L' mper^ur Caracalla
4. C'est peut-être lui l'auteur des Actes de saint Thiomas, écrits de ce temps, ou au moins des hymnes, de saveur un peu gnostique, qui s'y trouvent insérées.
l'orient chrétien jusqu'à dèce 455
tionnaire, d'Antonin (Caracalla) le somma de renoncer au christianisme et qu'il s'y refusa. Ceci pourrait se rattacher aux mouvements politiques qui se produisirent dans la principauté d'Edesse quand Caracalla détrôna le roi Manou et incorpora le pays à la province romaine. Les relations de Bardesane avec le souverain déchu ne pouvaient, sous le nouveau régime, que lui créer des difficultés. Cela ne l'empêcha pas d'écrire contre la persécution et ses partisans. On le considérait presque comme un confesseur.
Cependant sa gloire ne demeura pas sans mélange. Rapprochés désormais des églises de l'empire, où l'orthodoxie se précisait peu à peu, les Edesséniens s'effrayèrent de certains écarts du poète national. Ses disciples, sans doute, comme il est d'usage, le dépassèrent et le compromirent. Il y eut des Bardesanites et les Bardesanites furent des hérétiques. Ils traitaient les orthodoxes de Paloutiens, ce qui semble un souvenir d'une scission arrivée au temps de l'évêque Palout. L'auteur de V Adamantius, au IV^ siècle, leur attribue un docétisme bien tranché ; ils niaient que le diable eût été créé par Dieu et que la chair pût ressusciter. Saint Ephrem représente les Bardesanites comme des hérétiques très discrets, habiles à dissimuler leurs erreurs sous un langage orthodoxe.
Dans les autres pays syriens, les villes étaient grecques, officiellement au moins, car dans les couches inférieures de la population on y parlait, comme dans les campagnes, les divers dialectes de la langue aramé-
enne. Les églises de ces provinces sont essentiellement des églises de langue grecque. Il n'en était pas de même à Edesse ; tout le monde y parlait syriaque ; c'était la langue de la liturgie et de la prédication. Cette circonstance, jointe à celle du voisinage, qualifiait la capitale de l'Osroène pour les œuvres de propagande dans les provinces occidentales de l'empire parthe, où le syriaque était aussi la langue courante. C'est en effet d'Edesse que se réclament les plus acceptables parmi les légendes relatives à l'évangélisation de ce pays. On ne peut guère douter non plus qu'Edesse ait été pour quelque chose dans l'introduction du christianisme en Arménie.