‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 142 sur 357 · On était vers le 19 janvier du calendrier julien · texte numérisé non relu

On était vers le 19 janvier du calendrier julien

LES CAMPAGNES D'UZITTA ET D'AGGâR. H5

demie à peine, dans les conditions que nous venons d'indiquer. On peut, si l'on veut, supposer qu'elle dut, pour combattre, suspendre sa marche pendant deux heures, — et non quatre, — entre 2 heures et demie et 4 heures et demie de l'après-midi (elle aurait été dans cette situation, comme le dit notre auteur, à la dixième heure du jour, vers 3 heures et demie). Elle aurait ensuite mis trois ou quatre heures pour regagner son camp, où elle serait rentrée assez longtemps après la tombée de la nuit. D'autre part, il faudrait réduire beaucoup les XVIII et X milles qui auraient séparé Zêta du camp de César et des camps de Scipion, adopter, par exemple, les chiffres XII (ou XIII)

€tV*.

Nous n'avons aucun autre document qui nous renseigne sur l'emplacement de cette ville. Les chiffres de distances donnés dans les manuscrits du Bellum Africum ne méritant pas confiance, nous pouvons seulement dire qu'elle était au Nord- Ouest, — ou, du moins, entre le Nord et l'Ouest, — des camps de Scipion, près desquels César, venant du Sud-Est, passa pour l'atteindre. Peut-être s'élevait-elle près de Sidi Neja, à environ 18 kilomètres du camp de César et à 8 de ceux des alliés. Dans sa marche précédente vers Aggar, César avait dû passer par là, ou tout près de là, mais, à supposer que la ville fût déjà occupée par des troupes républicaines^, il n'avait sans doute pas eu le temps de s'arrêter pour la prendre.

En allant se jeter sur les deux légions envoyées à Zêta par Scipion, en passant et repassant hardiment, témérairement, près de ses camps, César voulait lui infliger à la fois un affront et un échec, propres à le faire renoncer à sa tactique de tempo-

1. Comme il y avait sept railles du camp de César aa camp de Scipion, il faudrait adopter le chiffre XII (= VII -t- V), si César alla de son camp à Zêta en passant presque par le camp de Scipion. Mais il est à croire qu'il se tint à quelque distance de ses ennemis, ce qui put l'obliger à un détour. Les chiffres XIII et V ont pu assez facilement s'altérer en XVIII et X.

2. Elle ne le fut peut-être que quelques heures plus tard, lors de la marche de Scipion à la suite de César.

risation. Voulait-il l'acculer à une bataille ce jour-là même^? S'il eut ce désir, il estima, au cours de lajournée, que les conditions dans lesquelles la bataille se livrerait ne lui seraient pas favorables. Arrivé à Zêta, il se retira devant les forces que Scipion envoyait au secours de ses deux légions. Revenu à proximité des camps ennemis, en avant desquels Scipion avait rangé son infanterie, il continua sa retraite; il avait été, du reste, trop retardé par les attaques de Labiénus pour pouvoir engager à fond des troupes déjà fatiguées et à jeun depuis la fin de la nuit. Le seul résultat de cette expédition très dangereuse fut la prise de Zêta, ville sans importance, éloignée de son camp. Il tint à la garder et la confia même à un officier de rang élevé. Jugea-t-il bon d'occuper un point intermédiaire entre Aggar, d'une part, et, d'autre part, Ruspina et Leptis, où il avait des garnisons^? Voulut-il mettre à l'abri d'une vengeance la population de Zêta? S'il s'était emparé très aisément de cette place, on peut croire qu'il y avait trouvé des complicités.

Bientôt après, des députés de Vaga, ville voisine^, dont nous ignorons la position*, vinrent, d'une manière suppliante, lui demander une garnison; ils promettaient de lui fournir beaucoup de choses dont il pourrait avoir besoin. César accéda à celte prière, mais, avant que ceux qu'il envoya eussent atteint Vaga, le roi Juba accourut, prit la ville, la pilla, la détruisit et massacra tous les habitants ^

1. Il paraît avoir emmeoé presque toutes ses troupes. Mais, même s'il n'avait pas l'inleulion d'engager une action de grande envergure, il pouvait craindre que la bataille ne lui fût imposée.

2. Les troupes laissées à Zêta, derrière l'ennemi, auraient pu aussi faire une diversion utile, lor.s d'une bataille qui se serait livrée du côté de Tegea.

3. B. A., LXXIV, 1 : « ex oppido Vaga, quod Unitimum fuit Zetae ». On sait qu'il y avait, hors de la province, une autre Vaga, représentée aujourd'hui par Béja : t. V. p. 261 ; t. VII, p. 203 et suiv.

4. .■'i l'on veut placer Zêta à Sidi Neja, on peut proposer l'identification de Vaga avec les ruines romaines de Béni Hassane {Atlas archéol. de la Tunisie, (° Djemmal, n" 80), à 6 kilomètres à l'Ouest de Sidi Neja. La ville détruite par Juba se serait relevei^

Page 1