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Le Manichéisme

En cette fin du IIP siècle, toutes les vieilles puissances religieuses semblaient conjurées contre le succès, toujours croissant, du christianisme. Autour de Mithra, du Soleil et de Cybèle, tout ce que l'Asie romaine avait produit de cultes et de mystères se ralliait en faisceau ; Phellénisme étayait l'une par l'autre sa mythologie et

^ Porphyre laissa, après tout, un souvenir assez imposant, même chez les écrivains ecclésiastiques. Ceux-ci ne l'aimaient guère, et ils avaient leurs raisons pour cela. Saint Jérôme lui a décerné toutes les injures dont sa verve pouvait disposer, et ce n'est pas peu dire: impudent, fou, sycophante, calomniateur, chien enragé, etc. Saint Augustin en parle [De civ. Dei, XIX, 22, 23) en un tout autre style. L'Introduction [Isagoge] de Porphyre aux catégories d'Aristote était, au moyen-âge, un manuel classique.

sa philosopliie. Comme si ce n'était pas assez, une religion nouvelle arriva de Perse. Avant de mourir toutà-fait, la vieille Bab^done poussa encore, dans sa décrépitude, un rejeton et un rejeton puissant, le Manichéisme ^

Mâni -, l'initiateur de ce mouvement, naquit près de Ctésiplion, la résidence d'hiver des rois Parthes, en 215-6.

^ Sur les origines du manichéisme et sur ses doctrines la meilleure source est le Fihrist, ouvrage arabe d'Aboulfarage, terminé à Bagdad en 988 (éd. de Flûgel. Leipzig, 1871); on y trouve nombre d'emprunts aux livres manichéens du premier âge. D'autres écrivains arabes ou j)ersans, postérieurs à celuilà, ont été renseignés de la même façon. Aphraate (hom. 2) et saint Ephrem ont parlé du manichéisme : mais l'auteur syriaque le plus important est Théodore Bar-Choni (IX« siècle) qui, lui aussi, reproduit des textes manichéens originaux. Voir son livre, intitulé Eskolion, dans Pognon, Inscriptions mandaïtes, Paris, 1899. — Eusèbe {H. E., VIT, 31) ne dit qu'un mot du manichéisme. Les auteurs postérieurs, grecs et latins, dépendent presque toujours des Actes d'Archélaûs, dialogue fictif, composé vers 320 en syriaque, par quelque clerc d'Edesse, puis traduit en grec et du grec en latin. Les ouvrages antimanichéens de saint Augustin ont une valeur spéciale; l'auteur avait appartenu pendant neuf ans à la secte manichéenne, il est vrai dans la catégorie des auditeurs ou catéchumènes, à qui on ne confiait pas tous les secrets; cependant il est renseigné sur beaucoup de choses. Encore faut-il tenir compte de ce que le manichéisme africain, à la fin du IV« siècle, devait s'être assimilé bien des éléments chrétiens, étrangers à sa constitution première. Les meilleurs livres d'exposition sont ceux de Flûgel, Mani, seine Lehre und seine Schriften (1862) : Kessler, Unfersuchungen zur Genesis des monichaeische Heligionssy stems (1876), et son article Mani dans l'encj^clopédie de Hauck.

2 La forme grecque est Mâ'<r; ; en latin on dit aussi Manichaeus: c'est la forme employée par saint Augustin. La ressemblance de Mdtvr; avec aavct;, fou, a naturellement été exploitée par les controversistes.

Son père, Fâtak-Bâbak, était originaire d'Ecbatane en Médie (Hamadan); sa mère appartenait à la famille, alors régnante, des Arsacides. Fâtak (llaTix.'.o;) se convertit de bonne heure aux idées religieuses des Moghtasilas, secte baptiste du bas Euphrate, apparentée aux Mandaïtes actuels, et s'en alla vivre parmi eux, emmenant avec lui son fils. Celui-ci aurait eu, dès l'âge de douze ans, la révélation de sa doctrine, qu'il ne manifesta toutefois que bien plus tard. Ses premières prédications eurent lieu à la résidence royale, en 242, au milieu des fêtes du couronnement de Sapor I.

Mâni se présenta nettement comme un envoyé du vrai Dieu, chargé d'une mission auprès des hommes, comme Bouddha l'avait été dans l'Inde, Zoroastre en Perse et Jésus en Occident. Le succès fut médiocre. Le clergé- mazdéen ne voulut point entendre parler d'une réforme qui menaçait la religion zoroastrienne. Quant au roi Sapor, il témoigna de telles dispositions que Mâni fut obligé de s'exiler. Pendant bien des années il vécut en dehors de l'empire perse, dans les pays au nord et à l'est. Soit par lui, soit par ses disciples, sa religion se propagea rapidement dans le Khorassan, le Touran (Turkestan), la Chine et l'Lide: même à l'intérieur de la Perse elle trouva beaucoup d'adhérents.

