‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 3)Chapitre 83 sur 170 · AH · texte numérisé non relu

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Des procëd<^ft employés à la formation des écritures anliqnes. — Le

. caractères cundirormes. — Les écritures égyptiennes : Talphabet, k

syllabaire, les caractères déterminatifs. — Origiue de l*alphabet phé*

nicien, ses dérivés sémitiques; ses dérivés ariens.

procédés employés A la fématton d«s écrkarea •atlqnes* Les eanistères e«Méllbri

Pour fixer l'expression de la pensée, rhomme a mis en œuvre deux procédés qu'il peut appliquer séparément ou ensemble : Yidcographisme ou peinture des idées, lephonitisme ou peinture aes sons. On peut représenter les idées de deux manières : directement, par Ggure des objets enxmêmes; symboliquement, par reproduction d'un objet matériel ou d'une figure convenue pour rendre une idée abstraite. On peut de même représenter les sons de deux manières: par syllabes, en exprimant d'un seul signe ud ensemble formé d'une ou plusieurs consonnes et d'une voyelle; par caractères alphabétiques, qui rep#'ésentent chacun une seule consonne ou une ^eule voyelle. Tous les systèmes d'écriture ont commencé par peindre les idées

par un croissant ), ne permettait de rendre qu^ùn certain nombre d'idées toutes matérielles. îl fallut aussitôt recourir aux symboles. Les symboles sont de deux sortes, simples ou complexes. Les simples se forment : par synecdochit en peignant la partie pour le tout, la prunelle, #, pour Yœil, -^«>^; la tête de hœiif, W^ pour le hœuf complet, "^ Par métonymie, en peignant la cause pour l'effet, l'effet pour la cause, ou l'instrument pour l'œuyre accomplie, le

disque solaire, o, çouc le jour; le brasier fumant, J, pour

— \efeu; le pinceau, Y encrier et la palette du scribe, g»[ , pouï Vécriture, Par métaphore, en peignant un objet qui avait quelque ressemblance réelle ou supposée avec l'objet de

ridée exprimée, les parties antérieures du lion, -^, J, pour

^ toarquer l'idée de priorité; la guêpe, V|^, pour la royauté;

sur un perchoir, vS^, pour l'idée de dieu; uûe plume d'au-

=•* truche, f, pourTidéede/iweicô. Les idéogrammes complexes » se forment d'après les mêmes principes que les idéogrammes simples. Ils consistent, à l'origine, dans la réu- ^ nion de plusieurs images dont la combinaison rend une .^ idée qu'un symbole simple n'aurait pu noter. Ainsi, en égyptien, un croissant renversé accompagné d*une étoile, "^^ rend l'idée de mois; un veau courant et le signe de Veau,

^9 fz;, celle de so^. L'écriture idéographique était un moyen fort incomplet de fixer et de transmettre la pensée. Elle ne pouvaK que placer des images et des symboles ai côté les uns des autres, sans établir de distinction entre les différentes parties du discours, sans noter les flexions spéciales aux temps du verbe, aux cas et au nombre des noms : il fallut joindre la peinture des sons à la peinture des idées. Bien que par nature les symboles d'idée ne représentent aucun son , celui qui les lisait était obligé de les traduire par le mot attaché dans la langue parlée à Tex* * pression de la même idée. Au bout d'un certain temps, ils éveillèrent dans l'esprit de qui les voyait tracés, en même temps qu'une idée, le mot ou les mots de cette idée, partant une prononciation : on s'habitua à retrouver sous chaque figure et sous chaque symbole une ou plusieurs

i>rononciations fixes et habituelles qui firent oublier au ecteur la valeur purement idéographique des signes pour ne produire sur lui que l'impression d'un ou de plusieurs sons.

Le premier essai de phonétisme se fit par rébus; on se servit des images sans tenir compte des idées pour représenter le son propre à leur sens premier. On en vint.

