RoU, xn, 2G-40 ; II Chron., a, 29 ; z
332 CHAPITRE Vin.
resta plus^^ au fils de Salomon cpié Juda, le teriîtoim sde Siméon , quelques ^Ues de Dan et de Benjamin, et ia suzeraineté sur Edom. Ce qui demeurait encore des con(|ttètes de David vers le nord fut perdu à jamais, et passa des mains des rois d'Israël aux mains des rois de Damas ^.
Ainsi tomba la maison de David et avec elle l'empire qu'elle avait essayé de fonder. Certes, à ne prendre que le caractère des deux rois qu'elle fournit, on ne peut s'empêcher de penser que son entreprise méritait de mieux réussir. David et Salomon offrent l'assemblage si curieux de qualités et de défauts qui font les grands princes des races sémitiques. Le premier, soldat de hasard et héros d'aventure, nous représente bien le fondateur de dynastie, fourbe, cruel et dissolu, mais brave, prévoyant, capable de dévouement, de générosité et de repentir; le second est le monarque fastueux, sensuel, dévot à la fois et philosophe, qui succède d'ordinaire au chef de la famille. S'ils n'établirent rien de durable, c'est qu'ils méconnurent l'un et l'autre la nature du peuple auquel ils avaient affaire. Les Hébreux n'étaient pas une race guerrière^ et David les jeta dans la guerre; ils n'étaient ni marins, ni constructeurs, ni portés alors au commerce ou à l'industrie, et Salomon leur imposa des flottes, des routes, des relations commerciales. Ils avaient l'horreur de l'étranger et le fanatisme de leur religion: il leur donna l'exemple de la tolérance. Le hasard des circonstances parut un moment les favoriser. L'affaiblissement de l'Egypte et de l'Assyrie, les divisions de TAram et de la PhéÀicîe, permirent à David de gagner des batailles et de faire des conquêtes : l'alliance intéressée de Tyr fournit à Salomon le moyen de réaliser ses projets de commerce et de constructions. Mais l'empire qu'ils avaient fondé ne reposait que sur eux : dès qu'ils eurent disparu, il s'évanouit .sans secousse et sans bruit par la seule force des choses,