‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 1 sur 357 · CHAPITRE PREMIER L'AFRIQUE AUX POMPÉIENS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER L'AFRIQUE AUX POMPÉIENS

Au début de l'année 49', éclata la guerre civile entre Jules César et Pompée. Dans lesjours qui précédèrent l'ouverture des hostilités, le Sénat eut à s'occuper de l'Afrique.

Nul n'ignorait que le roi de Numidie Juba avait de bonnes

1. C'est-à-dire au début de l'année 70o de Rome, selon le calendrier officiel, qui était alors en avance. J'adopte les concordances indiquées dans les tables que contient le tome III de la Geschichte Roms de Drumann, 2" édit. par Groebe, p. "80 et suiv. D'après ce système, le ï" janvier 705 correspond au 14 novembre 48. Il correspond au 6 décembre selon Le Verrier (dont les tables, insérées dans le tome II de l'Histoire de Jules César par Napoléon III, ont été reproduites par Stoffel, Histoire de Jules César, Guerre civile, t. II, p. 390 et suiv. Je crois que le système allemand se concilie mieux avec les textes relatifs aux mesures prises par Jules César, en 46, pour remettre le calendrier en ordre [v. infra, p. 49, n. o), et avec d'autres données encore. Pour l'année 49, nous savons que le xvii des calendes de juin tomba au temps de l'équinoxe (Cicéron, Ad Altic, X, 17. 3) : ce

raisons pour haïr César'. Dans la séance du l''" janvier, quelqu'un proposa qu'on le reconnut « allié et ami » [socius et amicu^) : c'eût été lui montrer que l'on comptait sur son aide. Il fut aussi proposé que Faustus Cornélius Sulla, iils du dictateur et gendre de Pompée, se rendît sans retard en Maurétanie : on espérait évidemment que l'amitié qui avait uni son père au roi Bocchus lui assurerait un accueil favorable auprès des successeurs de ce roi, Bogud et Bocchus le Jeune. Mais le consul C. Claudius Marcellus, quoique ennemi de César, s'opposa à la première de ces deux motions; le tribun L. IMarcius Philippus, à la seconde'^: ils ne voulaient sans doute pas que l'on mêlât des barbares aux affaires intérieures de la République.

La province d'Afrtca était alors administrée par Q. Ligarius, venu avec le propréteur C. Considius Longus, dont il était le légats Considius, étant retourné à Rome, peut-être vers la fin de l'année 50^, peut-être plus tôt^, avait, conformément à la loi, laissé Ligarius pour faire l'intérim'' jusqu'à l'arrivée de son successeur. Quand, en janvier 49, le Sénat eut dressé la liste des anciens préteurs qui auraient à se répartir les provinces prétoriennes par la voie du sorf, l'Afrique échut à l'un d'eux,

qui est exact avec, la concordance de Groebe ( = 25 mars), mais ne l'est pas avec celle de Le Verrier (^16 avril). — Les dates que nous indiquons, sans autre explication, dans ce chapitre el dans les suivants sont celles du calendrier officiel.

d. Voir t. VII, p. 294-5.

2. César, Bell, civ., I, 6, 3-4. Je citerai désormais cet écrit sous la forme abrégée B. c, sans nom d'auteur.

ÎLCicéron, Pro Ligario, 1, 2; 7, 20.

4. Gicéron (ihid., 1, 2) dit simplement : « decedens Considius provincia ». Un scoliasle de Gicéron {Schol. Groiiov., au Pro Ligario, édit. de Gicéron d'Orelli, V, 2" partie, p. 414) indique que Considius était retourné à Rome pour briguer le consulat. Les élections consulaires avaient lieu en juillet. Mais Considius; désireux de préparer sa candidature, avait peut-être demandé au Sénat l'autorisation de quitter sa province quelques mois avant les comices, qui devaient avoir lieu au milieu de l'année 49.

0. On pourrait supposer que Considius était parti avant le milieu de 50, son année de gouvernement étant terminée. Une raison quelconque aurait empêché son successeur désigné de venir le remplacer. Mais il est plus vraisemblable qu'il avait reçu VAfrica pour la période 50-49.

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