‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 5)Chapitre 45 sur 96 · De Vogué^ Mélanges d'archéologie orientale, p · texte numérisé non relu

De Vogué^ Mélanges d'archéologie orientale, p

êtres intelligenls comme d'un sommeil, et alors les êtres mâles et les êtres femelles commencèrent à se mouvoir (et à se rechercher) sur la terre et dans la mer.* » Il est malheureux que ces débris nous soient parvenus si mutilés qu'à peine on peut en rétablir le sens.

Les croyances des Israélites formaient avec les religions cananéennes le contraste le plus frappant. On trouve bien chez les Juifs quelques traces confuses d'un paganisme primitif, des dieux [elohim], des pierres sacrées (Beth-el, Bétyles), des idoles [tei^aphim) , qui sont les dieux de la famille et dont les images font partie du patrimoine de la tribu ; mais, en fait, ils sont monothéistes. Et même leur monothéisme n'est jamais caché sous une enveloppe panthéiste comme celui de l'Egypte et de l'Assyrie : il est au fond et à la surface. Ils n'ont qu'un seul dieu et ne confondent pas ce dieu avec l'univers, n'admettent pour lui ni la subdivision, ni le sexe. Leur di^u est séparé du monde, n'engendre pas et n'est pas engendré, ne conçoit pas et n'est pas conçu, n'a ni semblable, ni inférieur. La nature entière est l'œuvre de se^ mains; les lois de la nature ne sont pas ses puissances divinisées, mais restent toujours les effets voulus de sa divinité. Le tonnerre est sa voix; l'éclair, sa lumière; la grêle et l'orage, son arme. Tonnerre, éclair, grêle ne deviennent jamais des êtres indépendants : ce sont des actes de dieu.

Ce dieu unique, ce Jahveh^, est avant tout le Dieu national d'Israël, comme Kamosh est le dieu national de Moab, et Marna le dieu national de Gaza. Au commencement, il a fait un pacte avec le père mythique de la nation, Abraham, et ce pacte plusieurs fois renouvelé assure aux enfants d'Israël son étemelle protection. Il a pris l'engagement de

1 . Sankhonialhon, fr. I, dans Mû lier, Fragm, H. Grœe,, t. II. Cf. Bunsen, Egypi*s place, t. V, p. 257-595. — 2. Jahveh est probablement la lecture du tétragramme mystique ÏTITT'. Par respect, on ne prononçait pas ce nom, auquel on substituait d'ordinaire, soit Adonai, soit Elohim, G*est pourquoi , lorsqu'on commença de noter les points voyelles, les quatre lettres de miT furent ponctuées de manière à se lire Téhova ou léhovi, selon le mot dont on se servait dans la récitation.

HIST. ANC. Il)

défendre son peuple envers et contre tous, à condition que son peuple n'adore aucun autre Dieu. Si le peuple rompt sa foi et court après les Baalim, Jahveh retire sa main de lui et le livre aux entreprises des voisins. Pour rentrer en grâce, il faut briser les idoles et revenir à l'observance de la loi. « Je suis Jahveh, ton Dieu, qui t'ai retiré du pays d'Egypte, de la maison de servitude. — Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. — Tu ne prendras point le nom de Jahveh ton Dieu en vain ; car il ne tiendra point pour innocent] celui qui aura pris son nom en vain. — Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. — Tu travailleras six jours et tu feras toute ton œuvre, mais le septième jour est le repos de Jahveh ton Dieu. — Tu ne feras aucune œuvre ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. — Honore ton père et ta mère afin que tes jours soient prolongés sur la terre. — Tu ne tueras point. — Tu ne commettras pas adultère. — Tu ne déroberas point. — Tu ne porteras pas de fau^ témoignage contre le prochain; — tu ne convoiteras pas la maison du prochain; tu ne convoiteras pas la femme du prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit au prochain*. » Le signe extérieur de l'alliance entre Jahveh et le peuple était l*arche, sorte de naos en bois de cèdre lamé d'or, analogue pour la forme aux naos représentés sur les bas-reliefs égyptiens. On portait l'arche au milieu du peuple et sa présence lui inspirait une confiance illimitée dans le pouvoir de dieu.

Aux dix préceptes fondamentaux se joignait sans doute un code de lois plus ou moins développé. Certaines prescriptions ritualistiques, certaines cérémonies empruntées évidemment aut pratiq[ue8 du culte égyptien doivent se reporter jusqu'au temps où les enfants d'Israël ; à peine sortis d'Egypte, adaptèrent au culte de Jahveh nombre de rites qu'ils avaient vu célébrer devant les statues d'Ammon et de Phtah. Mais en somme, ce qu'on sait et ce qu'on

Page 1