‹ Histoire ancienne de l'église (volume 4)Chapitre 42 sur 68 · La haute Asie-Mineure · texte numérisé non relu

La haute Asie-Mineure

En dehors de la province d'Asie, qui regarde la mer Egée, l'Asie-Mineure comprenait encore, au nord, la Bitliynie, puis les hautes terres du Pont, t^ui s'étendent le long de la mer Noire jusqu'au massif arménien : au sud, la Lvcie, la Pamphylie, la Cilicie haute et basse, tiui bordent la mer de Chypre d"un littoral sinueux, alterné de plaines et de montagnes; à l'intérieur enfin, autour du steppe central et de son grand lac salé, la Galatie et la Cappadoee, celle-ci dominée par le sommet isolé du mont Argée et par les chaînes du Taurus et de l'Anti-Taurus.

Au moment où conimence l'histoire chrétienne, la plupart de ces pays étaient à peine hellénisés ou même ue l'étaient pas du tout. Bien avant Alexandre, les gran-

■DcciiEsxE. Hht. (tue. (Je rË,jJ. - T. I.

des cités grecques avaient fondé quelques comptoirs sur les côtes, notamment sur celles du Pont-Euxin. Ces établissements se développèrent après la conquête macédonienne, et d'autres cités s'organisèrent peu à peu dans l'intérieur. De là l'hellénisme put rayonner à l'aise vers les principautés demeurées barbares, vers le Pont, la Cappadoce et le petit état celte fondé au III^ siècle entre la Plir^'gie et le Pont par quelques bandes d'aventuriers gaulois. Mais il fallut du temps pour que les mœurs, les religions, les institutions, les idiomes de ces peuples barbares ou autrement civilisés que les Grecs et les Eomains, se laissassent remplacer ou assimiler. Au temp.s de saint Jérôme on parlait encore celte aux environs d"Ancyre. tout comme dans les campagnes de Trêves: les dieux des vieux sanctuaires du Pont et de la Cappadoce avaient encore leur aspect exotique lorsque le ^ I

christianisme les supplanta. C'est seulement au qua

trième siècle que les Cappadociens arrivèrent à la hti

térature. I

Les Eomains, une fois maîtres du pays, en laissé!

rent d'abord une grande partie à des princes indigènes

ce n'est que peu à peu et assez lentement que tout'

l'Asie-Mineure fut soumise au régime provincial. A pai

tir de Trajan il y eut cinq provinces : au nord celle dj

Bithynie-Pont : au sud celles de Lycie-Pamphylie et dj

Cilicie : à l'intérieur celles de Galatie et de Cappadoct,

On était encore loin de cette assiette, quand saii

Paul, vers l'année 45, commença d'évangéliser les ju

veries et même les populations païennes de Cilici

l/OniEXT CHRÉTIEX JUSQU'À DÈCE 435

de Pampliylie, de Pisidie et de Lycaoïiie. Il est possible que, dans &es voyages ultérieurs, il ait fondé quelques communautés dans la Galatie proprement dite '. La première épître de saint Pierre suppose une prédication plus étendue : elle est adressée aux élus dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie. Un demi-siècle plus tard, les chrétiens étaient fort nombreux dans la province de Bithynie-Pont. qui s'étendait encore jusqu'au delà de THalys et comprenait l'importante échelle d'Amisos (Samsouni. C'est de cette ville que Pline, gouverneur de la province, adressa à l'empereur Trajan ce fameux rapport où il se plaint de ce que la propagande chrétienne ait envahi non seulement les villes, mais les bourgs et les localités de campagne, faisant le vide autour des temples et produisant la baisse sur les prix des victimes. Vers ce même temps Marcion, jeune encore, vivait à Sinope auprès de l'évêque son père. Sous Marc-Aurèle le faux prophète Alexandre fonda dans la ville d'Abonotique (Inéboli) le culte de Glycon, le dieu serpent, et son imposture, en dépit de Lucien et de ses pamphlets, atteignit bientôt un succès énorme. On voit, par ce qu'en dit le satiric|ue, que les chrétiens étaient très nombreux dans cette partie

' La Pisidie et la Lycaonie faisaient alors partie de la province de Galatie. Il n'est pas sûr que les Galates à qui fut adressée la célèbre épître aient été des Galates proprement dits, des habitants de l'ancien territoire celte. Rien n'empêche que cette dénomination ne désigne tout simplement les chrétientés de Lystres, Iconium, Antioche de Pisidie, etc., organisées par saint Paul au cours de sa première mission.

du Pont. Alexandre les redoutait fort et les joignait aux épicuriens dans ses malédictions contre les profanes.

Denys de Corinthe écrivit aux fidèles de Xicomédie, agités, comme tant d'autres, par la propagande marcionite. Il répondit aussi à une consultation que devix chrétiens d'Amastris, Baccliylide et Elpiste, lui avaient fait parvenir. Sa réponse était adressée « à l'église d' Amastris avec celles du Pont» ^ Il y traitait des sujets d'ordre pratique, du mariage, de la continence, de la réconciliation des pécheurs et des hérétiques. L'évêque d'Amastris est nommé dans la lettre: il s'appelait Palmas. Xous le retrouvons, vers 19U, dans l'affaire de la Pâque. Les évêques du Pont adressèrent à ce propos au pape Victor une lettre où Palmas d'Amastris était nommé le premier, comme le plus ancien ".

L'iiistoire d'Alexandre d'Abonotique est déjà propre à montrer combien il était aisé, en ces pays peu cuUivés,

1 Jr, l^y:>^r.o.7. Ty;-a::i«^ar'A;/.aoTftv5aaTaT;>.aTànivTS.. Eus.,

Page 1