PRÉFACE
systèmes et pour celle de certaines légendes. Je crois même que, s'il fallait choisir, les légendes, où il y a au moins un peu de poésie et d'âme populaire, auraient encore ma préférence.
Donc la tâche que j'entreprends ici, tâche modeste, d'exposition et de vulgarisation, peut se justifier par les progrès de la recherche érudite. Cependant si j'ai pris la plume, c'est que j'y ai été exhorté et presque contraint par tant de personnes, que j'ai dii, pour en obtenir le repos, leur donner satisfaction ^
Ces personnes ne me défendront pas contre les critiques, car elles ne sont pas, pour la plupart, des personnes de plume. Mais les gens experts et sensés verront bien, par exemple, pourquoi je ne me suis pas encombré de discussions et de bibliographie, pourquoi je ne me suis pas trop attardé aux toutes premières origines, pourquoi, sans négliger les théologiens et leur activité, je ne me suis pas absorbé dans la contemplation de leurs querelles. Chaque chose a son temps, et sa place. On me pardonnei'a aussi une certaine tendance à limiter ma curiosité. J'admire beaucoup les personnes qui veulent tout savoir, et je rends hommage à l'ingéniosité avec laquelle elles savent prolonger, par des hj^pothèses séduisantes, les
• ' Je dois avouer que j'ai été inspiré aussi par le désir d'arrêter la circulation d'un vieux cahier de cours, lithographie depuis liicntôt trente ans, qui me semble avoir trop vécu pour ma gloire.