PAUL DE SAMOSATE
choses, qui ne peut guère s'expliquer par une propagande ultérieure, suppose que l'union des pasteurs, certifiée par l'évêque d'Alexandrie, ne correspondait qu'imparf alternent à la consistance du troupeau, et que la liquidation des troubles soulevés par la persécution de Dèce donna lieu à bien des schismes locaux.
Le pape Etienne, à qui Denys d'Alexandrie écrivait, faillit lui-même, par ses rigueurs inconsidérées, introduire une division beaucoup plus grave. Les évêques de la haute Asie-Mineure n'observaient pas, dans la réconciliation des hérétiques, le même rituel que l'église romaine. Etienne qui n'hésita pas, pour cette dissidence, à séparer l'église d'Afrique de sa communion, se montra tout aussi intransigeant à l'égard des évêques de Cilieier de Galatie, de Cappadoce et des provinces voisines. Eirmilien ne se laissa pas intimider : il s'associa énergiquement à la résistance de Cyprien; la lettre qu'il écrivit à celui-ci était même aussi peu propre que possible à faire espérer un dénouement pacifique. Cependant ce conflit dangereux s'arrangea, et comme le précédent, par un simple changement de personnes. Xyste II, successeur d'Etienne, se départit de son attitude altière et les relations furent reprises.
Il était temps. D'affreuses calamités allaient s'abattre sur ces malheureux pays d'Orient. Valérien avait changé de sentiments à l'égard des chrétiens: les chefs des égli-, ses, quand la police avait réussi à les saisir, attendaient en prison des mesures plus rigoureuses encore. Mais la persécution n'était pas le pire fléau. L'empire lui-mêmer
l'empire persécuteur, chancelait sur ses bases. Les frontières s'ouvraient partout aux insultes des barbares; la piraterie de la Mer Noire jetait des bandes de Gotlis sur les côtes du Pont et leurs ravages s'étendaient jusque dans l'intérieur. A l'Orient, la guerre, sans cesse renaissante à propos de la possession de la Mésopotamie et du protectorat de l'Arménie, prenait un caractère bien plus menaçant que par le passé. La dynastie parthe venait d'être remplacée à Ctésiphon par une dynastie nouvelle, celle des Sassanides, originaire de la Perse proprement dite. Le mouvement qui la portait s'inspirait d'un enthousiasme nouveau pour la tradition nationale de l'Iran et pour ses institutions religieuses. Déjà, sous le premier souverain, Ardaschir (224-241), il avait fallu lutter pour conserver la Mésopotamie; à peine réussit-on à en garder les places fortes. Sapor Ier, successeur d'Ardaschir, se rendit maître de l'Arménie (253). Rien n'empêchait plus les cavaliers perses de se précipiter sur la Cappadoce et la Syrie. Il n'y manquèrent pas. L'empereur Valérien se transporta en Orient et les repoussa au delà de l'Euphrate; mais, comme il se portait au secours d'Edesse assiégée, il fut fait pri sonnier par les Perses et mourut bientôt en captivité. Son fils Gallien lui succéda à Rome; en Orient la disparition de l'empereur désorganisa la défense. Les Perses pouvaient tout sur la Syrie et l'Asie-Mineure. Antioche tomba entre leurs mains par surprise; elle fut pillée et brûlée ; ses habitants, en très grand nombre, furent emmenés captifs. On en forma une colonie au