CtéBias, Ptfsiea, SS 37-41. ^ 2. Id., ihid
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plus désormais qu'une affaire de caprice ou de circon- C|tance.
Artaxerxès mourut en 425, et Ton vit recommencer après lui les intrigues et les crimes qui avaient ensanglanté le début de son règne. Son fils légitime, Xerxès II, fut assassiné au bout de quarante-cinq jours par un de ses frères illégitimes, Sogdianos ou Sekudianos*. Celui-ci fut détrôné à son tour et tué, après six mois et demi, par un autre fils illégitime du yieux roi, Okhos, qui prit, en montant sur le trône, le nom de Darios ^. Sa vie ne fut qu'un long tissu de misères et de crimes. Dès les premiers jours, son frère Ârsitès et Artyphios, fils de Mégabyzos, prirent les armes en Asie Mineure, enrôlèrent des mercenaires grecs et battirent par deux fois les troupes envoyées contre eux. L'or perse fit ce que la vaillance perse ne pouvait plus faire : les deux rebelles, trahis par leurs soldats, se rendirent à condition qu'ils auraient la vie sauve. Darios II avait épousé sa tante Parysatis, une des femmes les plus cruelles et les plus dépravées qui soient entrées dans le harem de rOrient : sur son conseil, il viola la parole donnée et fit périr Arsitès dans la cendre'. Cet exemple ne découragea point le satrape de Lydie. Pissuthnès appartenait à la famille royale * : il était en place depuis vingt ans au moins * et avait eu le temps de se préparer longuement à la guerre. Tissaphemès, envoyé contre lui, acheta les mercenaires qu'il avait à sa solde, et le força de se rendre à discrétion : Darios le mit à mort et donna sa succession au vainqueur*. Cette exécution ne termina pas les troubles de l'Asie Mineure : Amorgès, fils naturel de Pissuthnès, souleva la Carie, s'arrogea le titre de roi et résista jusqu'en 412 aux efforts de Tissaphemès '.
C'était le temps où la guerre du Péloponnèse mettait en
1. Gtésias, Persiea, $ 43. — 2. Id., ihid,, %% 44-48. Les Grecs nommèrent ce prince Nodoc, le bâtard, — 3. Id., âid., 40-51. Sur le supplice de la cendre, cf. Valère Maxime, IV, 2, 7 ; Ovide, Ibii, 317-318, etc. — 4. D'après iliypothèse fort vraisemblable de G. Rawlinson, The /Ire great Monarchies f t. III, p. 478. — 5. Thucydide, 1, 115, le mentionne dès avant 440. ^ 6. GtAsias, Persiea, $ 52. — 7. Thucydide, VIII, 6, 19, 28.
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feu la Grèce entière. Athènes venait de perdre le meilleur de sa flotte et Télite de ses soldats en Sicile. Lorsc[ue la nouvelle du désastre arriva en Orient, Darios vit que Toccasio;i était favorable à rompre le traité de 449. U envoya aux satrapes de Mysie et de Lydie l'ordre de réclamer le tribut aux villes grecques de la côte et de traiter à tout prix avec les Lacédémoniens. Sparte accepta Talliance qui s'offrait à elle; dès lors les différents États de la Grèce ne furent plus que des jouets dans la main du grand roi et de ses agents. Tissaphernès et Phamabazos s'appliquèrent d'abord à tenir la balance égale entre les Dorions et les Athéniens, sans permettre à aucun des peuples rivaux de porter à l'autre un coup mortel. Cette politique de juste milieu ne dura pas longtemps. Darios avait deux fils, dont le second, nommé Kyros comme le fondateur de l'empire, obtint, par l'influence de Parysatis, le commandement suprême des
Srovinces d'Asie Mineure. Kyros arriva au pouvoir avec es vues d'agrandissement personnel qui le rendirent traître aux véritables intérêts de sa nation. U espérait que sa mère obtiendrait pour lui la succession dévolue de droit à son frère aîné, Arsakès; en cas d'échec, il comptait revendiquer le trône par la force des armes. Athènes, puissance maritime, n'était guère à même de l'aider dans une expédition dirigée contre les provinces de la haute Asie : il inclina vers Sparte et lui donna un appui si efficace, qu'en deux ans la guerre fut terminée à l'avantage des Péloponnésiens, par la bataille décisive d'^gos-Potamos (405) *.
Ar«axerxè0 II (40ft-Se«}. — ArtaxerxèA IIX Okhos (S«9*Si«). les dernières dynastie* Indlgènesderégypie; oarles lil et iàleximdre de macédoine; ehule de Templre i^erse.
