‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 208 sur 307 · V. supra, p · texte numérisé non relu

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3. Elle devient plus profonde dans les sépultures, relativement récentes, où il n'y a qu'un seul mort, étendu. Voir Thomas, Rech., p. 22, 27-30.

4. (jui a pu disparaître quand il était presque à fleur de sol. Près de Constantine, des caisses en pierre, où Ton a enseveli des morts à une époque peu éloignée du début de notre ère et qu'entourent des cromlechs, sont aujourd'hui -dépourvues de couvercle. Mais il est à croire qu'elles en avaient eu un. Thomas,

l. c, p. 9, 10, 11, 13 et suiv.

5. Pallary, dans Matériaux pour lliist. priinil. et nat. de l'homme, XXI, 1887, p. 454 et lig. 02.

6. Trois caisses dans un cromlech d'Ain el Bey : Thomas, l. c, p. 11.

7. A El Alla, sur la côte orientale de la Tunisie, le caveau à puits, de type punique, est coml)iné parfois avec un cromlech, entourant l'orifice, cromlech simple ou accompagné d'un cercle intérieur concentrique : Anziani, Mél. Éc. Rome, XXXII, p. 2o8;conf. ici, V IV, p. 238.

8. Gsell, Moiium., I, p. 16. Dessigny, B. a. Comité, 1908, p. 80. Voinol, B. Oran,

USAGES FUNERAIRES. t83!

rudimentftire'. Quelques cromlechs offrent un ou deux cercles, concentriques au cercle extérieur et construits de la même manière ^

C'est surtout en Algérie qu'on a signalé de ces monuments \ Sont-ils complets dans l'état oîi on les retrouve? Dans ce cas, l'enceinte pourrait être regardée comme la limite du domaine appartenant au mort, barrière que les vivants doivent respecter, mais que le mort ne doit pas franchir non plus, pour aller troubler la paix des vivants \ Aujourd'hui encore, on entoure souvent d'un mur rond ou rectangulaire, plus ou moins haut, un espace à ciel ouvert, au milieu duquel se dresse la tombe % la chapelle funéraire d'un personnage vénéré; des enceintes plus modestes bordentdes fosses où l'on enterre des gens du commune Dans les cromlechs anciens, les cercles intérieurs auraient pu être, en quelque sorte, des barrières supplémentaires. Le lit de pierraille, ou le dallage, constituait une protection contre les animaux carnassiers.

Je serais, cependant, disposé à croire que beaucoup de cromlechs sont des carcasses de tumulus en terre. Le cercle extérieur, tout en formant peut-être une barrière rituelle, devait maintenir les bords du tertre, l'empêcher surtout d'être entraîné par les pluies. Des cercles intérieurs se rencontrent, en Tunisie, sur des aires recouvertes par des tumulus en terre ^ ; il est donc admissible que, dans les cromlechs, ils ne soient pas restés à

1. Thomas, /. c, p. 24. Viré, R. Constantine, XXXII, 1898, p. 21-22. Gsell, Allas archéol. de V Algérie, f« 24 (Boghar), n"' 160-5.

2. Viré, l. c. Jacquot, R. Constanline, XXXIV, 1900, p. 123. Dessigny, l. c. Voinot, l. c.

3. Carton [UAnlhropoL, XIV, 1903, p. 26) dit qu'il n'a pas rencontré en Tunisie de simples cromlechs, sans dolmen à l'intérieur.

4. C'est l'hypothèse qu'on a présentée pour des tranchées circulaires qui entourent des tombes de France.: Déchelette, Manuel d'archéol. préhistor., II,

5. Au Sahara, cette tombe est souvent un tumulus : Chudeau, dans La Géographie, XIII, 1906, p. 303.

6. Surtout dans le centre du département de Constantine et en Tunisie.

7. A El Alia et à Salakta : références indiquées p. 180, n. 1. Conf., pour l'Europe, Déchelette, Manuel, H, p. 666.

nu. Us peuvent s'expliquer par la raison rituelle que nous venons d'indiquer; ils pourraient aussi représenter d'anciennes bordures de tertres, qu'on aurait ensuite agrandis. Enfin, le dallage eût été une défense . utile, même sous un tumulus, quand celui-ci était un simple amas de terre. . Ajoutons qu'on a fouillé sans aucun résultat des cromlechs qui, par leur aspect et leur situation dans des cimetières, semblaient bien être des sépultures. Les ossements avaient pu tomber en poussière, ou fondre dans un terrain humide; pourtant, une autre hypothèse est possible : le mort aurait été déposé, non pas dans une fosse, mais à la surface du sol, et recouvert ensuite par le tertre; plus tard, toute trace de ce mort aurait disparu avec le tertre destiné à le protéger.

Est-ce à dire que tous les cromlechs soient d'anciens tumulus, dépouillés d-e leur dôme de terre? On peut admettre, croyonsnous, qu'avec le temps, des Africains jugèrent le tertre superflu. Par un épais lit de cailloux ou par un dallage solide, par une profondeur plus grande donnée à la fosse, par un fort couvercle au-dessus du réduit funéraire, on assurait suffisamment la défense des morts. La suppression du tertre pouvait, en outre, faciliter des ensevelissements successifs dans une même fosse. Ainsi serait né le type de l'enceinte à ciel ouvert, qui, nous l'avons dit, est encore usité chez les Berbères.

Les tumulus construits en pierre, — soit en morceaux de rocher, soit en gros cailloux, en galets, — ont naturellement mieux résisté au temps que les tertres. Ils avaient l'avantage de défendre mieux leurs hôtes, celui aussi de les enfermer dans une prison plus sûre. Il est probable qu'outre des monuments entièrement en pierre, on a fait des tumulus mi-partie pierre, mi-partie terre : la fuite de la terre pourrait sonvent expliquer la

forme très surbaissée que beaucoup de ces tombeaux présentent aujourd'hui.

Dans l'Algérie centrale et orientale, les indigènes leur donnent le nom de bazina^ mot berbère qui signifie butte ; dans le Sud et au Sahara, ils emploient le terme arabe redjern^ c'est-à-dire tas de pierres; ils se servent aussi du mot arabe /fer/iowr, qui a le même sens. Nous adopterons l'appellation bazina.

Pas plus que tous les cromlechs, tous les tumulus en pierre qu'on rencontre dans l'Afrique du Nord ne sont des monuments funéraires. Quelques-uns paraissent avoir été des bornes-limites, comme l'étaient ces « Autels » de Philène (ou des Philènes), qui marquaient, au fond de la grande Syrte, la frontière entre l'Empire de Carthage et la Cyrénaïque, et qu'on prétendait être des tertres surmontant des tombes'. Certaines bazinas sont des repères pour indiquer aux voyageurs la route à suivre dans des régions désertes. D'autres se sont formées lentement, en divers lieux où des superstitions obligent chaque passant à jeter sa pierre et à contribuer ainsi à grossir le tumulus-. D'autres pourraient être des cailloux qui encombraient des champs et •dont des agriculteurs se seraient débarrassés en les mettant en tas. Il est cependant rare qu'en fouillant une bazina, on ne •constate pas qu'elle était vraiment une sépulture.

Ces tumulus sont établis sur un plan ordinairement circulaire, assez souvent elliptique, parfois carré % exceptionnellement hexagonal \ Ils ont donc la forme d'un cône ou d'une pyramide, fréquemment d'un cône, d'une pyramide tronqués, le sommet

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