Procope, Bell. Vand., II, 11, 14; 37; 47; II
9. C'est le titre que portent d'ordinaire les chefs des tribus africaines sur les inscriptions latines de l'époque impériale. Dans des textes qui se rapportent à une époque antérieure, le sens du mot princeps n'apparaît pas d'une manière aussi précise : Tite-Live, XXVIII, 35, 4; X.\IX, 29, 10; De viris illustr., 66; Paul Orose, Adv. pag., IV, 9, 9,
reguli^, reges'^; le terme berbère guellid, aguellid, est déjà attesté dans l'antiquité^ Ailleurs, sont mentionnés des nobles, des grands, ixpwTO!.*, eùyeveV, nobiles^, illustriores\ proceres^, primores^y qui exercent des commandements, combattent auprès des souverains, servent dans leur garde; il est permis de croire que cette sorte de noblesse était constituée par les familles qui détenaient l'autorité dans les tribus. Les rois numides et maures, puis Rome ne lui furent pas hostiles. Ils jugèrent sans doute qu'ils avaient intérêt à la maintenir, à l'étendre même, pourvu qu'ils l'eussent en main. Le gouvernement central souhaitait de véritables chefs, recevant facilement ses ordres, responsables vis-à-vis de lui, obéissants et obéis; il ne pouvait s'enfoncer dans une poussière de notables.
Ces principautés étaient d'origine et de nature guerrière : elles s'expliquent par le fait que la tribu est, comme nous l'avons dit, une ligue constituée pour la défense et l'attaque, ayant besoin d'être commandée, du moins en temps de crise. Pouvons-nous supposer que certains chefs ont eu un caractère religieux? On ne saurait alléguer que le cas d'Ierna, prince de la tribu des Laguatan au vi* siècle de notre ère : Corippus nous
1. Tite-Live, XXVII, 4, 8; XXIX, 4, 4. Aminien Marcellin, XXIX, 5, 2. Ce nom s'applique aussi à des fils de rois (Tite-Live, XLII, 24 et 65; XLIII, 3; XLV, 14), ou à de jeunes rois, voire même à des rois dont on indique ainsi le peu d'importance (Tite-Live, XXIX, 30, 6 et 10; XXX, 36, 8; Salluste, Jug., XI, 2, et XII, 1 ; Pline l'Ancien, VIII, 31, et XVIII, 22).
2. Ammien, XXIX, 5, 46. G. /. L., VIII, 2 615,20 216 (=8 379). Gagnât, Merlin et Châtelain, Inscr. lat. d'Afrique, 609 et 610. L'emploi de ce terme n'est pas fréquent dans la langue officielle.
3. Avec le sens général de chef, prince, roi : voir t. I, p. 310, n. 3. Ce mot a servi de prétexte à la fable qui donne Djalout (Goliath) pour roi à des ancêtres des Berbères : ibid., I, p. 355, u. 3. Hérodote (IV, 155) dit que pitTo; signifie roi (paT'.Xeùç) dans la langue des Libyens (de Gyrénaïque).