Revenu à Ctésiphon, après trente ans d'exil, il conquit à sa doctrine Pérôz, frère de Sapor, qui lui ménagea une entrevue avec le souverain. Sapor lui promit de tolérer ses communautés et lui fit même espérer son adhésion. Mais, sous l'influence des prêtres du

feu, une réaction se produisit. Mâni fut emprisonné. Délivré à la mort de Sapor (272), il demeura en liberté pendant le règne fort court d'Hormizd. Le roi Bahrâm le fit arrêter de nouveau. Le prophète fut crucifié à Grundesapour, près de Suse, en 276-7. Son corps fut écorclié, et sa peau. remjDlie de paille, fut accrochée à l'une des portes de la ville, qui conserva longtemps le nom de porte Mâni. Les Manichéens furent dès lors en butte à de cruelles persécutions.

La fin tragique du fondateur n'arrêta pas les progrès de la nouvelle religion. C'est à partir de ce moment qu'on la voit se répandre vers l'ouest et envahir l'empire romain. Dans sa Chronique, Eusèbe rattache à la quatrième année de Probus (279-80) les débuts de Manès, ce qui doit s'entendre de la propagande manichéenne à l'occident de la Perse \

En terre romaine le manichéisme se chargea bientôt d'éléments nouveaux, propres à le rattacher au christianisme, très puissant en Syrie et dans les provinces voisines. Eusèbe sait déjà que les Manichéens présentaient leur prophète comme le Paraclet promis dans l'Evangile et qu'ils lui associaient un groupe de douze apôtres. Mais ce sont là des détails secondaires. Le manichéisme n'est nullement une hérésie chrétienne, une dérivation irrégulière de l'Evangile; c'est vraiment une religion nouvelle. Et ce n'est pas mie religion natio-

' Dans son Histoire ecclésiastique, YII, 31, il constate que le manichéisme, venu de Perse, était déjà fort répandu ; se rappeler qu'il écrivait dans les premières années du TV^ siècle.

nale: elle se dressa contre le culte officiel de l'état perse, le zoroastrisme ou mazdéisme, avant d'aller détourner de leurs croyances les bouddhistes de l'Inde et les chrétiens de l'empire romain. C'est une religion à prétentions universalistes. Voici ce qu'elle enseignait ^ :

Il y a deux choses essentielles et essentiellement opposées, la Lumière et les Ténèbres. On les conçoit comme deux royaumes. Dans le premier règiie le Dieu suprême, de qui rayonnent dix ou douze vertus, l'Amour, la Foi, la Sagesse, la Bonté, etc. Ce royaume a un ciel et une terre, lumineux l'un et l'autre. Au dessous est le domaine des Ténèbres, sans Dieu ni ciel, mais avec une terre. Là habite Satan avec ses démons, qui lui forment cortège, comme les éons lumineux au Dieu de lumière.

Les deux royaumes se touchent par un côté, et c'est par là qu'ils se font la guerre. Satan parvient un jour à envahir la terre lumineuse. Dieu alors engendre avec l'Esprit de sa droite (syzygie) un être nou.veau, l'Homme primitif, et le lance contre Satan. Celui-ci triomphe un moment. Dieu vient à la rescousse avec ses anges et répare l'échec de l'Homme primitif. Satan est chassé. Mais l'Homme primitif a été quelque temps entre ses mains; il lui a dérobé des parcelles lumineuses. De là un mélange des éléments lumineux et ténébreux, et ce mélange commence à se propager par la génération.

^ Je De donne ici que les traits principaux. La mythologie du manichéisme est aussi compliquée d'aventures que celle des Babyloniens primitifs, avec laquelle elle a des éléments communs.

L'Homme primitif arrête les progrès du mal, mais ce qui est fait est lait.

Avec les éléments complexes déjà formés, Dieu fait le monde actuel, mélangé de bien et de mal. Il comprend une série de ciels, gouvernés par des anges (ou éons) de lumière. Le soleil et la lune y sont les êtres les moins en ténèbres. Dans le premier habite l'Homme primitif, dans l'autre, sa syzygie, la Mère de Lumière. Si le monde est l'œuvre de Dieu, opérant, il est vrai, sur des éléments imparfaits, l'homme, lui, est une créature de Satan et de ses acolytes. Satan a mis en Adam, l'auteur de la race, tout ce qu'il a pu dérober d'éléments lumineux : Eve est composée de même, mais avec beaucoup moins de ces parcelles ; c'est la tentatrice, l'instrument de perdition. Caïn et Abel sont les fruits de son commerce avec Satan lui-même : Seth est le vrai fils du premier couple humain. Il est bientôt en butte à la haine de sa mère, dont toutefois les projets perfides sont déjoués. Eve, Caïn et Abel tombent au pouvoir de l'enfer : Adam et Seth, au contraire, sont transportés, après leur mort, dans le royaume lumineux.

