‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 218 sur 357 · CHAPITRE PREMIER L AFRIQUE DE 44 A 27 AVANT J.-C · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER L AFRIQUE DE 44 A 27 AVANT J.-C

Après la mort de César, l'Afrique fut entraînée dans les discordes qui agitèrent le monde romain : les partisans de la République et ceux des triumvirs, ceux d'Octave et ceux d'Antoine se heurtèrent dans des luttes auxquelles s'associèrent des princes indigènes, mais en n'y jouant qu'un rôle secondaire : le temps des prétentions orgueilleuses de Juba était passé. Nous ne connaissons guère cette période troublée que par quelques passages d'Appien et de Dion Cassius, qui ne concordent pas toujours. Le premier pourrait se rattacher, par un intermédiaire inconnu, aux Historiae d'Asinius Pollion*, contemporain des événements ; le second a dû faire un large emploi de Tite-Live, dont le récit est perdu, comme celui de Pollion, et dont nous ignorons les sources.

1. Eq admettant que l'ouvrage de PoUioQ se soit étendu jusqu'à la bataille d'Actium : v. supra, p. 9, n. 7.

On a vu * que le roi maure Bocchus et Sittius s'étaient partagé les Etats de Masinissa et qu'Arabion, fils de ce dernier, avait cherché refuge en Espagne. Aussitôt après la mort de César, il retourna en Afrique. Peut-être ramena-t-il des Numides, qui l'auraient suivi dans son exil et qui, en se mettant, comme lui, au service des Pompéiens, se seraient aguerris^; peut-être les anciens sujets de son père lui firent-ils bon accueil. Il reconquit très rapidement la partie du royaume de Masinissa que Bocchus s'était annexée.

Quant à Sittius, il le tua « par ruse' » ; nous n'en savons pas davantage. La nouvelle de cette mort parvint à Rome trois mois à peine après l'assassinat du dictateur* et fut accueillie d'un cœur très léger par Cicéron^, qui avait jadis fait montre d'une grande sympathie pour ^aventurie^^ Mais les compagnons de Sittius, les Sitliani, gardèrent Cirta et le pays d'alentour. C'est alors, croyons-nous, que leur territoire fut rattaché à la province voisine, à VAfrica 7iova, et ainsi protégé contre les revendications ou les convoitises d'Arabion; Cirta serait devenue en même temps une colonie romaine^

Quelques mois après le meurtre de César, la vieille province d'Afrique avait pour gouverneur Q. Cornificius*. Cet ami de Cicéron® et de Catulle avait des prétentions à l'éloquence et à

2. Ap|)iei» (BM. civ., IV. 54) raconte qu'Arabion, étant revenu en Afrique après le meurtre de César, envoya à plusieurs reprises en Espagne, auprès de Sextus Pompée, des indigènes, qui lui revinrent bien aguerris. Et cet auteur paraît croire que ce fut ensuite qu'Arabion chassa Bocchus du royaume de Masinissa et tua Sittius. Mais Gicéron nous apprend que Siltius périt fort peu de temps après César.

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