‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 2)Chapitre 38 sur 176 · LE PEEBIIEE EBIPIBE ASSYRIEN. — LES JUIFS AU PAYS DE CANAAN · texte numérisé non relu

LE PEEBIIEE EBIPIBE ASSYRIEN. — LES JUIFS AU PAYS DE CANAAN

L'Assyrie; Ninos et Sémiramis; Touklat-habal-asar I*'. -* Gonqudte du pays de Canaan par les enfants d'Israël; Moïse; Josué; les Juges. — La Palestine et la Phénicie au temps des Juges.

I<'A00yrte| mnoB et sémlnuiilsi Tonklat-habal-asar I**.

La Syrie est ainsi placée qu'elle ne peut être indépendante qu'à la condition de no pas avoir de voisins puissants. Dès qu'un État conquérant s'élève sur le Nil ou sur le Tigre, il semble que les richesses de Damas et de Sidon, de Karkémish et de Gaza l'attirent invinciblement. L'Egypte, délivrée des Pasteurs, s'était ruée sur le pays de Khar, avait tenu garnison dans les villes, imposé le tribut à toutes les nations grandes ou petites, et cela pendant plusieurs siècles. Les armées égyptiennes n'en étaient pas encore sorties, que les armées assyriennes se présentaient pour y entrer.

Le pays d'Assour occupait la partie moyenne du bassin du Tigre depuis le confluent du Kournib jusque vers l'endroit où il débouche dans les plaines d'alluvion de la Chaldèe, A Test, le cours moyen du grandZab et quelques

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icontreforts du Zagros le fiêparaient comme une barrière naturelle de la contrée de Namri et des tribus tûuraniennes de la Médie. Au nord le mont Masios, au sud -est l'Adhem, lui servaient de limites ; à l'ouest et au sud-ouest il s'allongeait vers le Khabour et l'Euphrate, sans qu'on sache s'il atteignit jamais ce£ deux fleuves ^ La partie orientale arrosée par de nombreuses rivières, le Eounûb ou Khabour, le petit et le grand Zab, l'Adhem, sillonnée de collines, était riche en métaux et en minéraux, fertile en blés et en fruits de toute sorte. Dans l'antiquité, une foule de canaux dérivés du Tigre et de ses affluents couvraient le pays et suppléaient à la rareté des pluies pendant les mois d'été. On y trouvait beaucoup de villes riches et populeuses dont les noms remplissent les annales des rois et dont les ruines parsèment encore le sol, «ans qu'il soit toujours possible de les identifier avec certitude : deux des capitales de TAssyrie, Ninive et Kalakh, y avaient été fondées par les premiers colons chaldéens. A l'ouest du fleuve, c'était un vaste plateau largement ondulé et à peine interrompu à la hauteur de Singar par quelques groupes de collines crayeuses. Là, dans un canton maigre et mal arrosé, excepté sur les bords mêmes du Tigre, s'élevaient Singar et El-Assour, la plus ancienne des villes royales de l'Assyrie.

Depuis le temps de Thotmès III, la position relative des Ëtats qui dominaient en ces régions avait changé. La Ghaldée déjà fort affaiblie n'avait cessé de s'affaiblir encore : Assour, au contraire, commençait à s'agrandir. Aux premiers des pontifes rois Îsmi-Dagan, Samsi-Bin, Iri-Amtouk, dont plusieurs avaient payé tribut aux Pharaons, avaient succédé des rois (sar) indépendants de l'Egypte et surtout de la Ghaldée, Assour-Narara, Nabou-Dagan, Assour-Bel- Nisisou, dont les règnes nous reportent vers le quinzième siècle avant notre ère. Grâce aux efforts de ces souverains,

1. Aux temps classiques le nom d'Assyrie servit à désigner des régions d'étendue fort diverse. Hérodote l'applique à la Ghaldée, 1, 106^ 192 ; III, 92; Pline à toute la Mésopotamie, H. N., 26. Cf. Strabon, XVI, 1. Le district de r^inive s'appelait plus spécialement 'Axupia.

