Vers 190 avant J.-G. : Schanz, l. c, p
le voisinage d'Oudna, date peut-être de 91 avant J.-C; elle concerne un médecin et offre auprès du texte latin un texte grec et un texte punique ^ La seconde, d'Utique, est un témoignage officiel de reconnaissance que les indigènes de trois districts {pagi) rendirent vers 60 à un questeur de la province^. La troisième rappelle des travaux de fortification exécutés à Curubis, en 49 ou 48, par des généraux pompéiens ^
L'hellénisme avait exercé à Carthage une forte influence*, qui persista en Afrique après la conquête romaine. Nous l'avons constatée dans l'art et dans l'industrie. C'est à la civilisation grecque que se rattachaient ceux qui se piquaient de science. C'est en grec que Cassius Dionysius d'Utique fit, du manuel de Magon, une traduction libre, publiée en 88 ^ Ce Cassius paraît avoir aussi écrit un traité grec sur les plantes médicinales ^ Le médecin dont l'inscription trilingue, découverte près d'Oudna', nous a gardé le souvenir, s'appelait Q. Marcius Protomachus et était fils d'un Héraclidès. Son nom purement grec, Protomachos, qui figure dans le texte punique comme dans les deux autres, peut faire supposer qu'il était d'origine grecque. Quant à Cassius Dionysius, qui savait évidemment fort bien le punique, puisqu'il traduisit Magon, c'était probablement un phénicien d'Utique : par philhellénisme, il aurait échangé contre un nom grec le nom sémitique, — Abdosir (?) ^ — que lui auraient donné ses parents.