‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 281 sur 307 · D'après Ballu (1 m. 12 d'après Bonnell, l. c, p · texte numérisé non relu

D'après Ballu (1 m. 12 d'après Bonnell, l. c, p

7. Bonnell, p. 177 : « Un récipient ou vase en argent, de 0 m. 27 de diamètre, tellement oxydé que, rempli d'ossements, il s'est brisé lors de la découverte. »

8. Pour le casque, v. supra, p. 53; pour la cotle de mailles, p. 54; pour l'épéc, p. 43-44; pour des fers de lances et de javelots, p. 40 et 48 (plusieurs étaient enfoncés entre les dalles du plafond : v. infra). Ajouler l'embouchure en argent d'une corne d'appel. S'il y avait un bouclier en cuir, on comprend qu'il ait pu disparaître entièrement.

9. Petite coupe en argent, restée entière. Anse semi-circulaire en argent. Débris de môme métal, qui paraissent avoir appartenu à des vases, entre autres des médaillons (fonds de plats ?), où sont représentés le dieu Poséidon, une

SÉPULTURES TÉMOIGNANT U'iNFLUENCES ÉTRANGÈRES. 2;39

dallée, avaient été dressées sept amphores'; l'une d'elles contenait des ossements calcinés : sans doute des restes de victimes-; les autres, vides, avaient pu recevoir des liquides.

Le caveau était fermé en haut, au niveau de la première assise du soubassement, par une rang-ée de dalles, dans les joints desquelles on avait enfoncé des fers de lances et do javelots^. Par-dessus ce plafond et pour le décharger, avait été construite une voûte appareillée, que recouvrit le novau du «oubassement. Entre la voûte et le dallage, deux amphores étaient noyées dans la terre tassée qui remplissait cet espace cintré; elles paraissent avoir contenu des cendres^.

Le mobilier fuoéraire, et surtout les amphores, dont une offrait une estampille rhodienne, encore en partie lisible^, permettent (\e dater approximativement ce beau mausolée. Il a dû être construit vers le milieu du ii" siècle avant notre ère. Élevé en vue de Cirta, il reçut vraisemblablement la dépouille d'un personnage important de ce lieu. On peut se souvenir que

1,ète de lionne, une tête de cerf; conf. supra, p. 82. Ces fragments ayant été recueillis pêle-mêle, sans qu'on ait repéré la place exacte qu'ils occupaient, il est impossible de reconstituer les objets.

1. Ballu : « Sept urnes, dont deux intactes; une en partie brisée; les autres ■en morceaux, sauf une brisée, contenant des ossements mal incinérés; les deux intactes ne contenaient que de l'eau, provenant des inditrations pluviales. » Bonnell, l. c, p. 168 : <• Au fond, trois urnes intactes et les débris de trois autres. » Le môme, p. 176 : « Sur le ccjté Est, deux urnes debout (vides), sur le côté Sud, une urne intacte couchée, et de cùté les débris de quatre autres. Les urnes intactes ne contenaient au fond que de l'eau, provenant des flltrations supérieures • dans le fond de l'une, se trouvaient des os calcinés trouvés épars avec les débris. «

2. La nature de ces ossements n'a pas été déterminée par un savant compétent. Thépenier, R. Constanline, XLIX, p. 191 : « des ossements humains calcinés -. Ils ont été mélangés avec le contenu du bassin d'argent.

3. Armes dépourvues évidemment de leur hampe en bois, qui n'aurait pu trouver place entre le dallage et la voûte établie au-dessus. Il y a là, sans doute, un rite analogue à l'enfoncement de clous dans une paroi (fixation •d'influences malfaisantes qui auraient pu atteindre le mort, ou peut-être, — eu égard à la direction des pointes vers le caveau, — émaner de lui).

4. Bonnell (l. c, p. 169) : ■< sous l'intrados de la voûte, deux urnes brisées, avec des traces de cendres ». Conf. le même, p. 175, et Ballu, L c.

5. Sur l'anse d'une des amphores brisées, trouvées lors des fouilles du caveau. Cette anse, abandonnée sur place par les fouilleurs, a été ramassée, bientôt -après, par un gendarme du Khroub, qui, en comprenant l'intérêt, l'a remise au «nusée de Conslanline.

Masinissa mourut en 148 dans Cirta, sa capitale : le bassin d'argent trouvé au fond de la Çoumâ contiendrait-il les cendres de cet illustre souverain?

Comme l'armement du mort, la pratique de l'incinération révèle de puissantes influences étrangères. De même, l'architecture du monument. Mais l'art punique, cet art gréco-oriental qui s'étale sur le mausolée de Dougga, n'est pas intervenu ici. La décoration est exclusivement grecque' : chapiteaux doriques, — on sait que les Carthaginois n'en ont guère fait usage ^, — frontons, — que Carthage a empruntés très tardivement à l'art grec^, — moulures des plinthes, des corniches, etc. La loggia bordée de colonnes est une ordonnance qui a peut-être été adoptée dans le célèbre Mausolée d'IIalicarnasse^, construit au milieu du iv" siècle; elle se retrouve dans d'autres édifices funéraires d'art grec : le mausolée de Mylasa, en Carie^ le tombeau des Jules à Saint-Rémy, en Provence*',

Mais l'architecte de la Çoumâ ne s'est pas astreint à suivre rigoureusement les règles classiques' : ses colonnes doriques ne sont pas cannelées et ce n'était pas, autant qu'il semble, un entablement dorique qu'elles portaient. Il faut ajouter que les chapiteaux sont d'un style qui paraît convenir au v" siècle, plutôt qu'au second. On serait en droit de s'étonner de cette, sorte d'anachronisme de la part d'un artiste grec. Il se peut donc que cet architecte ait été un Carthaginois, qui aurait, plus que l'auteur du mausolée de Dougga, subi des influences helléniques, mais qui, comme ses confrères africains, se serait obstiné à reproduire -de vieux modèles. Il est permis, cependant,

1. Un dessin de Ravoisié (I, pi. 64, fig. III) a pu faire croire (conf ici, t. IV, p. 203) que, parmi les moulures de ce monument, il y a une gorge égyptienne. Mais j'ai constaté sur place que ce dessin est inexact.

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