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encore obscurs, Assour avait appris à se faire respecter de ses voisins. Assonr-Bel-Nisisou et son fils Bousour-A's^itiip (entre 1400 et 1370] traitaient déjà d'égal à égal avec Eara-indas et son successeur Boumabouriyas I, rois de Ghaldée. Ge dernier épousa une fille d'Assouroubalat, sue-^ cesseur de Bousour-Assour, à cpii ce mariage fournît Toccasion d'intervenir dans les affaires intérieureé de Babylone. Earardàs, fils de Boumabouriyas, ayant été tuë dans une révolte des Kassi et remplacé par un certain Nazibougas, Assouroubalat entra en Babylonie, tua l'usurpateur et rétablit à sa place le second fils de Bournaborariyas, nommé Kourigalzou. Un siècle s'était à peine écoulé qu'un autre prince assyrien, Touklat-Adar I {vers I2T0), entrait à BdLylone, non plus en auxiliaire, mais en conquérant, et soumettait toute la Ghaldée^ Dès lors Babylone fut considérée comme vassale de TAssyrie ; les princes que le vainqueur y établit furent traités en sujets et soumis au tribut. Il fallut que la Ghaldée attendît huit siècles pour recouvrer complètement son indépendance.

Plus tard, vers l'époque perse, des légendes mythôlogî-

Îues furent substituées au récit des faits que nous venoïi^ 'énoncer. On raconta qu'au début de l'histoire un chef nommé Ninos s'était illustré par ses conquêtes et avait fondé un empire qui comprenait la Babylonie, l'Arménie, la Médie et toutes les contrées situées entre la Méditerranée et l'Indos. Il construisit Ninive au bord du Tigre. <c On donna à la ville la forme d'un carré long, dont le plus grand côté avait cent cinquante stades et le plus court quatre-vingt dix : l'enceinte totale avait quatre cent quatre-^vingts stades de pourtour (quatre-vingt-neuf kilomètres)... Outre les Assyriens qui formaient la parde la plus riche et la plus importante de la population, Ninos admit dand sa capitale un grand nombre d'étrangers, et bientôt Ninive devint la ville du monde la plus grande et la plus

1. G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 54*59; Lenormant, Histoire, t. II, p. 55-69; Menant, Annales, jt, 15-28; Babylone rt /a CftaWrf^. p. 117-124.

florissante. » Une guerre contre la Bactriane vint arracher le roi à ses travaux de construction : il alla mettre le siège devant Bactres. Il y rencontra Sémiramis, à laquelle on attribuait une origine divine. On la disait fille d'un simple mortel et de la déesse Derkétô d'Âscalon. Exposée à sa naissance, elle avait été recueillie par un berger nommé Simas; Oannès, gouverneur de Syrie, l'avait épousée pour sa beauté et menée avec lui à la guerre. Ninos, émerveillé de sa bravoure, Tenleva à son mari, la prit pour femme et en fit son héritière.

Une fois reine, Sémiramis fonda Babylone sur. un plan mieux entendu encore que celui de Ninive. Le mur d'enceinte eut trois cent soixante stades (soixante-six kilomètres) de long: il était flanqué de deux cent cinquante grosses tours et assez large pour laisser passer six chars de front, L'Euphrate fut endigué, bordé de quais sur un développement de cent soixante stades (trente kilomètres]^ et ses deux rives réunies par un pont. Au milieu de la Ytlle s'éleva le temple du dieu Bel. Les travaux étaient à

Eéine terminés qu'une révolte éclata en Médie : Sémiramis L réprima et se mit à parcourir les diverses provinces de son empire. Elle fonda Ecbatane en Médie, Sémiramocarta en Arménie sur le lac deYan, Tarse en Cilicie. Partout où elle allait, elle perçait les montagnes, brisait les rochers, pratiquait de grandes et belles routes. Dans les plaines, elle érigeait des tumulus qui servaient de tombeaux à ses généraux morts pendant l'expédition ou de base à des villes nouvelles. Arrivée aux confins de la Syrie, elle franchit l'isthme, soumit l'Egypte et l'Ethiopie. La renommée des richesses de Tlnde la ramena des rives du Nil à celle de llndos : mais là sa fortune l'abandonna. Elle fut battue par le roi Stratobatès et rentra dans ses Ëtats pour n'en plus sortir. Elle avait élevé ses stèles de victoires aux confins de la terre habitable, en pleine Scythie, non loin de llaxarte, où le grand Alexandre les retrouva, encore intactes, « La nature, y disait-elle, m'a donné le corps d'une femme, mais mes actions m'ont égalé au plus grand des hommes. J'ai régi l'empire de Ninos qoi vers l'ouest