Ainsi l'humanité est en proie à la lutte des deux éléments, inégalement combinés dans les deux sexes. La lumière captive ^ tend à se dégager. Les démons cherchent à la retenir, par les passions, l'erreur, les fausses religions, notamment celle de Moïse et des Prophètes, tandis que les esprits lumineux favorisent son

^ C'est elle que les Manichéens d'Occident appelaient Jésus X>atïbilis.

émancipation. De celle-ci la première condition est la connaissance du véritable état des choses C'est pour cela que sont venus les envoyés de Dieu, Noé, Abraham, Zoroastre, Bouddha. Jésus. Par Jésus cependant, il faut entendre ici un Jésus impassible (Jésus impatihilis), un éon céleste, qui, dès le premier moment vint au secours d'Adam et lui aida à lutter contre Eve et Satan, et non le Jésus historique, lequel n'est qu'un faux messie juif, inspiré par le diable. Des envoyés divins, Mâni est le dernier et le meilleur.

A mesure que les éléments lumineux se dégagent de l'humanité, ils se rendent par le zodiaque et la lune jusque dans le Soleil. De là après une dernière purification, ils atteignent le royaume lumineux lui-même. Les corps, et avec eux les âmes des non élus, demeurent dans le royaume des ténèbres. Le monde finira quand toute la lumière dégageable sera revenue à sa source.

D'une telle anthropologie, il ressort que l'on est bon ou mauvais par nature, suivant la proportion d'éléments lumineux ou ténébreux que l'on contient. La seule morale qui se déduise de là est un ascétisme rigoureux. Le but de la vie est d'empêcher la déperdition des éléments lumineux que l'on peut avoir en soi, d'en faciliter le dégagement, et de proqurer l'anéantissement ou l'exténuation des autres. La guerre est déclarée au monde sensible. Le disciple de Mâni est marqué de trois sceaux, ceux de la bouohe, de la main, du sein. Le premier interdit les paroles impures, l'alimentation animale et l'usage du vin. Quant aux végétaux il est permis de les manger,

Duchesse. Eist. anc. de VEgl. - T. I. 36

mais non de les tuer; aussi convient-il de faire cueillir par d'autres les fruits, les herbes, qui doivent servir au repas. Le sceau de la main interdit le contact des objets impurs, celui du sein les rapports sexuels, même dans le mariage. H y a beaucoup de jeûnes, en moyenne un jour sur quatre, le dimanche toujours. On doit prier quatre fois par jour, en se tournant vers le soleil, la lune ou l'étoile polaire.

Une telle ascèse est évidemment au dessus des forces communes; aussi n'est-elle pratiquée que par un petit nombre, par les Elus, qui sont, en somme, les seuls vrais manichéens. Le commun peuple, les auditeurs, peuvent vivre comme tout le monde. Les élus contribuent à leur salut; eux, ils se chargent de l'entretien des élus. Dans la société manichéenne les élus ont la place des moines, des confesseurs, des saints. Au dessus d'eux cependant il y a une hiérarchie : des prêtres, des évêques au nombre de soixante-douze, enfin douze docteurs. L'un de ceux-ci est leur chef et comme le pape du manichéisme. Il devait résider, et résida souvent en fait, à Babylone.

Le culte était très simple; il ne comportait guère que des prières et des chants. Il y avait une fête au mois de mars, la fête du Bêma, commémoration de la mort de Mâni. On dressait un trône, richement orné, élevé sur cinq marches qui symbolisaient les cinq degrés de la hiérarchie, auditeurs, élus, prêtres, évêques, docteurs. Personne ne s'y asseyait, mais chacun venait se prosterner devant.

Dans cet ensemble de doctrines et de pratiques il est entré sûrement des éléments bien divers, et leurs combinaisons ne sont pas toutes originales. Ce n'est pas pour rien que Mâni et son père avaient si longtemps vécu chez les Moghtasilas. Le livre sacré de leurs descendants \ des Mandaïtes actuels, permet de constater que, dans la doctrine de ces baptistes, une certaine fusion s'était opérée entre les vieilles légendes babyloniennes et les données bibliques. Un christianisme à formes étranges, rappelant celui des sectes ophitiques et surtout l'elkasaïsme ^, aura poussé au cours du IP siècle dans les détritus de la vieille civilisation chaldéenne. Les juifs étaient fort nombreux en ces contrées. Mâni, comme les Mandaïtes, enseigne le dualisme radical, essentiel, éternel ^. Dans ses personnages célestes, plus d'un trait rappelle les dieux et les héros babyloniens, Ea, Mardouk, Gilgamès, etc. La préoccupation de la lumière peut venir de la religion iranienne. La Bible a fourni beaucoup de noms. A la différence des sectes gnostiques, qui donnent toujours un rôle supérieur à Jésus, Mâni n'a nul souci de l'Evangile. C'est lui qui est le révélateur et le docteur.

