Gautier, Sah. algér., p
GsELL. — Afrique du Nord. VI. i ,3
Les sépultures africaines auxquelles peut convenir le nom bas-breton de dolmen et qui ne semblent pas avoir reçu des indigènes une appellation particulière, sont les seules qui méritent vraiment d'être qualifiées de mégalithiques : on y a employé, surtout pour les tables recouvrant les cases, des pierrestrès grandes, souvent colossales.
Pour se procurer ces matériaux, on choisissait de préférencedes roches calcaires ou schisteuses, à bancs stratifiés. A la surface, on creusait des entailles, disposées en ligne à peu d& distance les unes des autres; on y enfonçait des coins en bois, que l'on mouillait et qui, en se gonflant, faisaient éclater la roche'. On obtenait ainsi des plaques de l'épaisseur de la strate et on les détachait au moyen de coins, engagés dans les fissures;au besoin, on les sectionnait et on les équarrissait à l'aide de masses. Avec des troncs d'arbre, servant de rouleaux, des. leviers, des cordes-, des plans inclinés en terre, on pouvait transporter, dresser, poser ces pierres, destinées à constituer des parois verticales et des plafonds. Il fallait pour ces manœuvres du temps et des bras, mais, même à l'époque où l'on disposait d'outils en fer, elles exigeaient moins de travail que la taille régulière de blocs à angles droits ^
La case formant le dolmen est un coffre solide, qui doit être
1. Des lignes d'entailles qui témoignent de ce procédé, usité depuis fort longtemps en Orient (Egypte, Crète, etc.), subsislent en quelques lieux de l'Afrique du Nord : Delamare, ArchéoL, pi. 154, fig. 7; Gsell, Monuin., I, p. 27; Carton,. Découv., p. 329-330; Hilaire et Renault, B. a. Comité, 1898, p. 322; Joleaud et Joly,. H. ConstanLine, XLIU, 1909, p. 101 ; etc. A défaut d'instruments métalliques, on [)Ouvail creuser ces entailles avec des ciseaux en pierre dure : conf. supra, [). 174. Un autre procédé, employé en Inde, consiste à creuser des rigoles, à allumer des feux par-dessus, puis à jeter de l'eau froide, qui, par réaction, fend la roche. Nous ne savons pas s'il a été connu en Afrique.
2. Des cordes n'étaient pas indispensables : voir Déchelette, Manuel, I, p. 388^