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touche au fleuve Hinaman (Indos?), vers le sud aux pays de Tencens et de la myrrhe , vers le nord aux Sakes et aux Sogdiens. Avant moi, aucun Assyrien n'avait vu la mer : j'en ai vu quatre que personne n'abordait, tant elles étaient éloignées. J'ai contraint les fleuves de couler où je voulais, et je ne l'ai voulu qu'aux lieux où ils étaient utiles : j'ai rendu féconde la terre stérile en l'arrosant de mes fleuves. J'ai élevé des forteresses inexpugnables, j'ai percé avec le fer des routes à travers des rochers impraticables. J'ai frayé âmes chariots des chemins que les bêtes féroces ellesmêmes n'avaient jamais parcourus. Et au milieu de ces occupations j*ai trouvé du temps pour mes plaisirs et pour mes amis, »

Tous ces exploits ne la mirent pas à l'abri des conjurations. Ayant appris que son fils Ninyas conspirait contre elle, elle abdiqua en sa faveur et se changea en colombe. A ce dernier trait on reconnaît la déesse. Ninos et Sémiramis n'appartiennent pas à l'histoire : ils forment un couple divin et cachent sous leur nom la figure d'Adur- Samdan et d'Istar, l'Hercule et la Vénus assyriens. Letirs exploits doivent être rangés au nombre des fables dont l'épopée babylonienne avait rempli les premiers âges du monde ^ Ce fut seulement au temps des rois perses que Thistorien Gtésias de Gnide recueillit les récits épars sur eux et fit de ces deux personnages mythologiques des rois véritables *•

Il y a loin du roman de Ninos et de Sémiramîs à l'histoire, véritable des premiers rois assyriens. La conquête de la Ghaldée entraîna les successeurs de Touklat-Adar dans une longue suite de guerres sanglantes. A sa mort, Bin-bal-idin, un des chefs qu'il avait imposés au pays vaincu, se révolta contre son fils Bel-kdudour-oussoi^r, chassa les garnisons assyriennes et, après avoir reconstruit les vastes fortifications de Nipour, envahit l'Assyrie. Bel-

1 . Voir plus haut, p. 164-166.— 2. Fr.Lenormant, laLégende deSémù ramis, 1872. Récemment un savant anglais, M. Daniel Haigh , a émis la prétention d'identifier la Sémiramis deBabylone avec la reine Abmès I^owertari d'Egypte {Z^iUchnft, 1874, p. 18;23}.

koudour-otiBSOur fut battu et tué; le sceau royal de Touklat-Adar enlevé dans la déroute fut déposé comme trophée au trésor de Babylone, où il resta six cents ans. Adarhabal-asar reprit l'offensiTe : « après avoir organisé le pays d'Assour et institué le premier les armées assyriennes », il réussit à battre Bin-bal-idin sous les murs d'El- Assar, Dès lors la puissance des Ninivites alla toujours croissant. Assour-Dayan , fils d'Adar-habal-^asar, <c sur-* passa tout ce q;ui avait été avant lui. » Il remporta des succès importants sur Zamana-zikir-idin , roi de Babylone, jprit les villes de Zabba, Irriga^ Agarsal, et rentra dans ses Etats chargé de butin. Ses deux successeurs, Moutakkil- Nebo et Assour-ris-isi, furent plus heureux encore. Le der* nier d'entre eux « attaqua les contrées des rebelles et sou^ mit les princes de toute la terre. » Deux fois Nabou-kbn^ dour-oussour I, roi de Babylone, envahit TAssyrie : deux fois il fut contraint de fuir, laissant ses chars, son bagage et l'étendard royal qu'on portait devant lui, entre les mains du vainqueur ^

