‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 317 sur 357 · Fr. 6 (Plutarque · texte numérisé non relu

Fr. 6 (Plutarque

jugement. Il semble avoir été incapable de distinguer les choses vraiment importantes des futilités et des vétilles : c'étaient celles-ci qu'il collectionnait avec la plus de plaisir. Il commettait de grosses erreurs : il indiquait 400 milles pour la longueur du Nil entre Sj'^ène et le Delta', chiffre inférieur de 230 milles à la réalité ; il cro3'ait qu'en Afrique, on avait employé des, éléphants à la guerre quatre cents ans avant lui^, alors que^ l'usage de ces animaux n'y était pas antérieur au m* siècle ^ Son philhellénisme lui faisait retrouver les Grecs partout, dans la langue latine, dans les origines de Rome, dans celles de la Libye et de sa famille même.

Il était d'une extraordinaire crédulité. On ne sait si l'on doit s'affliger ou sourire en lisant les absurdités dont il avait émaillé ses écrits et que d'autres ont pieusement, recueillies pour nous les transmettre. Les éléphants, assurait-il, adressent des prières aux dieux, sans aucune éducation préalable; ils se purifient dans la mer ou dans des rivières; ils adorent le soleil levant et la nouvelle lune en dressant leur trompe, dans laquelle ils tiennent un rameau '*. \Jn de ces pachydermes fut, auprès d'une fleuriste ou d'une parfumeuse d'Alexandrie, le rival d'Aristophane de Byzance et sut faire sa cour beaucoup mieux que cet illustre philologue ^ Les lions comprennent fort bien la langue des indigènes ^ Des serpents d'Ethiopie, longs de vingt coudées, se réunissent au nombre de quatre ou cinq, s'enlacent en forme de claie et, faisant voile, tête dressée, traversent la mer Rouge pour aller chercher une meilleure nourriture en Arabie ^ Cette contrée reçut un jour

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