^ Le Trésor (Ginza) ou Grand Livre (Sidrâ rahbâ) ou Livre d'Adam, éd. Peterinann, Berlin, 1867. Sur les Mandaïtes, v. surtout l'article de Kessler dans l'Encyclopédie de Hauck.

2 Mâni ne semble pas avoir bien connu le christianisme orthodoxe. Remarquer le rôle éminent qu'il donne au patriarche Seth. Ce trait lui est commun avec les gnostiques du type ophitique.

^ Dans la religion persane, Ahriman n'est, comme notre Satan, qu'une créature dégénérée. Ormuzd est le seul vrai Dieu,

Il laissa divers écrits, supprimés depuis par les autorités chrétiennes, mazdéennes et musulmanes. Le Fihrist en énumère sept principaux : les Secrets, les Géants^ les Préceptes aux auditeurs, le Schâpourakân, le Vivifiant, la Pragmateia, l'Evangile. Celui-ci était écrit en persan (pehlvi ), les autres en araméen. Quelques-uns sont cités par les controversistes chrétiens, surtout par l'auteur des Actes d'Archélaûs et par saint Augustin. Un des ouvrages d'Augustin est consacré à la réfutation de VEpistola Fundamentl, identique avec les « Préceptes aux auditeurs » . L' « Evangile » n'avait de commun que le titre avec les livres chrétiens de cette dénomination. Outre ces traités, un grand nombre de lettres, soit de Mâni lui-même, soit de ses premiers successeurs, avaient été recueillies ^

Kous n'avons pas à suivre ici les progrès de la nouvelle secte, ni vers l'Orient, où sa propagande se poursuivit, en dépit des persécutions, jusqu'au temps de l'invasion mongole, ni même vers l'Occident, où, se renouvelant à diverses reprises, proscrite par l'Etat comme par l'Eglise, elle continua pendant dix siècles à les troubler tous les deux. Ce qu'il importe de noter en ce moment^ c'est l'accueil prodigieux que rencontra, sur le sol de l'empire romain, cette religion importée de chez l'ennemi héréditaire. Trente ans après la mort de Mâni, Eusèbe est tout ému de son succès. Vers le même temps (296)

1 Fabriciiis, Bïbl. gr., t. VII^, p. 311, en a ressemblé les fragments connus.

l'empereur Dioclétien édictait ^ les peines les plus sévères contre les Manichéens: le feu pour les chefs: la mort pour les autres, sauf les Tionestiores, que l'on devait envoyer aux mines de Phaeno ou de Proconnèse ; la confiscation pour tous. Enfin les livres devaient être brûlés.

Ainsi persécutée, la secte manichéenne fut contrainte de dissimuler son existence et de prendre les allures d'une société secrète. Quand le christianisme fut devenu la religion dominante de l'empire, les Manichéens feignirent d'être chrétiens et chrétiens orthodoxes, adoptant le langage et les pratiques de la grande Eglise et les combinant tant bien que mal avec leurs observances.

Il semble que le manichéisme, en se propageant si rapidement vers l'Occident, aurait dû drainer tout ce qui restait des hérésies gnostiques du 11^ siècle. Apparenté par son dualisme et par sa morale, peut-être même par certains liens historiques, avec les vieilles gnoses syriennes, il était fait pour en recueillir la succession. Cependant l'absorption ne fut pas si complète qu'il ne restât encore, au déclin du lY^ siècle, surtout en Egypte, beaucoup de petits groupes où l'on persistait à se nourrir des doctrines ophitiques et à déchiffrer les grimoires affreux dont la Pistis Sopliia nous a conservé

' Cad. Gregor., lY, 4. La constitution est adressée à Julien, proconsul d'Afrique, et datée d'Alexandrie, où Dioclétien n'a séjourné qu'en 296 et 302. Cette dernière date est, je crois, moins probable que l'autre.

un spécimen. Ces gens-là, malgré tout, étaient chrétiens. Jésus demeurait pour eux le Maître et le Sauveur; on ne les décidait pas facilement à ne voir en lui qu'un émissaire du diable. Les Bardesanites et les Marcionites, plus sérieux et moins éloignés de l'orthodoxie, firent tête, eux aussi ; ils se maintinrent longtemps en Syrie et en Mésopotamie. Au IV* siècle il y avait encore beaucoup de Bardesanites à Edesse ; au siècle suivant l'évêque de Cyr, Théodoret, trouvait à convertir, dans son seul diocèse, jusqu'à dix mille marcionites. C'est à l'Eglise orthodoxe, beaucoup plus qu'à la religion de Mâni, que se rallièrent les derniers tenants du gnosticisme.

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