‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 94 sur 307 · Conf. t. I, p. 212, n · texte numérisé non relu

Conf. t. I, p. 212, n

6. Ibid., p. 213, n. 1. Remarquer cependant qu'on a fait aux fondeurs en fer qui ont travaillé au mausolée de Dougga l'honneur de les mentionner sur la dédicace de ce monument. L'un d'eux porte un nom punique, comme le fondeur d'une inscription de Cirta. Cela ne convient guère à des parias. Peut-être y avait-il

peu de rapports avec les autres hommes et se transmettant sa

technique de génération en génération. Pour la céramique,

nous avons dit qu'il y avait des ateliers où l'on fabriquait des

poteries de type punique, évidemment avec des procédés

puniques. Or ces procédés étaient plus compliqués que ceux

dont se servent encore des potiers indigènes, vivant surtout

dans le Sud du Maroc et laissés, comme les forgerons, en

dehors de la société, qui les méprise'. On peut donc se

demander s'il ne s'agit pas là d'une industrie très ancienne, qui

aurait persisté à travers les siècles, à côté de la céramique

barbare des femmes, à côté de la céramique urbaine, d'une

technique plus savante. Mais ce sont là, assurément, des h\'po-

thèses très fragiles.

Les artisans des villes devaient vendre eux-mêmes leurs

produits, comme cela se fait encore dans les souks de Tunis et

de Fès : les ateliers étaient en même temps des boutiques.

D'autres boutiques, occupées par des marchands, offraient des

objets importés. Ainsi, les citadins et les gens qui venaient du

dehors pouvaient, en toute saison, faire leurs achats. Mais le

commerce était surtout actif lors des foires tenues dans

certaines villes, qui, par leur situation géographique ou leur

importance, se prêtaient à ces vastes rendez-vous : telles, par

exemple, Vaga, Sicca et Cirta, Cirta oii l'on venait du .Sud du

Maroc-. Ces foires avaient lieu à date fixe, probablement en

été, saison oii l'on n'a pas à craindre que la pluie ne rende les

pistes impraticables, où les agriculteurs disposent des céréales

qu'ils viennent de moissonner, où les nomades se trouvent

dans le Tell avec leurs animaux domestiques et ont à faire

leurs provisions de grains '. C'est là que se traitent les grosses

forgerons et forgerons : cenz qui, établis dans des villes, traTaillaient d'après les rnéthodes puniques et étaient considérés; cens qai pareoaraient les campagnes et vivaient à part.

i. Laoust, Mots et choses berbères, p. 65-69. Basset, /. c, p. 350-1.

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