Conf. Choisy, Hist. de ^architecture, I, p
2. Serradifalco, Le antichità délia Sicilia, III, pi. XXVIII-XXXI. Vue dans E. Pais, Storia deiritalia antica, II, pi. 118.
3. Voir Gsell, Monuni., I, p. 63-69 (avec des indications bibliographiques) et pi. V-VI.
4. Gsell, l. c, p. 69-74 et pi. VII. A signaler depuis lors (1901) une étude sur les deux monuments, par Pamart, Rev. afric, LXI, 1920, p. 279-293; des plans et vues dans Frobenius, Der kleinafricanische Grabbau (dans Prdhistor. Zeitschr., VIII, 1910), pi. 3-5, 20, 21. Voir aussi dans Gsell, Promenades archéol. aux environs d'Alger (Paris, 1926), p. 143-160, une mise au point d'une étude antérieure. Pour les travaux exécutés au Tombeau depuis 1918 par le Service des Monuments historiques de l'Algérie, consulter les rapports annuels de M. Ballu, architecte en chef de ce Service (d'après M. Christo(le).
5. C'est vraisemblablement un de ces tumulus, plus grand que les autres, qu'on signale ainsi près de Meknès, au Maroc : « Vaste édifice circulaire, qui rappelle le Médracen et le Tombeau do la Chrétienne » (Châtelain, dans B. a. Comités 1924, p. CLi).
ses sans ordre'. Mais cette masse est recouverte d'une enveloppe en grandes et belles pierres de taille, fort bien appareillées, reliées par des scellements en plomb' : enveloppe offrant l'aspect régulier d'un cylindre, surmonté d'un cône à gradins •et paré d'un décor d'architecture gréco-orientale ou grecque. Ces deux tombeaux sont des monuments indigènes, revêtus d'un manteau d'origine étrangère.
Le ^lédracen est situé à peu de distance de Batna, au Nord- Ouest de l'Aurès, sur un dos de terrain qui permet de le voir d'assez loin. Il occupe le centre d'un cimetière, clos par une «nceinte; dans les tumulus, purement africains, qui l'entourent, vinrent sans doute reposer des gens que des liens de parenté ou de dépendance rattachaient à ses hôtes. Le Tombeau de la Chrétienne, s'élevant dans une solitude sauvage, forme une saillie très distincts sur une crête étroite, qui, à l'Ouest d'Alger, domine d'un côté la mer, de l'autre la grande plaine de la Mitidja.
Nul doute que ce ne soient des sépultures de monarques puissants. Pomponius Méla\ qui écrivait vers le milieu du i" siècle de notre ère, qualifie le Tombeau de monumenlum commune regiae gentis, « le monument commun de la famille royale ». Ce Tombeau est, nous le verrons, une copie du Médracen, lequel est voisin d'un lac appelé dans l'antiquité le lac Royal, lacus Regius'*. Le mot Médracen, — il vaudrait mieux
1. Dans le noyau du Tombeau de la Chrétienne, on a jeté quelques pierres régulièrement façonnées, entre autres des doucines dont on a rabattu la saillie. 11 n'est pas nécessaire de croire que ce soient là des débris d'un édifice antérieur, qui se serait élevé au même endroit ou dans le voisinage. Ce pouvaient être,
•comme le pense M. Christofle {apiid Ballu, Rapport de 1922, p. 10), des matériaux préparés pour la décoration extérieure, mais qui, par suite de modifications faites dans les projets, auraient été mis au rebut.
2. Au Médracen, dans la partie cylindrique, le mur en grandes pierres de taille est doublé, par derrière, d'un mur en petites pierres plates, régulièrement ■disposées.
, 4. Gsell, Allas arclœol. de VAlgérie, C 27 (Batna), au n° 159, et f" 17 (Constan-
4ine). au n° 126 (p. 20, col. 2, en bas).
