V ASES-KA-W
I OUSOUR-KA-W I
II Sah'oorà II
III Raea
IV NOWERAR- m
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V ÂSESKARÂ IV
V* Dynastie memphite.
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VI OUSOORENRÂAN,y,^oP^^\
VI PaBoupYic*
VII Menkeh'or VII MevxépYi;.
VIII TatkerA Assa VIII Tavxépri;.
IX OUNAS IX "Ovvoç.
Gouverneur de la maison des livres *. Cette simple mention jetée incidemment entre deux titres plus élevés suffirait, à défaut d'autres, pour nous montrer le développement extraordinaire qu'avait pris dès lors la civilisation égyptienne. Non-seulement il y avait déjà une littérature, mais cette littérature était assez considérable pour remplir des Libliothèques, et son importance assez grande pour qu'un des fonctionnaires de la cour fût attaché spécialement à la Conservation de la bibliothèque royale. Il avait sans doute à sa garde, avec les œuvres contemporaines, des livres écrits sous les premières dynasties, des livres datés de Mena et peut-être des rois antérieurs à Mena. Le fonds de cette bibliothèque devait se composer d'ouvrages religieux, de chapitres du Livre des Morts, copiés d'après les textes authentiques conservés dans les temples ; de traités scientifiques sur la géométrie, la médecine et l'astronomie ; de livres historiques où étaient conservés les dits et faits des anciens rois, ensemble le nombre des années de leur vie et la durée exacte de leur règne ; des manuels de philosophie et de morale pratique; peutêtre auâsi quelques romans*. Tout cela, si nous l'avions, formerait « une bibliothèque qui serait bien plus précieuse pour nous que celle d'Alexandrie ^ ; » par malheur, nous ne possédons plus de tant de richesses que les fragments d'un recueil philosophique. Pour tout le reste, nous en sommes réduits à d& rares indications qui, éclairées et complétées au moyen des données monumentales, nous permettent à peine de déterminer avec quelque certitude l'étendue des connaissances qu'avaient alors les Égyptiens. Dès les premiers jours, les astronomes égyptiens reconnurent qu'un certain nombre des astres qui brillaient audessus de leurs têtes paraissaient animés d'un mouvement de translation à travers les espaces, tandis que les autres demeuraient immobiles. Cette observation, répétée maintes et maintes fois, les conduisit à établir la distinction des
1. Lepsius, Denkm., II, 50. — 2. Un fragment de conte, écrit cl*aprës un manuscrit antérieur, sous la XII* dyn. (Pap. de Ber(tn, l\\\ "^^vsxzvX bien remoDter Jusqu^à la F'. — 3. De Rougé, Recherches^ p. ^^.
étoiles voyageuses « qui ne reposent jamais » (âkhimour ourdou] et des étoiles fixes qui «jamais ne bougent» (âkhir mou-sekou). Us comptèrent parmi les premières « Hor, guide des espaces mystérieux» (Har-tap-shetorou), notre Jupiter, que son éclat fit mettre à la tête des planètes; « Hor, générateur d'en haut » [Har-kor-her), Saturne, la plus éloignée des planètes que Toeil humain puisse apercevoir sans le secours des instruments ; Harmakhis, Mars, que sa couleur rougeâtre fit appeler aussi Har-^desher^ l'Hor rouge, et dont le mouvement rétrograde en apparence à certains moments de Tannée ne leur échappa point ; Sève/: ou Mercure; Vénus enfin, qui dans son rôle d'étoile du matin se nomme Douâou, et Bennou peut-être dans son rôle d'étoile du soir * . U semble même résulter de textes fort anciens qu'ils assimilaient la terre aux planètes et lui attribuaient un mouvement de translation analogue à celui de Mars ou de Jupiter *. Le soleil lui-même, ce centre fixe de tous les systèmes anciens, subit chez eux la loi du mouvement universel et voyagea dans le ciel en compagnie des étoiles errantes *.
Pour les astronomes égyptiens comme pour Técrivain du premier chapitre de la Genèse, le ciel est une masse liquide qui enserre la terre de toutes parts, et repose sur l'atmosphère comme sur un fondement solide. Nous avons déjà vu comme aux jours de la création, quand le chaos se résolut en ses éléments, le dieu Shou souleva les eaux d'en haut et les répandit dans l'espace ^. C'est sur cet océan céleste, le Nou^ que flottent les planètes et généralement tous les astres. Les monuments nous les montrent figurés par des génies à formes humaines ou animales et naviguant chacun dans sa barque à la suite d'Osiris. Une autre théorie, aussi répandue que la première, présentait les étoiles fixes comme des lampes [khàbesou] suspendues à la
1. De Rougé, Recherches sur le nom égyptien des planètes, dans le
Bulletin archéologique de VAthenœum français j 1856, p. 18-21, 25-28.
