Voir cependant infra, p
4. Denis, B. a. Comité, 1893, p. 143. Cette échancrure mesure 0™30-0™40 de large, 0"40-0'"55 de haut. Elle ne semble pas pouvoir être assimilée aux trous, arrondis ou quadrangulaires, qui ont été percés à travers une des parois de., la chambre funéraire, dans des sépultures mégalithiques de l'Europe occidentale, du Caucase, de la Syrie, de l'Iode, et qui, a-l-on supposé, devaient permettre aux âmes de communiquer avec le monde extérieur : voir MontHius, Der Orient und Europa, p. 137-137; Déchelette, Manuel, I, p. 420-2. On ne constate cette disposition ni dans les monuments de l'Afrique du Nord, ni dans ceux de la péninsule ibérique.
bouché avec de petites pierres. Ailleurs, c'était sans doute la dalle du quatrième côté que l'on déplaçait, car la table ne prenait pas appui sur elle. Ajoutons que, souvent, le côté mobile, mur ou d:ille, est tourné vers l'Est'.
Les constructeurs ont parfois profité de la configuration du terrain pour simplifier leur tâche. Ils ont disposé le monument sur une pente : ainsi, ils ont pu s'abstenir d'établir une paroi en haut, le rocher y suppléant, et fermer plus facilement les côtés latéraux, moins étendus que sur une surface plane. D'autres fois, pour former tout ou partie d'une paroi, ils ont utilisé un pan de rocher, à flanc vertical. Ou bien ils ont installé le dolmen dans une fissure, dans un renfoncement naturel, qu'ils ont transformé en case, en le complétant avec des matériaux rapportés et en le couvrant d'une table. Des rochers ont même été taillés pour constituer une ou deux parois, ou des parties de paroi.
Tous les dolmens sont ou étaient recouverts d'une table : là où elle manque aujourd'hui, elle a été détruite, ou bien enlevée par des gens en quête de matériaux à bâtir. Table placée horizontalement sur les dalles ou les murs qui la portent, ou plus ou moins inclinée, quand elle s'appuie, en arrière, non sur une paroi artificielle, mais sur le rocher'-. C'est, ordinairement, une dalle unique, qui, débordant la case, atteint de grandes dimensions : sur les côtés longs, deux, trois mètres et plus encore, jusqu'à cinq et six mètres \ Cependant, de nombreux dolmens sont coiffés de deux, trois dalles, juxtaposées, soit
1. Gsell, Monuin., I, p. 28. Carton, Découv., p. 397, et d&ns UAnthropoL, XIV, .1903, p. 25. Hainy, Bull, de géogr. hislor., 1904, p. 39. Cette orientation n'est pas une règle générale. Par ex., la paroi destinée à se rouvrir se trouve à l'Ouest dans des dolmens de Salakta : Merlin, B. a. Comité, 1912, p. cxci; voir aussi Carton, Découv., l. c. ; etc.
2. Quelquefois, l'inclinaison très forte de la table est accidentelle (ce qui a échappé à des archéologues); elle tient à la destruction d'une partie des parois sur lesquelles elle reposait jadis.
. 3. Mercier, B. a. Comité, 1887, p. 453. Carton, Découo., p. 360. Vel, /?. Constantine, XL, 1906, p. 178. Bosco et Solignac, ibid., XLV, 1911, p. 329.
que la carrière n'ait pas fourni de pierres assez larges pour qu'une table unique suffît, soit qu'on ait voulu s'épargner la difficulté de transporter et de mettre en place une dalle énorme. On a souvent équarri les tranches, afin de donner au couvercle une forme à peu près quadrangulaire. La face la plus régulière a été posée par-dessous, pour procurer une meilleure assiette.
Ainsi est bâtie la case. Le fond est rarement revêtu d'un dallage ^ Les ossements étaient déposés au niveau du pied des parois ou un peu plus haut, sur une couche de terre. On les recouvrait de terre tassée, fréquemment aussi d'un lit de cailloux ou de pierraille, exceptionnellement de quelques dalles.
Dans certains dolmens, la table seule dépasse le sol naturel -; les parois sont établies dans une fosse que l'on a creusée à travers la terre ou le roc\ Mais, en général, elles sont partiellement dégagées. Ou elles le sont presque entièrement, le pied s'enfonçant encore sous terre, ce qui assurait la solidité de l'édifice et offrait des facilités pour la construction : après avoir tiré à plat les dalles jusqu'aux bords d'une fosse peu profonde, ménagée à l'endroit où devait être la case, on pouvait aisément leur faire prendre une position verticale, en les culbutant ou en les manœuvrant avec une corde.
Les dolmens africains sont tous, ou presque tous, entourés d'une enceinte \ Elle enferme, soit une seule case, placée
1. Exemples de dallage : Hamy, l. c, p. 40, 42 (dans l'Eafida); Faidherhe, Bull. d'Hippone, IV, p. 23 (Rokala); Thomas, Recherches, p. 9 (près de Constaatine); de Monteil, dans L'Homme prchistor., 1903, p. 169 (Djelfa); Vélain, R. d'elhnogr., IV, 1883, p. 339 (frontière algéro-marocaine).
2. Sar lequel elle peut s'appuyer, en même temps que sur les parois.
3. Buchet, Bail, de géogr. histor., 1907, p. 390 (dolmens du Maroc). Gsell, B. a. Comité, 1900, p. 374 (région de Boghar). Le même, Monum., I, p. 16 (Djelfa). Il y a des dolmens enterrés à Ras el Ain Bou Merzoug, à Bou Nouara, à Duvivier, etc., dans le département de Constantinc. Quelques-uns en Tunisie : Carton, Découv., p. 339-360, et Icard, B. Sousse, 111, 1903, p. 233 (à Dougga); Hamy, l. c, p. 48 (Enfida); Bernard, B. Sousse, V, p. 149-131 (près de Kasserine).