■écrire Madgliasen, — en usage depuis fort longtemps*, est le pluriel de Madghès'-. Or Madghès, ou Madgliis, apparaît, dans •des généalogies légendaires, comme l'ancêtre d'une des deux grandes familles entre lesquelles on distribuait les Berbères, celle dont faisaient partie les populations de l'Aurès^. Madghasen signifie donc « les descendants de Madghès », les princes qui ont reçu de leur ancêtre mythique l'héritage du pouvoir souverain sur le pays. Tradition dénuée de valeur historique, mais où l'on peut voir un vague souvenir d'un fait exact : l'édification par un roi, pour lui et les siens, de ce mausolée colossal.
Le Médracen mesure près de 59 mètres de diamètre. Le cylindre, relativement bas (à peine 4 m. 50), est orné de soixante colonnes engagées, d'ordre dorique, à fût non cannelé, portant une architrave lisse et une corniche dont le profil est celui de la gorge égyptienne. Le cône offre 24 degrés, larges et élevés. La hauteur totale est d'un peu plus de 18 mètres. Au sommet, s'étend une spacieuse plate-forme, qui a pu servir de base à quelque motif d'architecture ou de sculpture, à moins qu'elle n'ait constitué une aire pour la célébration de certains actes religieux.
L'intérieur a été exploré au siècle dernier *. L'entrée se trouve à l'Est, vers le bas du cône. C'est une petite baie, que masquaient entièrement des pierres du troisième et du quatrième gradin. Elle était fermée par une dalle, qui glissait le
1. Au xi^ siècle, El Bekri (Drscr. de l'Afrique septentr., trad. de Slaae, édit. d'Alger, p. 107) désignait le monument sous le nom de Qabr Madghous.
2. De Slane, Joarn. asiat., 1845, II, p. 103. Garette, Recherches sur l'origine des tribus de l'Afrique septenlr., p, 29.
3. Ibn Khaldoun, Hist. des Berbères, trad. de Slane, I, p. 168, 181, 204, 226: m, p. 180-181. C'est aux Botr, descendants de Madghis, qu'on rattachait la Kàhina, la fameuse reine de l'Aurès à la fin du vu" siècle (Ibn Kfialdoun, I, p. 213). Conf. t. V, p. 79.
4. Par les soins de la Société archéologique de Constantine : voir/?. Constanline, XVI, 1873-4, p. 1-18, 303-350 (rapports de Cahen et de Brunon) et planches. On ne pénètre plus aujourd'hui dans le tombeau, lo couloir étant obstrué par des éboulemcnts.
long de deux rainures. Après avoir soulevé cette herse, oiii pénétrait dans une longue et étroite galerie, construite en pierres de taille près de l'entrée, en petites pierres sèches plus loin, et couverte de dalles. On y descendait d'abord par un escalier; puis, par une pente, on parvenait à une chambre dont le fond occupe le centre du monument. C'est une salle assez, exiguë, de 3 m. 30 de long sur 1 m. 50 de large, avec des parois en pierres de taille ' et un plafond en dalles. Sur les deux côtés longs, court une banquette, large de 0 m. 20 et haute de 0 m. 30. Le sol de la galerie, celui de la chambre et les banquettes portaient des traces d'un enduit rouge, couleur funéraire"".
Cette chambre représente la case centrale qui, dans les tombeaux indigènes, abrite un ou plusieurs morts; il n'y a pas lieu, croyons-nous, de chercher un caveau ailleurs. L'étroitesse des banquettes interdit de croire à la déposition de cadavres. Les corps, comme celui d'un mort enfermé dans un tumulus voisin ^, avaient été sans doute incinérés, et leurs restes versés dans des vases, soit en terre cuite, soit plutôt en métal. De ces urnes et du mobilier qui devait les accompagner, on n'a absolument rien trouvé : les archéologues avaient été précédés par des voleurs *.
Dans ses dispositions intérieures, le Médracen n'offre pas de grandes nouveautés. Sous des tumulus enfermant un dolmen, nous avons rencontré ce couloir, qui permet d'atteindre la chambre ^ C'était un aménagement nécessaire dans une tombe préparée sans doute à l'avance par le prince qui devait y être ' enseveli, destinée sans doute aussi à recevoir après lui de& membres de sa famille. La galerie et l'entrée sont tournées vers.