H. Basset, Rev.de l'hist.des religions, 1921, II, p
2. Je ne crois pas que M. van Gennep [Vétat actuel du problème lolémique, p. 217, n. 5) ait raison d'admeUre un processus contraire.
3. Voir Bel, l. c.,p. 64 et suiv.; Laoust, Mots. p. 204 et suiv.; Marçais el Guîga, l. c, p. 205 et suiv.
L'élude détaillée de ces pratiques et d'une foule d'autres ne saurait trouver place ici. Elles sont du domaine de l'ethnographie, non de l'histoire, qui a besoin de repères chronologiques : or il est impossible de savoir quand elles ont été adoptées par les Berbères, quand elles ont subi des modifications qui en ont altéré le caractère primitif.
Qu'elles remontent, pour la plupart, à une très haute antiquité, c'est ce qui ne fait aucun doute. L'étroite parenté qui les unit à celles que nous rencontrons dans les pays les plus divers, atteste un fond commun extrêmement ancien*. Les moyens de contrainte qu'elles emploient vis-à-vis des forces de la nature, le rôle important qu'elles réservent aux femmes dans les opérations collectives, sont opposés à l'esprit de l'Islam. Quelques-unes d'entre elles se trouvent d'ailleurs mentionnées brièvement dans des textes grecs et latins : procédés et cérémonies pour obtenir la pluie', pour expulser le maP. La « nuit de l'erreur :», ce rite sexuel, était connue d'un contemporain d'Auguste'*. Une fête joyeuse, qui, à l'époque de Jugurtha, se célébrait, dit Salluste % par toute l'Afrique et qui avait lieu versla fin de l'hiver"^, pouvait être un carnaval.
Dans tout cet ensemble de rites qui ont survécu jusqu'à nos .
1. Certains de ces rites n'ont pas dû être imaginés en Berbérie. Si les feux de joie au solstice d'été ont bien pour objet de soutenir la force du soleil, et les baignades à la même date, d'obtenir la pluie, on ne peut guère les justifier dansune contrée où la chaleur est très forte à la fin de juin et pendant les deux moissuivants, où la pluie n'est nullement nécessaire au début de l'été pour les moissons, déjà mûres ou déjà même coupées.
2. Voir les textes de Dion Cassius et de saint Augustin indiqués t. I, p. 242,. n. 4 et 5.
3. Textes d'Arnobe, d'Hérodote, de saint Auguslin indiqués ibid., n. 7, 9, 10. Bâtes (fasi. Lib., p. 205) interprète autrement le combat mentionné par Hérodote. H y voit une cérémonie figurant une lutte entre la sécheresse et la pluie. — H y avait évidemment quelque pratique magique dans la manière dont les Nasamons concluaient leurs serments, au dire d'Hérodote (IV, 172) : « Ils se donnent mutuellement à boire dans la main; s'ils n'ont rien de liquide, ils prennent à terre de la poussière, qu'ils lèchent. »
4. Nicolas de Damas (d'après une source de date indéterminée). Voir t. V, p. 32-33.