Le brusque dénoûment que l'intervention du jeune Kyros donnait à la guerre de Péloponèse et les menées se*
1. G. Rawlinson, Th9 fivegreat Monarchits, t. IH^ p. 479*4ai.
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DÉCADENCE ET CHaÏB;DE L'EMPIRE PERSE. 561
crêtes dont les satrapes de TAsie Mineure accusaient ce prince parurent suspectes à bon droit. Darios appela son fils à Suse pour lui demander compte de sa conduite. Kyros arriva juste à temps pour assister à la mort de son père et à Favénement d'un nouveau roi : Arsakès prit le nom royal d' Artakhshathra (Artaxerxès) et monta sur le trône en dépit des efforts de Parysatis^ Pendant les cérémonies du couronnement, Eyros se cacha dans le temple et voulut tuer * son &ëre au pied de Tautel : dénoncé par Tissaphernes et par \in des prêtres, il fut saisi et aurait été mis à mort, si sa mère ne l'eût enveloppé de ses bras et n'eût empêché le. bourreau de faire son office*. Pardonné à grand peine, il retourna en Asie Mineure avec la ferme résolution de se révolter à la première occasion. Malgré la surveillance de Tissaphernes, il réunit sous divers prétextes treize mille mercenaires grecs et cent mille hommes de troupes indigènes, quitta Sardes à l'improviste (401), traversa l'Asie Mineure, la Syrie du nord et la Mésopotamie, sans être inquiété, rencontra l'armée de l'empire près de Gunaxa, à quelques lieues au nord de Babylone, et se fit tuer dans la bataille. Sa défaite et sa mort furent un véritable malheur pour la Perse. Il était brave, actif, ambitieux, doué de toutes les qualités qui font un bon monarque oriental. Il avait appris au contact des Grecs à connaître les côtés faibles de sa nation et paraissait tenir à cœur d'y remédier : s'il avait triomphé, peut-être eût-il réussi à raffer- •mir l'empire pour un moment et à l'arrêter sur la pente qui l'entraînait à la ruine. Lui tombé, l'armée indigène qu'il avait amenée à sa suite se dispersa sur-le-champ. Les mercenaires, trahis par leurs alliés d'Asie, ne perdirent pas courage et gagnèrent les côtes du Pont-Euxin à travers l'Assyrie et l'Arménie. Jusqu'alors les Grecs avaient considéré l'empire comme un État compacte et redoutable qu'on pouvait vaincre sur mer et tenir éloigné
1. aésias, Persica, % 57; Plutarque, Vie d^Artaxerxèt, 2. — 2. Xénophon, Anahase, I, § 3; Ctésias, Peniea, $ 67 j Plutarque, Yie dUrtaxerxèi, 3 sqq.
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de l'Europe, mais qu'on ne pouvait attaquer chez lui sans imprudence. L'exemple des Dix Mille prouva qu'une poignée d'hommes perdus en pleine Ghaldée, privés de leurs chefs par la trahison, sans guides, sans cartes, sans alliés, pouvaient traverser impunément les domaines du grand roi et rentrer en Grèce sans pertes considérables. Les résultats de cette expérience ne se firent pas attendre. Sparte victorieuse avait repris vis-à-vis des Grecs d'Ionie le rôle protecteur d'Athènes : la mort du jeune Kyros avait rompu ses attaches à la Perse et lui avait rendu sa liberté (faction. Pendant quatre ans de suite elle entretint la guerre en Asie : son roi Agésilas pénétra au cœur même de la Phrygie et se préparait à pousser plus avant sur la trace des Dix Mille, si For perse n'avait opéré en Europe une puissante diversion. Athènes reprit les armes : sa flotte unie à la flotte perse parcourut la mer Egée, et s'empara de rUe de Gythère ; les longs murs furent reconstruits aux frais du grand roi. Sparte n'oublia pas la leçon qu'elle venait de recevoir : elle renonça à délivrer les Grecs d'Ionie et s'efforça de traiter. Antalkidas envoyé à la cour de Suse réussit à l'amener à ses vues et conclut avec Artaxerxès un traité célèbre dans l'histoire de la Grèce. Un ordre parti de Suse vint notifier à tous les peuples au nom du grand roi qu'ils eussent à suspendre les hostilités et à se respecter désormais les uns les autres (387). Personne n'était de force à résister : il fallut obéir. Un peu plus d'un demi-siècle auparavant, Athènes traitant avec un Ar-' taxerxès lui avait arraché la liberté des Grecs d'Asie : Sparte traitant avec un autre Artaxerxès lui livrait les Grecs d'Europe. La revanche de la Perse était complète*.