li' Assyrie formait un royaume compacte et puissant dont toutes les forces pouvaient être concentrées sur un même point de manière à briser toute résistance. Sauf vers le sud, où la Ghaldée était à craindre, ses rois n'avaient devant eux que des tribus isolées, sans lien et sans consistance, qu'ils écrasaient sans peine les unes après les autres. Aussi depuis longtemps avaient -ils étendu leur domination sur le haut bassin du Tigre et sur la Mésopotaniie : le pays de Eoummoukh (la Gommagène) \ une partie du Naïri* leur payaient tribut. Touklat-habal-asar I (Tiglath-Phalasar) agrandit considérablement ce domaine. Dès le début de son règne, les Mouskai (Moskhiens) *, commandés par cinq rois, descendirent des montagnes où

1. Menant, Annalei^ p. 29-32; Bàbylone et la Chaldée, p. 125-m.<* 3. Ce n'est pas la Gommagène des historiens classiques, mais une autre Gommagène plus étendue, qui occupait les versants du Taures, près de Samosate, et tout le haut bassin du Tigre, jusque vers Diarhekir. *• 3. Le pays situé sur les deux versants du mont Masios, entre le haut Tigre et le moyen Euphrate.^4. Voir plus haut^ p. 219.

ils étaient cantonnés et envahirent la Gommagfènft^ Bs^ avaient jadis obéi aux rois d'Assyrie^ mais a'éitaient v6fal<<' tés.B(uxante ans auparavant et avaient conservé leur indé^ • pendance. TouUatAiabal-asar courut à leur rencontf!e.et lei^ battit. « Je remplis de leurs cadavres les racines, delà montagne. Je leur coupai la tète. Je renversai les murs^ leurs villes. Je pris des esclaves^ du butin, des trésars sans nombre. Six mille des leurs qui s'étaient soustrait» à ma puissance me prirent. les genoux et je les fis prison* niera. » La conquête de la Gommagène suivit de près la défaite des Moskliiens. Les Assyriens franchirent le Ti« gre, et enleyèrent la capitale de la province malgré Tin* tervention de quelques tribus voisines. « Le reste de leur» soldats qui avait craint mes armes terribles et n'avait pu résister au choc de ma puissante attaque s'étiit dirigé pour sauver sa vie vers le sommet des montagnes surdiis plateaux élevés y vers les clairières, des forêts, par lesjrii*. vins tortueux des montagnes que le pied de rkodEnnepeat à peine traverser. Je montai derrière eux;. ils en vinreoit aux mains avjBC moi et je les mis en fuite : je passai comme une tempête, sur Jes rangs de leurs combattants, au miUett

des ravins des montagnes J'ai soumis le pays de Eoum-

m^ukh dans toute son étendue, et je l'ai compris désonnaîs dans les limites de mon empire.

« [Car] je suis Touklat-habal-asar^ le roi puissant, le destructeur des méchants, celui qui anéantit les bataillons ennemis. »

La conquête de la Gommagène et la.soumissioa de» Mosl^hiens ne pouvaient être durables, si les tribus voisb* hes restaient indépendantes. L'annéesuivante, tandis qu'we partie de ses troupes franchissait le petit Zab et exéc!«H tait des razzias heureuses dans les montagnes du Eourdistan, Touklat-habal-asar « marcha contre les pays de Kha« lia et les armées du vaste pays de Kourkhié , > dans des forêts impénétrables qu'aucun roi n'avait encore explorées. Ledieu Assour, mon seigneur, me dit de marcher; je disposai mes chars et mes armées et je m'emparai dos forteresses du pays d'Itni et du pays d'Aya, sur les pics élevés de«

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nt^rtagnes impêiiétrables, aiguës comme la pointe d^un poignard et qui n'offraient pas de passage à mes clmrs. Jejossat mes chars dans la plaine et je pénétrai dans les mcmUtgnes tortueuses. » Cette expédition le mena au cœur du iBassif montagneux de l'Arménie. Il y battit les habitaat&.du pays de Kourkhié et prft Tingt-cinq Tilles du p&ys^e Ebaria. «Je couvris de ruines les paysdeSaranit et d'Ammanit ; depuis un temps immémorial, ils n'avaient pas fait leoT soumission. Je me suis mesuré avec leurs armées dans le pays d'Arouma, je les ai châtiés, j'ai poursuivi leurs guerriers comme des bêtes fauves, j'ai occupé leurs villes, j'ai emporté leurs dieux. J'ai fait des. prisonniers, je me .fiuis emparé de leurs biens et de leurs trésors, j'ai livré les villes aux flammes, je les ai démolies, je les ai détriâtes, j'en ai fait des ruines et des décombres, je leur ai imposé le joug pesant de ma domination et, en leuf présMice, j'ai rendu des actions de grâces au dieu Assour, moamgneur^ »

