‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 85 sur 307 · Ricard, Pour comprendre l'art musulman, p · texte numérisé non relu

Ricard, Pour comprendre l'art musulman, p

central ^ Dans les tissus, l'ordonnance est souvent heureuse et satisfait l'œil par la netteté de la composition et l'adroite répartition des parties décorées et des vides. Des poteries témoignent des mêmes qualités d'agencement. Beaucoup •d'autres choquent par un manque de cohésion et une surcharge barbares : ce sont des documents ethnographiques plus que des objets d'art.

Le coloris est d'ordinaire très sobre, fréquemment même réduit à une seule couleur, se détachant sur un fond uniforme ^ : on évite ainsi les défauts d'une polychromie criarde, mais l'aspect d'ensemble est souvent monotone et triste; certaines «toITes berbères ont, pourtant, dans leur simplicité vigoureuse, une tenue sévère qui ne manque pas de beauté.

Le principal mérite de cet art est d'être profondément populaire. Il est, non pas un luxe que des habiles font métier de procurer à des riches, mais une parure qui semble nécessaire aux choses les plus usuelles, l'œuvre et la joie de gens très humbles ^

Les Libyens aimaient le chant, la danse, la musique. Les femmes poussaient dans les fêtes religieuses*, et sans doute dans d'autres circonstances % des cris modulés, qu'avait entendus Hérodote : ce sont les you-you, aigus et prolongés, que leurs descendantes poussent encore aujourd'hui. Des réjouissances, que l'on célébrait volontiers la nuit% comportaient des danses «t des chants'. Des groupes moins nombreux tuaient le temps

1. Sauf pour des intérieurs de plats, où le décor par rayonnement s'olTrait de lui-même.

2. Il n'ea était cependant pas toujours ainsi. V. supra, p. 29, n. 3, pour des tuniques multicolores, portées par des indigènes; p. 52, n. 7, pour des boucliers.

3. Terrasse el Hainaut, Arts décoratifs au Maroc (Paris, 1925), p. 4.

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