Plutarque, C. Gracchus
furent des agri vectigales, c'est-à-dire assujettis à une redevance, ou bien des agri privati ex iure Quiritium\ c'est-à-dire entièrement exempts, les colons recevant sur elles un plein droit de propriété. Mais il est certain, — la loi de 111 en témoigne % — que, quelques années après, ces terres étaient agri privati vectigalesque, qu'elles le fussent restées ou qu'elles le fussent devenues. C'est seulement beaucoup plus tard, sous Septime Sévère, qu'elles furent exonérées, par la concession à la colonie romaine de Carthage du ius Italicum, qui, transportant fictivement son territoire en Italie, y créa, par là même, la pleine propriété privée, le dominium ex iure Quiritium^ .
Tel fut le sort de la colonia lunonia. La plupart des colons n'étaient sans doute pas des paysans accoutumés au travail agricole et capables d'en tirer profit; ils souffraient de leur exil en pleine campagne africaine. Beaucoup d'entre eux usèrent certainement de la faculté de revendre leurs lots et retournèrent en Italie. Ces lots durent être achetés surtout par des capitalistes, qui ne résidèrent pas et firent cultiver leurs terres soit par des esclaves, soit par des indigènes. De même, en dehors des lots de colons, pour les terres du domaine public qui furent vendues à Rome par les soins des questeurs*. Ainsi purent se former des propriétés assez grandes, appartenant à des Romains, mais où les gens d'origine italienne, intendants, gérants, etc., étaient peu nombreux. Aucune autre colonie ne fut créée dans la province avant Jules César.
Des lois ou des sénatus-consultes pouvaient décider que des terres publiques seraient, non pas affectées au territoire d'une