•La. soumission des pays du nord et de l'est: assurée, Toaklat-habal«-araur se dirigea vers la Syrie. Sa première campagne dans cette direction fut consacrée tout entière à la conquête du Nalri. «c Brave dans la mêlée, courageux da&s les batailles^ j'ai marché sans égal contre les rois des Lords de la mer supérieure, qui n'avaient jamais fait leur simmlssion, et qu'Assour m'avait signalés. J'ai traversé dea marais inaccessibles, des contrées fiévreuses, dans lesquels personne parmi les rois antérieurs n'avait jamais pénétré; j'ai passé par des chemins difficiles, dans des fourrés épais. » Les tribus situées à l'est de l'Euphrate n'e|ipoBèrent pas une grande résistance et se soumirent pre«{ii6 sans combat. Mais au delà du fleuve il iallut

t* U, François Lenormant croit cette campagne dirigée contre les parties ceatrales de l'Asie Mineure ; Kourkhié serait pour lui la Cilicio Trachée ou paya de Korykos, Adanit, la ville dUdana, en Cilicie. Konrkos et Adana sont toutes deux situées près de la Méditerranée, et T6uklat-i^bal-asar dit n'avoir atteint la Méditerranée que dans la campagne suivante contre la Syrie. {Estai de eommevUaire tur Bé^ rote» p. 146-147.)

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disputer le terrain pied à pied. Vingt-trois rois du Naïri, rassemblèrent leurs troupes, firent venir du secours des iords de la Méditerranée ôt livrèrent bataille aux Assyriens. Ils furent battus, leurs villes détruites, leurs fils emmenés en otages. Ce succès ne fut que le prélude de succès plus grands encore. Touklat-habal-asar partit d'Élassar l'année suivante « après avoii^ fixé un jour propice d'après un songe qu'il avait eu, et marcha sur le pays d'Aram, qui ne reconnaissait pas Assour, son seigneur. » D remonta l'Buphrate à partir de l'embouchure du Khabour, battit les Tsoukhi, les poursuivit jusqu'en face de l^arkémish, franchit le gué à leur suite et se trouva le premier de sa race sur le territoire des Hittites septentrionaux.

Depuis près de deux siècles, la puissance des Hittites n'avait fait que décroître. Accablés par la grande invasion des peuples de la mer, puis délivrés par Ramsès IH, ils avaient accepté sans difficulté Tautorité de ses faibles successeurs : môme Her-hor leur avait imposé tribut *. Leui nom avait fini par s'appliquer à tous les peuples de la Syrie du nord compris entre l'Euphrate et le golfe d'Issos, par opposition aux Araméens qui vivaient plus au suçl entre le libai et l'Euphrate. Touklat-habal-asar, arrivant ehe; ces peuples encore récents de la domination égyptienne, n'eut pas de peine à les réduire. Il traversa la Syrie du nord, franchit le Liban et entra dans le pays d'Akharrou; Arvad lui ouvrit ses portes et lui prêta ses vaisseaux. Il se donna la satisfaction de s'avancer en pleine mer et tua ui 4auphin de sa propre main. Le bruit do ses victoires si répandit sur tous les pays du sud et jusqu'en Egypte : le Pharaon qui régnait alors crut prudent de ne pas réclamer contre cette violation des droits que ses ancêtres avaient pu lui léguer sur les Eiêtas. Il envoya des cadeaux au puissant roi d'Assyrie, entre autres des crocodiles [namsoukh) et des hippopotames [ovmmi). Ces bêtes, inxîonnues sur les bords du Tigre, y excitèrent la plus vive

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