Un désastre en Afrique compensa largement ce triomphe. L'Egypte un moment écrasée après la défaite d'Inaros n'avait pas tardé à s'agiter de nouveau. A Pausiris, fils d'Amyrtaeos I*', avait succédé un second Amyrtœos, aussi insoumis qu'avait été son grand-père. Dès 410, des troubles éclatèrent dans le Delta; en 404, & la mort de
1. Pottr le détail de ces événements, Y. Y Histoire grecque d^^^Dixiny*
DarioSy le soulèvement devint général. Amyrtœos, reconnu par la plus grande partie du pays, reprit le vieux protocole pharaonique et devint le chef d'une dynastie nouvelle, la XXYIII*, qui dura autant que lui, c'est-à-dire six ans ^ Il ne réussit pas à chasser entièrement les Perses, car Artaxerxès avait encore des troupes égyptiennes dans son armée, en 401, au moment de l'expédition du jeune Eyros ^. Amyrtœos eut pour successeur Naîwftouroud (Nephoritès) de Mondes, qui compléta Fœuvre de délivrance et fonda la XXIX* dynastie (399). Avec Naîwftouroud l'Egypte rentra en pleine possession d'elle-même et retrouva son ancienne activité. Sa conduite politique était tout indiquée par les circonstances : comme au temps des Saîtes, il fallait rechercher l'amitié des Grecs et détourner vers le nord les forces des puissances asiatiques. C'était le moment où Sparte venait de déclarer la guerre à la Perse : Agésilas préparait son expédition en Phrygie. Naîwftouroud conclut un traité d'alliance offensive et défensive avec les Lacédémoniens et leur envoya une flotte chargée d'armes, de blé et de munitions. L'Athénien Gonon la rencontra à la hauteur de Rhodes et la dispersa. La retraite d'Agésilas et l'abandon de l'Asie Mineure par les Spartiates refroidirent les bonnes dispositions du roi d'Egypte : il concentra sur la frontière de Syrie les forces qu'il avait paru disposé à lancer au loin et se prépara à soutenir de son mieux un assaut qu'il pensait imminent.
. L'attaque ne vint pas aussitôt qu'on s'y attendait. La retraite des Grecs n'avait pas terminé les affaires d'Asie Mineure : depuis la tentative de Kyros la plupart des peuples indigènes, Mysiens, Pisidiens, gens du Pont et de la Paphlagonie, avaient secoué le joug. Il fallut les soumettre à nouveau et dépenser contre eux les forces qu'on aurait
1. La date de ravénement d'Amyrtœos et des événements qui le précédèrent a été l'objet de nombreuses controverses. On a voulu identifier ^iiuptaToc avec le nom Rottd-AtMn d'un roi égyptien: il paraît assez bien prouvé aujourd'hui que ce Roud'Àmen était un des petits rois locaux de l'époque éthiopienne et n'a rien de commun avec le prédécesseur de Niuwàouroud. — 2. Xénophon^ iina&afe, I, 8^ § 9.
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dû envoyer en Egypte. Les Grecs de Chypre commandé» par Ëvagoras, tyran de Salamîne, profitèrent des embarras du maître pour reconquérir leur ii^dépendance. Dès 391, ils traitèrent avec Athènes, avec Hékatomnos, roi rebelle de Carie, et avec TÉgypte. Hakori venait de succéder à Nalwâouroud (393) : il accepta l'occasion qui s'offrait de créer des embarras à la Perse et promit son secours. Évagoras, ainsi soutenu, prit l'offensive, enleva Tyr d'assaut et s'attaqua d'une part à la Cilicie, de l'autre à la Palestine. Une première expédition dirigée contre lui par Autophradatès, satrape de Lydie, manqua complètement. Mais, après la paix d'Antalkidas, Artaxerxès rassembla une flotte de trois cents trirèmes, une armée de trois cent mille hommes, et jeta toutes les forces de l'empire sur l'île de Chypre. Évagoras fut défait sur mer, défait sur terre, enfermé dans Salamine et contraint de traiter après une résistance de six ans (380). Non-seulement il obtint le pardon de sa révolte, mais la reconnaissance de son titre royal et l'assurance qu'il ne serait pas troublé dans l'exercice de sa royauté *. Une guerre contre les Cadusiens, que le grand roi avait voulu conduire en personne, n'eut pas d'issue aussi heureuse : l'armée, réduite à la famine et harcelée dans sa marche par un ennemi insaisissable, aurait été détruite sans l'adresse d'un des généraux perses, Tiribazos, qui décida les barbares à demander la paix au moment même où ils allaient triompher '. Les années qui suivirent furent employées à rétablir en Asie Mineure et en Syrie la suzeraineté des Perses fortement ébranlée par la révolte d'Évagoras. Ce fut seulement après avoir rétabli l'ordre partout qu'on songea à tourner contre l'Egypte les armes de l'empire.