à peindre, de la même manière, des mots semblables de son, mais divers de sens dans la langue parlée. Le même assemblage de sons nower marquait, en égyptien, ridée concrète de luth, et Tidée abstraite de honlé : le signe { rendit par figure l'idée de luth, par rébus l'idée de honte. En groupant plusieurs signes on écrivit de longs mots, dont la prononciation se composait, en partie, du son de tel signe, en partie de celui de tel autre. Le lapislazuli se dit, en égyptien, khesdeb; on écrit quelquefois ce mot par la figure d'un homme qui tire [khes) la queue

d'an cochon (d£b) , '^W'^ç. Dans une langue où tous les mots n'ont qu'une seule syllabe, en chinois par exemple, l'emploi du rébus ne pouvait manquer de produire une écriture, où chaque signe idéographique, pris dans son accep tion phonétique, représentait une syllabe isolée. Dans les autres langues , le système de rébus ne donnait pas encore un moyen facile de décomposer les mots en leurs syllabes constitutives et de représenter chacune d'elles séparément par un signe &xe et invariable. On choisit un certain nombre de caractères auxquels on attribua non plus la valeur phonétique qui résultait du son de toutes les syllabes, mais celle qui résultait du son de la syllabe initiale. On

plus à l'ordinaire que des syllabes simples ou complexe . Les Touraniens de Chaldée nous ont laissé l'exemple le plus ancien d'une écriture syllabique. Leur système adoçté par les Assyriens se répandit au nord et à l'est en Arménie, en Médie, en Susiane, en Perse, et ne cessa d'être employé que vers les premiers siècles de notre ère*. Oublié pendant toute la durée du moyen âge, il n'a été sérieusement étudié que depuis une centaine d'années. Niebuhr (1765), Tychsen (1798), Mûnter (1800), frayèrent la voie à Grotefend, qui le premier, en 1802, réussit à déchiffrer les

1. Fr. Lenormant, Essai sur la propagation de V Alphabet phénicien ptan les peuples de L'Ancien monde, 1. 1, p. i-52. — 2. L^inscription cunéiforme la plus moderne porle le nom d'un roi parthe Pacorus, qui rë^it entra 77 et 1 1 1 après J. G. Voir Oppert dans les Mélanges et archéologie éffff tienne et assyrienne, 1 1, p. 23-29.

unéi formes persans et donna un alphabet rectifié et corn- >lété en i836 par les recherches d'Eugène Burnout* en r'rance , de Christian Lassen en Allemagne. Quelques an- Dées plus tard un An^ais, Henry RaNvlinson, porta l'étude des inscriptions Achéménides à un tel degré de perfection que les travaux de MM. Oppert et Spiegel n'ont pu changer que des détails à ses premières traductions. Le déchiffrement du perse ancien n'était qu'un acheminement à l'intelligence des textes babyloniens, assyriens et mèdes. ' La découverte de Ninive par M. Botta, consul de France à Hossoul (i846), les fouilles de M. Layard à Koyoundjik et à Nimroud (i849-i85i), livrèrent au public une grande

Suantité de documents nouveaux que MM. Rawlinson^ incks et Fox Talbot en Angleterre, de Saulcy et Oppert en France, parvinrent à déchiffrer avec certitude. Dès lors les progrès de la science assyrienne ont toujours été constants; après avoir lu les textes babyloniens, ninivites et mèdes on s'est attaqué aux débris de la vieille littérature chaldéenne. En moins de trente ans, un monde nouveau de langues et de peuples inconnus s'est ouvert à l'étude: trente siècles d'histoire sont sortis des tombeaux et ont reparu au grand jour ^

Les écritures des différents systèmes sont toutes formées par les combinaisons d'un même signe horizontal »— , vertical y, ou tordu en forme de crochet <. Cet éh'*ment a le 5 lus souvent l'aspect d'un clou ou d'un coin , d'où le nom e cunéiformes qu'on donne le plus souvent aux écritures de ce type *. Nous avons vu ailleurs que les paquets de clous qpii forment aujourd'hui les caractères dérivent de signes hiéroglyphiques défigurés peu à peu au cours des âges. Quelques-uns d'entre eux sont de véritables idéogrammes; le plus grand nombre expriment des syllabes, les une simples, c'est-à-dire composées d'une voyelle et d'une cor sonne; les autres complexes, c'est-à-dire formés de pli sieurs consonnes.

1. Pour rhistoire da dëchilTrement, voir J. Mdnant, Ui écritures n&Jormts, in-8% Paris, i864. — a. Quelaues savants an^ais avaient posé le nom de arrouhheaded, à pointe de flèche, qui n a pas été ai généraleineaL

Le tableau des syllabes simples peut se dresser comme il suit :

<fa, i^J, ad,

ukh, t}, T, lïï^, ta,

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