Voir t. II, p
dans le mausolée du Khroub ' : c'est une épée assez courte, propre à frapper d'estoc et de taille, analogue au glaive droit, large, pointu, dont se servaient les Espagnols et que les Romains leur empruntèrent à la fin du troisième siècle ou au début du second^. Le glaive'du Khroub a pu être importé, soit de la péninsule ibérique, soit d'Italie. De même, celui que Jugurtha brandissait dans une bataille, avec lequel il venait de tuer quelques ennemis et se vantait d'avoir tué Marins' : évidemment, il n'est pas question ici d'une dague ou d'un ■coutelas. On sait que, dans sa jeunesse, le roi numide avait combattu en Espagne, auprès de troupes romaines : peut-être avait-il commencé alors à se servir du glaive ibérique.
Mais ce n'est que beaucoup plus tard, au vi^ siècle de notre ère, que nous constatons chez les indigènes un emploi assez •étendu de l'épée : des textes de Procope, de Corippus, mentionnant des ç'/f^S des enses'\ paraissent, en effet, se rapporter à de vraies épées, non aux poignards que l'on suspendait au bras •et auxquels ces termes n'eussent pas convenu. C'est avec une puissante épée, frappant de taille et d'estoc, que, — si nous en croyons Corippus, — le chef maure Antalas coupe en deux un ■ennemi, puis en transperce trois aulres^ Outre leur javelot et
1. Rec. de Constantine, XLIX, 1915, pi. 7 (à la p. 178), a° 1. Il était enfermé dans un fourreau que l'on croit être en cèdre. — Un glaive semblable est tenu par un guerrier sur une stèle à inscription libyque, trouvée à Tirekbine, dans la région de Constantine : Rec. de Constantine, XXXIX, 190"), pi. à la p. 204.