Ibid., XI
i.Ibid., XI, 21, 2; XI, 22, 2.
et qui eut peine à sortir vivant de leurs mains'. Ils se mirent en marche vers la capitale, pour y imposer leurs volontés : persuadés, non sans raison, qu'on ne pouvait se passer d'eux, ils réclamaient leur licenciement, afin d'arracher par cette menace les récompenses qui leur étaient dues. César osa se présenter à eux, au Champ de Mars. 11 leur annonça dédaigneusement qu'il les licenciait, puis, feignant de se laisser fléchir par leurs prières, leur permit de le servir encore-. Cette scène, jouée par lui avec un art suprême, rendit possible l'expédition d'Afrique.
En même temps qu'il réglait les autres affaires urgentes, il hâtait ses préparatifs. Impatient d'en finir, il ne voulut pas attendre la belle saison et se décida à une campagne d'hiver ^ Tous ne partageaient pas sa confiance. Un sacrifice qu'il offrait ayant été troublé par un présage défavorable \ l'haruspice l'invita à ne pas passer en Afrique avant le solstice : il ne tint aucun compte de cet avis ''. Un oracle promettait aux Scipions qu'ils seraient toujours victorieux sur la terre africaine" : dans l'illustre famille à laquelle appartenait le chef des républicains, César alla, dit-on, chercher un homme décrié, qu'on appelait Salvitto^, à cause de sa ressemblance avec un mime de ce nom;