‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 4)Chapitre 52 sur 190 · VI. — PoupreL (v. 1330). XVI. — Assour-BEL-KALA(V · texte numérisé non relu

VI. — PoupreL (v. 1330). XVI. — Assour-BEL-KALA(V

VIE. — BIN-NiRARI [er (v. 1310). | XVII. — Samst-BiN I (v. 1070). VIII. — SALMAN-ASAR 1°" (v.1290). | XVIII.— ASSOUR-RAB-AMAR (v. IX.— TouKLAT ADARI<"(v.1270). 1060).

286 CHAPITRE Vil

Conquête du pays de Canaan par les enfants d'Esrat)y Moïse; Josué; Les Juges.

Au sortir de l'Égypte, les enfants d'Israël avaient d’abord marché vers le nord-est, comme pour entrer en Asie par le chemin le plus court : à la troisième étape, ils tournèrent vers le sud, franchirent la mer Rouge et gagnèrent le désert. C'était le moment où les Libyens et les peuples de la mer menaçaient l'Égypte : il fallait se tenir à l'écart des grandes voies militaires, afin d'éviter le choc des barbares et la poursuite de Pharaon. Le peuple d'Israël s’enfonça dans la péninsule du Sinaï. À

Il est certain que Moïse tira les juifs d'Égypte, leur donna des lois et les conduisit aux frontières du pays de Canaan, mais le détail de sa vie est tellement mêlé de légendes qu’on ne peut l’établir avec certitude. On sait qu'arrivé au Sinaï! il promulgua les dix articles de la loi fondamentale et prétendit les avoir reçus de Dieu luimême au milieu des éclairs et du tonnerre. Du Sinaï les émigrants remontèrent vers le nord ettraversèrent le désert de Pharan : à Kadesh-Barnéa, sur la lisière de Canaan, ils jugèrent prudent de reconnaître le pays avant de s’y engager. Les rapports des espions les effrayèrent tellement qu’il fallut rebrousser chemin et redescendre vers la mer Rouge : trente-huit années durant ils errèrent dans le désert de l’égarement entre Kadesh-Barnéa et le bourg d’Étsiôngeber. Aussi bien était-ce le temps des grandes guerres de Ramsès III : la Syrie méridionale n’était plus qu’un champ de bataille disputé par les Égyptiens aux peuples de la mer et à leursalliés. Mieux valait rester dans le désert, s’y exercer au métier des armes et à la vie indépendante, y préparer une constitution. Les Hébreux étaient dès lors

1. L'emplacement réel du Sinaï n’est pas connu. La tradition le place au Djebel-Moussa ; un grand nombre d'auteurs anciens et modernes, Eusèbe, Jérôme, Cosmas, Lepsius, le placent au Djebel-Serbâl. Cf. le dernier ouvrage sur la matière, Ebers, Durch Gosen zum Sinaï, p. 385- 426,

dinisés en douze tribus ou branches, dont dix, Juda, Siméon, Benjamin, Dan, Ruben, Gad, Issashar, Naphtali, Zebulon, Asher, venaient directement du patriarche Jacob, et les deux autres, Ephraïm et Manassé, se rattachaient à Joseph ; une treizième, celle de Lévi, consacrée tout entière au sacerdoce, n’avait pas d’existence politique. Chaque tribu, indépendante

des onze autres, avait ses autorités civiles régulièrement constituées qui dirigeaient les affaires : elle se divisait en races, qui elles-mêmes se subdivisaient en maisons. Les chefs de races et de maisons, les anciens, formaient un conseil dont les décisions étaient souveraines. Les tribus étaient autant de petites républiques qui tantôt s’isolaient l'une de l’autre, tantôt s’unissaient en confédérations de trois ou quatre : elles n'avaient d'autre lien entre elles qu'une origine et une foi communes.

Les Cananéens et les tribus térachites autres que les Hébreux, Edom, Ammon, Moab, possédaient des religions analogues à celle de la Chaldée et de l’Assyrie. Mais à Babylone les mythes, travaillés par une caste sacerdotale puissante, avaient fini par se coordonner et par former un ensemble de dogmes complet. En Syrie, ils étaient demeurés à l’état flottant, et les dieux se partageaient le pays comme autant de princes féodaux. L’adoration de Baal, le maître, le seigneur suprême, et de sa compagne Astarté, impliquaient la croyance primitive au dieu unique, de même que l’adoration de Tammouz et de Baalit, de Marna et de Derkéto, d'Hadar et d’Atargath. « La multiplicité des Baalim secondaires ne prouve pas plus contre cette unité primordiale que la subdivision du dieu égyptien en ses puissances divinisées; seulement en Phénicie » et en Syrie « cette répartition de la puissance divine est plus géographique et politique que philosophique. Ce sont moins les attributs divins que les sanctuaires locaux qui ont donné naissance aux dieux secondaires, Baals éponymes des principales villes. Baal, adoré à Tyr, à Sidon, à Tarse, devient Baal-Tsour, Baal-Sidon, Baal-Tars. Comme tel, il peut recevoir un nom particulier qui achève de détruire dans l’esprit du vulgaire son caractère primitif, mais qui n’en

laisse pas moins subsister la notion confuse de l’unité primordiale ; c’est ce qu’une inscription nous démontre en deux mots. Melqarth, le grand dieu de Tyr dont le culte avait été porté au loin par les colonies tyriennes, n’était autre que le Baa! de la métropole : «au dieu Melqarth, Baal de Tyr.! » L’hommage aux dieux se rendait sur les hauts lieux (bamôth) et dans les bocages sacrés. Il admettait des pratiques licencieuses et barbares dont la seule idée faisait horreur aux prophètes d'Israël. Moloch exigéait des sacrifices humains et voulait qu’on brulât des enfants devant lui. Astarté (Astoreth), à la fois guerrière et voluptueuse, avait pour prêtresse des courtisanes sacrées (kedeshôth). En Phénicie et à Chypre comme à Babylone, toutes les femmes devaient une fois au moins pendant leur vie s’enfermer dans l'enceinte du temple et s’y offrir au premier venu : le salaire de leur infamie appartenait au trésor de la déesse.

Seuls, parmi les nations cananéennes, les Phéniciens avaient essayé de réunir leurs mythes en un corps de doctrine. Un prêtre, que la tradition nomme Sankhoniathôn, avait composé une sorte de (Genèse phénicienne. « Au commencement, disait-il, était le chaos (bohou), et le chaos était plein de ténèbres et troublé, et le souffle (rouah) flottait sur le chaos: — Et le chaos n'avait pas de fin et il fut ainsi des siècles et des siècles. — Mais alors le souffle se prit d'amour pour ses propres principes et il se fit un mélange, et ce mélange fut nommé désir. (khephets) : — or le désir fut le principe qui créa tout, et le souffle ne connut pas sa propre création. — Le souffle et le chaos se mêlèrent et môt (le limon) naquit, et de mdf sortit toute semence de création, et môt fut le père de toutes choses : or m6t avait la forme d’un œuf. — Et le soleil, la lune, les étoiles et les grandes constellations brillèrent.—Il y eut des êtres vivants privés de sentiment, et de ces êtres vivants naquirent des êtres intelligents, et on les appela Tsophésamim [comtemplateurs des cieux). — Or l'éclat du tonnerre dans la lutte

de ces éléments qui commençaient à se séparer éveilla ces

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