^ Hakori ^'était pas resté inactif : tandis que les Perses étaient occupés en Chypre, il avait mis le pays en état de défense et s'était* efforcé de recruter en Grèce une armée et des généraux. Il était mort en 382) et ses successeurs,
1. Voir pour le détail de cette guerre VHxstoire grecqw de M. Duruy . ^2. Plutarque, Vie d'Àrtaxerxès^ 24; Corn. Nepos, Datâmes j § 1.
DÉCADENCE ET CHOTis DE L'EMPIRE PERSE. 565
Psemouth (383-382) et Naîwâouroud II, n'avaient fait que passer sur le trôné*. Un prince de Sebennytos, Nakht-hor-heb (Nectanébès I*'), fondateur d'une dynastie nouvelle, la XXX*, acheva les préparatifs et confia h commandement de ses troupes à l'un des condottieri les plus re^ nommés de Tépoque, Ehabrias d'Athènes. Khabrias s'é* tablit sur la branche pélusiaque dans une forte position qu'il couvrit de retranchements et qui garda son nom : de là il surveillait les débouchés de la Syrie et commandait les approches du désert. La Perse fit des efforts proportionnés à l'importance de l'entreprise : elle confia à Phar* nabazos une armée de deux cent mille hommes, fit venir Iphicratès d'Athènes, réussit par obtenir des ÂthénienB qu'ils rappelassent Khabrias d'Egypte. L'armée, partie d'Âko sur la côte de Syrie, débarqua à l'entrée de la branche mendésienne, et battit les corps égyptiens chargés de garder la côte. Iphicratès voulait marcher sur Memphis qu'il savait dégarnie de troupes : Phamabazos hésita à suivre cet avis et laissa à Nakht-hor-heb le temps nécessaire pour revenir de sa surprise. Les Perses furent battus à plate couture près de Mondes, et contraints de se retirer. Phamabazos rentra en Syrie; Iphicratès fit voile vers Athènes : TÉgypte fut délivrée pour un quart de siècle".
Cet échec n'ébranla en rien l'influence que le grand roi avait exercée sur la Grèce depuis la paix de 387. Sparte, Athènes et Thèbes se disputèrent son alliance avec plus d'acharnement que jamais. En 372, Antalkidas reparut à }a cour de Suse pour demander une nouvelle intervention ; «n 367, Pélopidas et Isménias obtinrent un rescrit impérial ordonnant à tous les Grecs de rester en paix; en 366, Athènes envoya des ambassadeurs qui lui obtinrent les subsides de la Perse. Il semblait que le grand ^oi fût devenu pour les Ëtats helléniques une sorte d'arbitre suprême devant lequel chacun venait plaider sa cause. Mais cet ar-
1. Manéthon, édit Unger, p. 309. — 2. Diodore, XV, 29, 41, 43; Corn. Nepos, Iphicratès, § 2, etc.
bitre souverain qui imposait sa volonté au dehors n'était pas maître chez lui. Doux, facile d'humeur^ plus enclin à jMirdonner qu'à sévir, Artaxerxès n'avait pas l'énergie nécessaire pour comprimer l'ambition des gouverneurs dô provinces. Ariobarzanès de Phrygie, Aspis de Gappadoce, Datâmes, s'insurgèrent tour à tour contre lui et défièrent ses armes : on ne put se débarrasser d'eux que par le meurtre et la trahison. Bientôt après tous les satrapes des provinces occidentales, des frontières de l'Egypte à l'Hellespont, formèrent une alliance offensive et défensive : l'empire allait s'effondrer, si les dariques n'étaient encore une fois intervenues dans la querelle. Orontès de Phrygie et Rheomithras vendirent leurs complices, mais trop tard pour empêcher la paix d'être troublée. L'Egypte, toujours à l'affût, avait trouvé dans la révolte une occasion nouvelle de montrer sa haine contre la Perse. Nakht-hor-heb était mort en 364 : son successeur Takho rassembla quatre-vingt mille hommes de troupes indigènes, dix mille mercenaires grecs, deux cents vaisseaux, et se jeta hardiment sur la Phénicie. Sa maladresse et sa mauvaise fortune sauvèrent Artaxerxès d'un désastre certain. Takho avait avec lui le vieil Agésilas : au lieu de lui remettre le commandement suprême, il se borna à lui confier les corps auxiliaires et réserva pour lui-même la direction suprême des opérations. A peine débarqué en Phénicie, il apprit que l'Egypte se soulevait derrière lui aux ordres de Nakhtnebew ; Agésilas, qu'il avait offensé, se déclara contre lui avec l'armée et le contraignit de passer dans le camp des Perses (361).
