de barbarie qui s'obstineront à survivre, en arrière et auprès des régions où s'implantera la civilisation? Il ne suffira pas de les tenir en respect. Elles n'attendent que des occasions pour se jeter à l'assaut et, tôt ou tard, elles les trouveront. La conquête morale du pays tout entier s'imposera donc d'une manière aussi nécessaire que la conquête matérielle. Malheur aux maîtres de l'Afrique du Nord qui ne sauront pas le comprendre!

GsELL. — Afrique du Nord. VI. 19

INDEX ALPHABÉTIQUE

Abaddir, dieu phénicien : 148.

Africa, déesse : 159-160.

Agalharchide, a propos de morts repliés :

Alla (el), dolmens sous tumulus à — :

180, 196; modes d'ensevelissement :

Aliments : 3-10; dans des sépultures :

AUhiburos, inscriptions puniques à — :

111, 147, 164; construction dolmé-

nique : 230.

Amazones, prétendus tumulus d' — : 222. Ame, rapports de 1' — et du corps : 240. Amon, Ammon, dieu égyptien; 127, 142;

dieu de l'oasis de Syouah : 127, 142-3,

169; adoré en Berbérie : 143-4; identifié avec Baal Hammon : 144, 146.

Ses images : 147.

Amulettes : 13, 35, 124, 241.

Antée, son prétendu tumulus : 221.

Apollon libyen : 155-6.

Architectes : 86-87.

Architecture punique en Numidie : 86-

88 ; — grecque : 87, 88-89.

Arcs : 46-47.

Ares, nom donné à un dieu libyen (?) :

Argent, bijoux en — : 36; vaisselle d' — :

Armes d'escrime : 39-45; de jet : 45-50;

défensives : 50-54. — étrangères : 40,

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