4. Carton {L'AnthropoL, Vlll, 1897, p. 31, et XIV, 1903, p. 26) dit n'avoir jamais rencontré en Tunisie aucun dolmen en bon élat qui fût dépourvu d'une enceinte. J'ai fait la même constatation en Alo:érie.
ordinairement au milieu ', soit plusieurs cases ' : tantôt celles-ci, isolées les unes des autres, occupent des emplacements divers à l'intérieur de l'enclos; tantôt elles se touchent, formant des groupes de deux, trois sépultures, et même plus, avec des -parois mitoyennes et, fréquemment, une table commune ^
L'enceinte est large de 4-G mètres, quand il n'y a qu'une seule •case*^; elle l'est davantage, quand elle entoure plusieurs dolmens. C'est un cercle, plus rarement un carré ou un rectangle ^. Les modes de construction sont ceux que nous avons indiqués à propos des cromlechs et des tumulus : blocs dressés, parmi lesquels une ou plusieurs pierres, plus hautes, servent quelquefois de repères"; blocs à plat, taillés et agencés comme des voussoirs^; mur bas, dont les assises (en nombre variable si le terrain est incliné) s'élèvent d'aplomb, ou sont un peu en retrait les unes sur les autres ^ Celte enceinte n'est' pas toujours complète : pour des dolmens adossés à un pan de rocher, ou ■établis sur une forte pente, elle n'entoure que les côtés dégagés.
Examinons les rapports de l'enceinte et de la case.
1° Souvent, dans l'espace intermédiaire, le sol a été laissé tel qu'il était avant la construction de la sépulture. Ou bien on l'a revêtu, soit d'un lit de cailloux, qui forme une surface légè-
1. Il y a des exceptions : voir, p. ex., Bernard, B. de Sousse, V, p. 153.
2. Jusqu'à cinq dans une enceinte de Rokma; cinq ou six dans l'Enflda; quatre •dolmens, adossés deux à deux, à Chaouach.
3. Table unique sur deux dolmens accolés : Carton, VAnthropol., XIV, p. 26 {et fig. 10), p. 30 (Chaouach); le même, B. a. Comité, 1892, p. 81 (BuUa Regia); Levistre, Anthropos, II, 1907, p. 140 (Duvivier); Schmit, R. afric, IX, 1863, p. 227 (près de Roknia); Chabassière, /?. Constantine, XXIY, 1886-7, pi. Xll, en bas, à gauche (Sigus); Gseli, Monum., I, p. U (Béni Messous).
4. Quelquefois, pourtant, le diamètre atteint et dépasse même 10 mètres.
5. Exemples d'enceintes quadrangulaires : Gsell, Monum., I, p. 19, 23, 28, 32; Thomas, Recherches, ]i. 7, 10;Jullien, Assoc. franc., Alger, 1881, p. 1140, fig. 122 et 123; Goyt, R. Constantine, XXIV, 1886-7, pi. IX, flg. 4-6; Carlon, Découv., p. 339, 352-3; le même, dans UAnthropol.,'Xl\, p. 25.
6. Jullien, dans Matériaux, XIII, 1877, p. 45. Chabassière, R. Constantine, XXIV, 1880-7, p. 128. Gsell, Monum., I, p. 25.
7. Carton, Découv., p. 347, 300. Le même, Bull. Acad. Hippone, XXX, 1899-1900, p. 146.
8. A Sigus, une partie du cercle est parfois constituée par le roc même de la colline, qu'on a grossièrement taillé : Gseli, Monum., I, p. 28.
rement bombée, soit d'un grossier dallage. Il n'est pas rare qu'un ou plusieurs cercles de pierres dressées, concentriques à l'enceinte, forment des anneaux intérieurs. Nous avons déjà rencontré ces anneaux dans des tumulus en pierre, où ils sont cachés sous la masse du monument ', et dans des cromlechs, où ils apparaissent aujourd'hui à découvert-, comme dans les dolmens dont nous parlons ici, mais où, probablement, ils étaient jadis sous un tertre. Pour les dolmens à cercles concentriques, on en connaît, à El Alia et à Salakta, qui sont encore recouverts d'un tumulus en terrée En possession de cette preuve, nous pouvons admettre qu'un tertre a existé autrefois au-dessus de beaucoup d'autres dolmens, à cercles multiples, ou pourvus seulement d'une enceinte, laquelle aurait constitué la bordure du tertre. Hypothèse qui, pourtant, parait quelque peu ébranlée par la présence, assez fréquente, d'un dallage entre la case et l'enceinte. Ce dallage, même recouvert de terre, s'explique dans les cromlechs, où il protège une sépulture établie à un niveau inférieur. IMais dans les dolmens, où il entoure une tombe dressée au-dessus du sol, on ne voit guère à quoi il servait s'il était surmonté d'un tertre. A ciel ouvert, il pouvait empêcher les pluies de ruiner la case, en s'infiltrant dans l'enclos, empêcher aussi des animaux fouisseurs d'y pénétrer, en passant sous le pied des parois. 11 n'est donc pas interdit de supposer que des dolmens étaient tout à fait dégagés; l'enceinte qui les entoure aurait été, non pas la bordure d'un tumulus, mais une sorte de survivance d'un type de sépulture qui aurait comporté nécessairement l'association d'un tumulus au dolmen. En outre, cette enceinte pouvait être une barrière rituelle.
2° Dans des monuments qu'on peut appeler soit dolmens, soit tumulus, la case*, parois et table, est complètement enfoncée