Res geslae
7. L'indication « colonia Augusti Iulia Constantia Zulil, regum dicioni exempta et iura in Baeticam petere iussa » (Pline V. 2) a été évidemment empruntée à un document rédigé au temps où la Maurétanie était un royaume, donc à un document postérieur à 25 avant J.-C. (date de l'avènement de Juba II) et antérieur à 40 après notre ère (date de la suppression de la royauté).
Elles furent toutes créées, croyons-nous, entre les années 33 et 25 avant notre ère, à une époque où la Maurétanie appartenait en fait à l'État romain; à partir de l'année 23, elle redevint un royaume, par conséquent un pays étranger, où il est difficile d'admettre que des colonies aient pu être instituées. Certaines d'entre elles, appelées luiia Augusta, doivent dater des années 27-25 ; les autres, qui portent seulement le nom de JuUa, sont antérieures, à moins qu'Augusta n'ait été omis dans les documents dont nous disposons ^ Nous savons que deux de ces villes, Saldas et Tubusuptu, furent inscrites dans la tribu Arnensis% et quatre autres, Rusgunise, Gunugu, Gartennas,. Zucchabar, dans la tribu Quirina^
Dans le ro3^aume de Bocchus, six colonies furent fondées en des lieux maritimes où existaient déjà des villes* : 1° à Igilgili^ (Djidjeli); 2° à Saldas® (Bougie) ; ce fut la colonia Iulia Augusta Salditana legionis VII immunis'^; elle reçut donc,, comme la suivante, des vétérans d'une légion portant le numéro V[I; 3° à Rusazus* (Azeffoun, sur la côte de la grande Kabylie) : colonia lulia Augusta Rusazîis legio7iis Vllim^nunis^', 4° à Rusguniee ^° (au cap Matifou, à l'entrée de la baie d'Alger); 5° à Gunugu (près de Gouraya, à l'Ouest de Cherchel), coloniequi se recruta dans une cohorte prétorienne ^' ; 6° à Gartennas. (Ténès), avec des vétérans d'une légion portant le numéro II *^
1. Ainsi, Saldas est appelée seulement colonia Iulia Salditana sur une inscriptioni officielle du second siècle (G. /. L., VIII, 8929), alors que d'autres inscriptionsnous apprennent qu'elle s'appelait colonia Iulia Augusla : v. infra.
2. Kubitschek, Imperium Romanum trihutim discriptum, p. 165 et 166.
3. Pour Rusguniœ, voir G. /. L., 9249 et 9250; pour Gunugu, ibid., 21452;. pour Gartennas, ibid., 9663-5, 9680; pour Zucchabar, ibid., 9617.