— 2. Ghabas, Sur un texte égyptien relatif au mouvement de la terre,
dans la Zeitsohrift, 1864, p. 91-103. — 3. Papyrus de Berlin, n« VIII,
/ 5â. — 4. Voy, p. BQ.
voûte céleste et qu'une puissance divine allumait chaque soir pour éclairer les nuits de la terre. Au premier rang de ces astres-lampes, on mettait les décans, simples étoiles ou groupes d'étoiles en rapport avec les trente-six ou trentesept décades dont se composait Tannée égyptienne : Sopt ou Sothis, saint à Isis ; OnonSahou, notre Sirius, consacré à Osiris et considéré par quelques-uns comme le séjour des âmes heureuses ; les Pléiades, les Hyades, et beauev>up d'autres dont les noms anciens n'ont pu encore être identifiés d'une manière certaine avec les noms modernes, Brof, toutes les étoiles qu'on peut apercevoir à l'œil nu avaient été relevées, enregistrées, cataloguées avec soin. Les observatoires de la Haute et de la Basse Egypte, à Denderah, Théni, Memphis, Héliopolis, signalaient leurs phases et dressaient chaque année des tables de leurs levers et de leurs couchers dont quelques débris sont arrivés jusqu'à nous.
De tous ces astres, le mieux connu et le plus important était l'astre d^Isis, Sirius, que les Égyptiens nommaient Sopt, d'où les Grecs ont fait Sothis. Son lever héliaque, qui marquait le commencement de l'inondation, marquait aussi le commencement de l'année civilCj si bien que tout le système chronologique du pays reposait sur lui. L'année primitive des Égyptiens, ou du moins la première année que nous leur connaissions historiquement, se composait de douze mois de trente jours chaque, soit en tout trois cent soixante jours. Ces douze mois étaient partagés en trois saisons de quatre mois : la saison du commence-' menl [Shà], qui répond au temps de l'inondation; la saison des semailles [Pro], qui répond à l'hiver; la saison des moissons (Shemou) , qui répond à l'été. Chaque mois se composait de trois décades ; chaque jour et chaque nuit se divisait en douze heures : si bien que midi répondait à la sixième heure du jour, et minuit à la sixième heure de la nuit.
Ce système, pour simple qu'il parût, avait ses inconvénients qu'on ne tarda pas à reconnaître. Entre l'année des Égyptiens telle qu'elle était alors et Taîiiifeûlto^ic^^^^X^
avait une différence de cinq jours un quart ; à chaque douze mois qui s'écoulèrent, l'écart entre l'année égyptienne et l'année fixe augmenta de cinq jours un quart, et par suite les saisons cessèrent de s'accorder avec les phases de la lune. Des observations nouvelles faites sur le cours du soleil décidèrent les astronomes à intercaler chaque année, après le douzième mois, et avant le premier jour de l'année suivante, cinq jours complémentaires qu'on nomma les cinq jours en sus de Vannée ou jours épagomènes. L'époque de ce changement était si ancienne que nous ne saurions lui assigner aucune date et que les Égyptiens eux-mêmes l'avaient reportée jusque dans les temps mythiques antérieurs à Tavénement de Mena. « Rhéa [Nout) ayant eu un commerce secret avec Kronos (Seô), le soleil (Rd), qui s'en aperçut, prononça contre elle un charme qui l'empêcha d'accoucher dans aucun mois et dans aucune année; mais Hermès [Thot], qui avait de l'amour pour la déesse, joua aux dés avec la Lune et lui gagna la soixantième partie de chaque jour, dont il forme cinq jours qu'il ajouta aux trois cent soixante autres jours de l'année*. »
Dans ce système, Tannée vague de trois cent soixantecinq jours ne répond pas encore exactement à l'année astronomique de trois cent soixante-cinq jours et quart. Il y eut donc tous les quatre ans un retard d'un jour sur cette année, si bien que pour 365 X 4 ou 1460 années astronomiques, on compta 1461 années civiles écoulées. Au bout de quatorze siècles et demi, l'accord, si longtemps rompu, était parfait de nouveau : le commencement de l'année civile coïncidait alors, et pour une fois seulement, avec celui de l'année astroeomique ; le commencement de ces deux années coïncidait avec le lever héliacpie au matin de Sirius- Sothis et par suite avec le début de l'inondation. Les prêtres célébrèrent le lever de l'astre par des fêtes solennelles, dont l'origine devait remonter plus haut que les rois de la première dynastie, au temps des Shesou-Hor^ et don-
/. De Iside et Osiride, c. 22.
lièrent à la période de 1460 =1461 qui ramenait cette coïncidence merveilleuse le nom de période sothiaque.
