Voir t. I, p. 137, 187, 189, 197; ici, p
6. Hamy, Bull, de géogr. hislor., 1904, p. 49. Voinot, B. Oran, 1910, p. 521, n. 1.
7. Féraud, R. Constantine, VII, 1863, p. 221, 222. Chabassière, ibid., XXIV, 1886-7, p. 132, 134. Pallary, l. c, p. 451.Derrien, B. Oran, 1895, p. 284.
8. V. supra, p. 4. Des dents de cheval ont pu être des amulettes ou des ornements.
9. A Ras el Ain Bou Merzoug et à Sigus : Féraud, L c, p. 222 et pi. 5, flg. 9; Chabassière, l. c, p. 123 et pi. XllI, flg. 26.
De quand datent ces milliers et milliers de sépultures en pierres sèches, qui, — leur nombre suffirait à le prouver, — doivent se répartir sur un long espace de temps?
Les indigènes les attribuent souvent aux Djohâla', gens ignorants de la seule religion véritable, l'Islam^; aux Béni Sfao^, peuple de païens disparu ; à des ogres*, qui y habiteraient encore ou y seraient ensevelis. Leurs explications prouvent, du moins, qu'ils savent ces tombes très vieilles et qu'ils ne les revendiquent pas comme des œuvres de leurs ancêtres. Ils savent les distinguer des monuments romains', dont la construction en pierres de taille, en blocage lié avec du mortier, en briques cuites, est si différente.
Nous trouvons dans les auteurs anciens quelques échos des légendes, nées dans le pays ou importées, que les tnmulus africains avaient fait éclore. C'est, près de Tanger, le tertre, en forme de petite colline oblongue, qui recouvre le corps, de soixante coudées, du géant Antée, roi mythique vaincu par Hercule^
1. Letounicux, Arch. f. AnthropoL. II, 1867, p. 319. Payen, /?. Confliniine, VU, 1863, p. 163. Féraud, ibid., p. 23U. De Boysson, ibid., XIII, 1869, p. 621. Goyt, ibid., XXIV, 1886-7, p. 81. Masqueray, R. afric, XXI, 1877, p. 104. Derrien, B. Oran, 1895, p. 283. Voinot, ibid., 1908, p. 360. Dessigny, B. a. Comilé, 1908,. p. 64. Joly, Assoc. franc., Lille, 1909, p. 885. Etc.
2. Conf. le nom de « tombeaux des Gentils », donné à certains dolmens de France : Déchelette, Manuel, I, p. 378.
3. Payen, l. c, p. 105. De Boysson, l. c. Faidhcrbe, B. Hippone, IV, 18G8, p. 48. Reboud, Assoc. franc., Alger, 1881, p. 1156. Blanchet, B. a. Comité, 1899, p. 140.
4. En arabe, ghoal (plur. ghilane; fém. ghoula, ghoulat). Féraud, L c, p. 229. Faidherbe, l. c, p. 20, note. Sergent, Bull, de la Soc. d'anthropol., 1870, p. 54. Tbomas, Matériaux, XVI, 1881, p. 363. Allas archéol. de la Tunisie, fs Maktar, n° 84.
5. Les dolmens de Ghaoïiach seraient, selon M. Gagnât (Arch. Missions, 3' série, XIV, p. 128), appelés Kebour er Roum, « tombeaux des Romains ». Ne faut-il pas entendre Qebour, ou plutôt Qeber (au singulier, pour désigner un de ces tombeaux) el Ghoal, « tombeau de l'ogre » ?
6. Plutarque, Sertorius,^ : à Tanger. Strabon, XVII, 3, 8 : upbç t-^ A-.-YT''' 0" a proposé de lire Ttyyc, des manuscrits donnant Aiyy'- M^is cette correction ne parait pas nécessaire. II s'agit probablement, non de Lixus (commeM'a cru Pline l'Ancien, V, 3), mais d'une ville bien plus rapprochée de Tanger : voir t. II, p. 170. Sur le tumulus d'Antée, voir encore Pomponius Mêla, III, 106.
GsELL. — Afrique du Nord. VI. 1<^
Ce sont trois tertres très hauts, que Myrina, reine des Amazones, a élevés dans la contrée de l'Atlas, et sous lesquels reposent les cendres de ses compagnes mortes dans un combat contre les Gorgones : « On les appelle encore aujourd'hui tertres des Amazones' ». Ce sont les « Autels » des Philènes, qui étaient sans doute de g-igantesques bornes, mais où l'on reconnaissait les sépultures de deux héros carthaginois^. Laissons ces fables et retournons à l'archéologie.
Le mobilier des tombes nous fournit d'utiles repères. Mais il ne faut pas se laisser tromper par des objets qu'ont pu introduire très tardivement des visiteurs ou des gens qui ont transformé en abris des cases violées : tels, sans doute, des tessons de poteries romaines % une monnaie arabe *, dans des dolmens tunisiens. D'autre part, il serait imprudent d'attribuer une valeur chronologique à des haches en pierre polie, trouvées dans plusieurs sépultures^. Ces outils de l'époque néolithique ont été recueillis beaucoup plus tard, soit pour servir d'instruments de travail, soit surtout parce
1. Diodore de Sicile, III, 55. Il copie Dionysios, dit Scytobrachion, auteur du ii« siècle avant J.-G.