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cette partie de l'Afrique, elles subsisteraient, mais indépendantes du roi et rattachées à l'Espagne romaine. Le devoir du nouveau souverain serait de garantir leur sécurité et de favoriser leur développement économique. C'était le régime du protectorat qu'Auguste appliquait à la Maurétanie. Peut-être pour préparer l'annexion, car il restait entendu que cette contrée, don de Rome', pourrait être reprise par elle. Mais l'annexion se ferait à son heure, sans hâte inutile et imprudente.
La question était de savoir si Juba et ses successeurs seraient capables de remplir la tache qui leur était confiée.
Les monnaies qui portent l'effigie de Juba^ nous le font mal connaître : d'une exécution médiocre, souvent incorrecte, elles nous le montrent sous des aspects très différents ; on s'est évidemment peu soucié de la ressemblance ^ La tête coiffée d'une dépouille de lion, qui apparaît vers la fin du règne ^, a des traits juvéniles : le roi, déjà sexagénaire, y est fort idéalisé, comme il convenait à un personnage figuré en Hercule ^
Cependant quelques monnaies, surtout des bronzes, offrent une image assez soignée et qu'on peut croire fidèle. Elles nous permettent de reconnaître Juba dans plusieurs têtes en marbre, ceintes du bandeau royal, qui ont été découvertes à Cherchel®,
1. Tacite, Ann., IV, 5 : « Mauros luba acceperat donum populi Romani. » Conf. Solin, XXV, 16 : (Caesarea) • lubae indulgentia populi Romani dono data ».
2. Voir, p. ex., Rev. numismatique, 1908, pi. XIII; Zeitschr. f, Numismatik, 1910, pi. I : reproductions qui, pour une élude iconographique, valent mieux que celles de l'ouvrage de Millier.