De la littérature mathématique de l'époque, nous ne connaissons rien. Les monuments nous prouvent cependant que dès le temps des pyramides la géométrie devait être fort avancée : sinon la géométrie théorique, au moins la géométrie pratique, ciBlle qui sert à mesurer les surfaces et à calculer le volume des corps solides. Les architectes qui ont bâti les pyramides et les grands tombeaux de Saqqarah étaient nécessairement des géomètres fort estimables. Malheureusement nous n'avons plus rien des livres dans lesquels ils enregistraient leurs doctrines : le seul traité de géométrie qui nous soit parvenu est postérieur de deux mille ans au moins à l'âge des pyramides, et nous donne l'état de la science pour les temps relativement modernes de la dix-neuvième dynastie.
Pour nous figurer ce que pouvait être la médecine égyptienne, nous n'en sommes pas réduits à de simples inductions. Outre un traité dont l'invention était attribuée au règne de Qiéops et qui n'a pas encore été publié, nous possédons deux livres : le premier, composé en partie sous le roi Menkera, renferme aussi des recettes attribuées à des savants étrangers * ; le second, trouvé sous Hesepti, aurait été complété par Send *. Les manuscrits de ces deux ouvrages remontent à la XVIIP et la XIX« dynastie : le texte avait dû s'en modifier à la longue, mais l'ancienaeté de leur origine les maintenait dans les écoles. Us faisaient sans doute partie de cette bibliothèque du temple à^Imhotep, à Memphis, qui existait encore aux temps romains et fournissait des remèdes aux médecins grecs'.
L'Egypte est naturellement un pays fort sain, « Les
1. G. Ebers, Papyros Ebers, der Hermetische Buch ûher Arzeneimittel der alten Ègypterij Leipzig, 1875. Chabas, Déterminatiœi d'une date certaine, Paris, 1877, in-4'. — 2. Brugsch, dans le Recueil de mojiumenu égyptiens,i. II, p. 101-120, et pi. LXXXY-CVII; Chabas, Mélanges égyptologiques, l"* série, p. 55-79. — 3. Galien, de Compos* medic* sec. yen., 1. V, c. 2.
BIST. an::. ^
Égyptiens, disait Hérodote, sont les mieux portants de tons les mortels. » Ils n'en étaient que plus attentifs à soigner leur santé. « Chaque mois, trois jours de suite, ils provoquent des évacuations au moyen de vomitifs et de clystères; car ils pensent que toutes les maladies de l'homme viennent des aliments * . >) — « La médecine chez eux est partagée : chaque médecin s'occupe d'une seule espèce de maladie et non de plusieurs. Les médecins en tous lieux abondent, les uns pour les yeux, les autres pour la tête, d'autres pour les dents, d'autres pour le ventre, d'autrei pour les maux internes *. » U ne semble pas que cette division dont parle Hérodote a été aussi absolue que l'histCH rien a bien voulu le dire. Le même individu pouvait traiter toutes les maladies en général; seulement, pour les maux d'yeux et pour quelques autres affections, il y avait comme chez nous des spécialistes que Ton consultait de pré» férence aux praticiens ordinaires. Si le nombre en paraissait considérable à l'historien grec, cela tient à la constitution médicale d'un pays où les ophthalmies et les maladies intestinales, par exemple, sont encore aujourd'hui plus fréquentes que partout en Europe.
La médecine théorique ne semble pas avoir fait de grands progrès, bien que les pratiques de la momifr cation eussent dû fournir aux médecins l'occasion d'étu- ,j dier à loisir l'intérieur du corps humain. Une sorte dô crainte religieuse ne leur permettait pas plus qu'aux médecins chrétiens du moyen âge de mettre en pièces, dan» un but de pure science, le cadavre qui devait reprendre vie un jour. Leur horreur pour quiconque rompait l'intégrité du corps humain était si grande, que l'embaumeur chargé de pratiquer les incisions réglementaires était l'objet de l'exécration universelle. Toutes les fois qn^il j venait d'exercer son métier, les assistants le poursuivaient à coups de pierres et l'auraient assommé sur place s'il ne s'était enfui à toutes jambes. De plus, les règlementsmédicaux n'étaient pas de nature à encourager les rocher-