XIV
2 / Thess., V, 12, 13: tsù; jcoriSvTas h uy.?v »si ffpsï«rTau,t\ott4 fy.£v h Kupici) /.ai vo-j.^cTjj-vTa; uaà; ; / Cor., XII, 28: pC?pvraît;, àv-ri>.r,y = t;.
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en usage. Dans l'intitulé de sa lettre aux Philippiens, écrite vers 63, saint Paul s'adresse « aux saints du Christ qui sont à Philippes, avec les évêques et les diacres » . Quelques années auparavant, en se rendant à Jérusalem, il avait convoqué les « prêtres » d'Ephèse et leur avait recommandé la jeune église, où le Saint-Esprit les avait constitués « évêques » *. Ici apparaît déjà l'indistinction des prêtres et des évêques et le gouvernement collégial de l'Eglise. Comme celle de Philippes, l'église d'Ephèse est dirigée par un groupe de personnages qui sont à la fois prêtres et évêques.
Cette situation, ou, si l'on veut, cette façon de parler, se maintint fort longtemps. Dans les épîtres de saint Pierre et de saint Jacques 2, l'église locale est dirigée par des « prêtres » ; dans les Pastorales, où le recrutement et les devoirs des chefs d'église tiennent tant de place, on les qualifie tantôt de prêtres, tantôt d'évêques. La lettre de saint Clément (vers 97), très importante ici puisqu'elle a été écrite à propos d'une querelle sur la hiérarchie ecclésiastique, nous représente l'église locale comme gouvernée par des évêques et des diacres. Il en est de même dans la Doctrine des Apôtres récemment publiée. C'est la terminologie de l'épître aux Philippiens. L'église de Philippes reçut, vers 115, une lettre de Polycarpe, évêque de Smyrne; il n'y est question
1 Act., XX. Le discours est évidemment de l'auteur des Actes, pour les détails d'expression ; mais on ne saurait contester que saint Paul ait recommandé sa chrétienté d'Ephèse aux prêtres ou évêques institués par lui.
2 / Petr., V, 1-5; Jacob., V, 14.
l'épiscopat 89
que de prêtres et de diacres l. Hermas 2 ne parle pas autrement pour l'église romaine de son temps ; on peut en dire autant de la IIa Clementis, écrit romain ou corinthien contemporain d'Hermas.
Avec ces derniers écrits nous atteignons à peu près le milieu du IIe siècle.
On a beaucoup discuté sur ces textes et sur leur désaccord apparent avec la tradition qui nous représente l'épiscopat unitaire comme remontant à l'origine même de l'Eglise et comme représentant la succession des apôtres dans l'ordre hiérarchique. Il me semble que la tradition est moins intéressée qu'on ne le prétend dans cette question, pourvu qu'on veuille bien la poser simplement, sans esprit de chicane ou de système. Que l'épiscopat représente la succession des apôtres, c'est une idée qui correspond exactement à l'ensemble des faits connus. Les premières chrétientés ont d'abord été dirigées par les apôtres de divers ordres, auxquels elles devaient leur fondation, ainsi que par d'autres membres du personnel évangélisateur. Comme ce personnel était, de sa nature, itinérant et ubiquiste, les fondateurs n'ont pas tardé à confier à quelques néophytes, plus particulièrement instruits et recommandables, les fonctions stables nécessaires à la vie quotidienne