‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 279 sur 319 · Jag., XII · texte numérisé non relu

Jag., XII

9. Ce fut un évêché : voir Mesnage, L'Afrique chrétienne, p. 28.

10. C. I. L., VIII, 883; découverte à Sidi ÀliSedOni (A<«as Tunisie, f'Oudna.n" 42).

conclu que Thimida Regia était en ce lieu. Mais, comme nous sommes là dans la province romaine créée en 146 avant J. -G. , l'épithète Regia s'explique malaisément, si elle se rapporte au roi de Numidie '. Il faudrait donc admettre que cette Thimida Regia s'élevait, en réalité, loin de l'endroit oïl la dédicace a été découverte. Rien n'autorise, du reste, à l'identifier avec Thimida Bure, avec la « Thirmida » mentionnée par Salluste : il n'y avait sans doute pas de résidence royale dans celle-ci, puisque Hiempsal dut s'y contenter d'une maison particulière ^.

Au Sud-Ouest de la région de Dougga, Sicca (Le Kef) ' était la principale ville d'un pays de larges plaines. Située au croisement de plusieurs routes naturelles et à peu de distance de la Gétulie, elle occupait, auprès d'une source très abondante, une forte position sur les pentes raides et rocheuses du djebel Dyr, d'où Ion a des vues très étendues. Des textes la mentionnent au milieu du iii'siècle'^etau temps delaguerredeJugurtha^ Marius, alors lieutenant de Métellus, alla s'y approvisionner en blé. Sicca devait être un marché très fréquentée Les étrangers y visitaient le sanctuaire d'une déesse que les Latins identifiaient avec VenuSy lieu où des femmes se livraient à la prostitution^ : il n'est pas sûr que ce fût là une importation de mœurs phéniciennes ^

Des bourgs qui entouraient Sicca dépendaient d'elle à

1. M. Poinssot (C. r. Acad. Inscr., 1907, p. 470, ii. 2) conteste que Thimida Regia ait été là. Cependant on pourrait à la rigueur admettre que les rois numides avaient un domaine en ce lieu (ils possédaient des terres dans la province d'Afrique : voir t. VII, 1. I, ch. m, § II). On pourrait encore supposer cjue Regia était la traduction d'un terme punique et ne concernait pas un souverain indigène: le mol nii'lek chez les Phéniciens désignait des rois divins, comme des rois humains.

2. Thibaris et Uchi majus, villes situées à quehjues lieues au Nord-Ouest et à l'Ouest de Thugga, se qualifiaient, sous l'Empire romain, de manicipium Marianum, de colonia Mariuna. Leur existence remontait donc à l'époque de Marius. Peut-être le vainqueur de Jugurlha v avait-il établi des Gélules. Voir t. Vil, 1. 1, ch. i, § II).

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