‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 21 sur 176 · BrugBch, Histoire d'ÉgypU, 1 1, p. 74. Cf. Louvre^ C · texte numérisé non relu

BrugBch, Histoire d'ÉgypU, 1 1, p. 74. Cf. Louvre^ C

128 CHAPITRE m.

pas à la famille régnante, devint roi du chef de b^ mère Rainai A côté de ces substitutions pacifiques, il semble qu'on puisse reconnaître la trace de quelques réyolutions militaires. Un grand colosse de granit gris trouvé à Tanis par M. Mariette porte les légendes d'un Pharaon RâamenkhkaMermeschou *. ccMermeschou, c'est-à-dire l^généraL - ^' Je n'ai pas besoin de faire remarquer ce que ce nom royal a de singulier. Qu'est-ce en effet que ce général qui se sert de son seul titre pour former son cartouche-no7?^ ? Les grands prêtres qui enlevèrent le pouvoir aux derniers Bamsès usèrent d'un procédé analogue ; mais ces usurpa-^ leurs ne cachèrent pas leur nom, et s'ils inscrivirent leur dignité dans un cartouche, on notera comme une différence radicale que ce fut dans un cartouche-çrénom*. » L'hypothèse la plus vraisemblable est celle d'un général rebelle que ses victoires auraient porté au trône; mais elle est loin d'être assurée. Il y a donc là un problème que de nouvelles découvertes nous permettront seules de résoudre.

Quoiqu'il on soit de ces interruptions dans la succession directe des souverains, l'examen des monuments nous montre que la treizième dynastie assura à l'Egypte quelques siècles de prospérité. Les Sevekhotep et les Nowrehotep qai se pressent sur ses listes, et dont les noms rappelleut involontairement à l'esprit les dix-huit rois éthiopiens quij au dire d'Hérodote, étaient bien antérieurs à Saba- COQ *j surent conserver les conquêtes de leurs prédéce;^ seurs et parfois même les étendre. Le vingt-quatrième ou vingt-cinquième souverain de la dynastie^ faisait ériger des coiofeses dans l'île d'Argo au fond de l'Ethiopie, à peu près cinquante lieues au sud de Semneh*. A lintérieur,

1. LGjiùmj Denkm., II ^ 151, g. — 2, M. de Rougé lit ce nom Mermen wiou. II m'a paru qu'au temps de l'Ancien et du Moyen empire, tndshou était le phonétique le plus ordinaire du signe qui entre dans ce nozn^ et j'ai gardé la lecture de M. Mariette. — 3. Mariette, Deuxième lettre à, M. le t^komle de Rougé sur les fouilles de Tanis, p. 4-5. — 4. Hérodote, II jlÛO.— 5. Sevekhotep IV, d'après de Rougé, VI d'après Brugsch, Uiitoiret t. I, p. 74. — 6. Lepsius, Derikm.j XI, 151, t.

PÉRIODE THÉB AINE. 129

ils continuèrent les travaux d'hydrographie entrepris par lesOusortesen et les Amenemhat. L'un d'eux, Râkhemkhoutaoui Sevekhotep *, faisait relever et inscrire à l'observatoire de Semneh les hauteurs de la crue du Nil pour les quatre premières années de son règne'. Ils mirent tous leurs soins à l'embellissement des grandes villes de l'Egypte, et firent exécuter des travaux consicferables à Thèbes dans le grand temple d'Ammon, à Abydos*, à Bubaste dans le Delta où fut trouvée, dit-on, la belle statue de Sevekhotep m aujourd'hui conservée au Louvre *, à Tanis, dont ils semblent avoir fait une de leurs résidences favorites *. Le style des œuvres de cette époque est déjà inférieur au style des œuvres de la douzième dynastie : les proportions de la figure humaine commencent à s'altérer, le modelé des membres à perdre de sa vigueur et de son fini. Malgré ces défauts souvent peu apparents, la plupart des statues , royales jusqu'à présent connues sont des chefs-d'œuvre que l'art des époques postérieures a rarement égalés. Il suffit d'examiner avec soin l'un de ces morceaux et de se rappeler qu'on en a trouvé de semblables tout le long de la vallée du Nil, depuis la troisième cataracte jusqu'à l'embouchure du fleuve , pour rester convaincu que l'Egypte était alors une grande puissance, réunie sous un seul sceptre et non pas, comme le voudraient certains auteurs, un État divisé en deux royaumes indépendants l'un de l'autre •, ou possédé militairement par les rois Pasteurs établis dans le Delta \

Les dernières années de la treizième dynastie furent-elles aussi heureuses que les premières? On ne saurait le dire

1. Sevekhotep IV de Bnigsch, Histoire, t. I, p. 73. — 2. De Rougé,5wr une irucription trouvée à Semneh; Lepsius^ Venkm,^ II, 151 h et d. — 3. Louvre, C. 11-12. —4. Louvre, A. 16. — 5. Mariette, Première et deuxième lettre à Jf. le vicomte de Rougé sur les fouilles de Tanis. -> 6. Bragsch, Histoire, 1. 1, p. ^1-72. — 7. Cette théorie, qui est de Lepsius, a été combattue dès sa naissance par M. de Rougé, Examen critique, deuxième article, p. 30, sqq. Les résultats obtenus par M. Mariette dans ses fouilles de Tanis l'ont rendue de plus en plus difficile à soutenir.

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dans Tétat actuel de la science. Les listes de Manéthon révèlent un fait certain : vers cette époque le centre de la puissance égyptienne se déplaça. La prépondérance que Thèbes avait maintenue pendant sept cents ans et plus sur le reste de Tïlgypte lui échappa et passa aux populations du Delta, ^es Pharaons de la douzième et surtout ceux de la treizième dynastie avaient préparé ce résultat en favorisam les villes du nord, Mendès, Saïs, Bubaste, Tanis surtout, au détriment des villes du midi. Quand ils disparurent, Thèbes perdit son rang de capitale et ce fut une ville dû la basse Egypte, Xoïs, qui lui succéda. Xoïs, située au centre même du Delta, entre les branches phatmétique et sébennytique du Nil*, était Tune des villes les plus anciennes du pays, mais n'avait jusqu'alors joué qu'un rôle des plus effacés. La quatorzième dynastie, sortie de &es mura^ compta, dit-on, soixante-quinze rois qui régnèrent quatre cent quatre-vingt-quatre ans. Les noms mutilés de ces princes couvrent les pages du Papyrus royal de Turin, mais leur histoire est inconnue. Tout au plus pourrait-on supposer que les derniers d'entre eux furent assaillis par des révolutions et des guerres civiles qui amenèrent leur chute et la ruine complète du pays.

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