Nakhtnebew se prépara d'abord à continuer la guerre : une révolte du gouverneur héréditaire de Mendès coupa court à ses projets. Bloqué dans Tanis et presque réduit à se rendre, Agésilas rétablit ses affaires, défit le compétiteur et remit tout en ordre. Au milieu de ces luttesil avait fallu renoncer à la conquête de la Syrie, et cela dans le temps où les discordes de la famille royale perse offraient des chances inespérées de succès. Artaxerxès avait eu trois fils, Darios, Ariaspès et Okhos : Darios, impatient de régner, conspira et fut mis à mort ; Ariaspès se tua;
Okhos,- resté seul, abreuva son père de tant de dégoûu que le vieux roi mourut de chagrin à l'âge de quatre» vingt-quatorze ans (362). Okhos prit en montant sur U trône le nom d'Ârtaxerxès et débuta par un acte de cruauté jusqu'alors sans exemple dans les annales de la Perse : il fit mettre à mort tous les princes et toutes les princesses de sang royal. Sa férocité cachait du moins quelque éner«gie : il voulut rétablir l'empire dans son intégrité et s'attaqua à l'Egypte. Son armée mal conduite fut battue par Nakhtnebew ou plutôt par les généraux grecs au service de Pharaon, Diophantos d'Athènes et Lamios de Sparte (351). A la nouvelle de cet échec, la Phénicie se souleva tout entière : Sidon massacra sa garnison perse et Chypre se déclara indépendante. Okhos employa les quatre années qui suivirent à combattre ces révoltes : Sidon, trahie par son roi Tenues, fut brûlée et ce qui survivait de ses habitants vendu comme esclaves. La Phénicie vaincue, ee fut le tour de l'Egypte : Okhos vint mettre le siège devant Péluse avec une armée de trois cent trente mille Asiatiques et de quatorze mille Grecs. Deux siècles auparavant, Psamétik III, attaqué par Kambysès, avait du moins lutté bravement : Nakhtnebew était fait pour les arts de la paix plutôt que pour la guerre. Il avait employé les instants de répit que lui accordait la fortune à restaurer les vieux monuments de l'Egypte et même à en construire de nouveaux. On a trouvé les traces de son activité tout le long de la vallée du Nil, à Philse', à Thèbes, à Tourah, dans le Delta; ses bas-reliefs, et ses statues comptent au nombre des chefs-d'œuvre de l'art saïte *. S'il avait déployé comme général la même activité qu'il montra comme constructeur, et, dit-on, comme magicien *, le triomphe de l'Egypte était certain. Le malheur voulut qu'il fût lâche : il se sauva sans attendre la bataille. Il abandonna Péluse et les mercenaires grecs qui la défendaient, se retira à
\, Voir au Louvre les statues (A. 28), les sphinx (Â^ 29, 30, 30 hù] et les bas-reliefis (B, 33) de Nectanèbo. — 2. Voir dans le Pseudo-CalUs' thènei le récit des exploits magiques de Nectanèbo (1. 1, 1-14).
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Memphis et de Memphis s'enfuit en Ethiopie avec tons ses trésors. L'Egypte abandonnée de son chef se sounût sans résistance et rentra pour toujours sous la domination de l'étranger (345)*.
Ce fut un grand succès pour la Perse^ le dernier de tous. , Déjà la Macédoine commençait à prendre la direction des affaires : encore quelques années, et elle se jettera s\w l'Asie. Okhos mourut en 340, empoisonné par l'eunuque Bagoas; son fils Arsès ne fit que passer sur le trône et céda la place à un parent éloigné de la famille Akhéménide, Kodomannos, qui changea son nom en celui de Darios (337). Darios III monta sur le trône la même année qu'Alexandre : il vit les dangers que lui préparait Tarnbition macédonienne et fut impuissant à les prévenir.
1. On peut reconstituer comme il suit la liste des dernières dynasties égyptiennes :
XXVil* DYNASTIE PERSE.