‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient (volume 5)Chapitre 69 sur 96 · Hérodote, II, 136-138; Diodore, I · texte numérisé non relu

Hérodote, II, 136-138; Diodore, I

lacées par le temps furent gravées à nouveau*. Thèbes, placée directement sous Tautorité de la reine Ameniri tis, profita largement de la bienveillance de ses nouveaux maîtres. A Louqsor, on refit la décoration de la porte placée entre les deux massifs du grand pylône; à Karnak, on répara plusieurs parties du temple d'Ammon. Pour trouver les bras nécessaires, Shabak remplaça la peine de mort par celle des travaux publics, et celte politique bien entendue lui valut par toute l'Egypte un renom de clémence *. Le pays, rendu enfin à la tranquillité, commença de réparer ses ruines avec cette puissance de vitalité merveilleuse dont il avait déjà donné tant de preuves.

Une renaissance aussi inattendue devait attirer l'attention des peuples étrangers. Si naguère encore les rois d'Israël et de Juda avaient recherché l'appui d'un roitelet confiné à Tanis dans un coin du Delta, que ne devaientils pas faire pour s'assurer l'amitié d'un prince dont la domination s'étendait des régions fabuleuses de l'Ëthio* pie aux rives de la Méditerranée, et qui pouvait mettre sur pied des armées aussi considérables que celles du roi d'Assyrie? Phéniciens, Juifs et Philistins, tous les peuples que l'ambition de Touklat-habal-asar avait inquiétés, sentirent que, si le salut pouvait venir de quelque part, ce ne pouvait être que d'Egypte. Hoshea envoya des présents à Shabak et lui demanda son alliance contre Salmanasar*. Divers motifs poussaient l'Éthiopien à bien accueillir ces ouvertures. Il savait que ses prédécesseurs égyptiens avaient possédé la Palestine et porté leurs

1. Sbarpe, Egypt. Inscript. , I, 30; cf. deRougé,5ttr quelques monumerUs du règne de Tahraka, dans le ReeueU, I, p. 12, 20-21 ; Goodwin, Upon an inscription of the reign of^habaka, dans Chabas, Mélanges égyptologiquesy 3» série, t. I, p. 349 sqq. — 2. Hérodote, II, 137 ; Diodore, I, 65. — 3. n, Rois xvii, 4. Le texte hébreu nomme MID, Sévé, Soua, Sô, le Pharaon auquel Hoshea s'adressa; d'autre part les textes assyriens nomment Shabak, Shabe et son successeur Shabatak, Shabtié. m. Oppert a donné la raison de ces divergences extraordinaires entre l'égyptien, l'assyrien et Thébreu {Mémoire sur les ropporft de VÉgypte et de l'Assyrie, p. 12-14). Le ghéeje possède une classe de gutturales particulières qu'on ne retrouve dans aucune autre des langues sémitiques et dont une entrait dans le nom des deux monarques éthiopiens. L'bé-

armes jusqu'au Tigre : ce qui avait été jadis possible et glorieux lui paraissait être possible encore à Pheure présente. Et quand même le désir d'ajouter un nom de plus à la longue liste des Pharaons eonquérwats ne Taurait pas bien disposé en faveur des Juifs, la prudence lui conseillait de ne pas les décourager. Le progrès des Assyrien» vers Tisthme de Suez, lent d'abord, avait pris depuis vingt ans une rapidité menaçante et devenait pour TÉgypte une source de craintes perpétuelles. Il fallait ou vaincre les nouveaux maîtres de TAsie et les rejeter au delà de l'Euphrate, ou du moins maintenir devant eux nne barrière de petits royaumes, contre laquelle vînt s'amortir l'effort de leurs attaques. Shabak affecta de considérer les présents d'Hoshea comme un tribut et ses demandes de secours comme un hommage : les murailles de Ramak, qui avaient jadis enregistré tant de fois les noms des peuples vaincus, enregistrèrent complaisamment ce que la vanité de TÉthiopien appelait « les tributs de la Syrie ».

Ces négociations n'avaient pu être si secrètement con« duites qu'elles échappassent à l'attention des Assyriens, Salmanasar, informé de ce qui se passait, manda Hoshea près de lui, et le Juif, pris à Timproviste, dut obéir aux ordres de son suzerain. S'il s'était imaginé pouvoir justi* fier sa conduite, cette illusion fut cruellement déçue : il fut jeté en prison et y disparut oublié de tous. L'armée assyrienne entra sur le territoire d'Israël et mit une dernière fois le siège devant Samarie. L'aristocratie d'Éphraïm,

breu supprime entièrement cette lettre embarrassante, Sévé^ Soum, Soi l'égyptien lui donne pour équivalent le son plus rude de k, T , Shabak ; l'assyrien enfin prend un terme moyen entre ces deux extrêmes et rend la lettre en questimi par un signe qui équivaut à peu près au ^ hébraïque. On a donc pour les noms des rois éthiopetas la gammQ de variantes i

l^thiopitn.

ShalHUak' Tahraqa

ÉgypH>«.

Shabak

Shabatok

Tahraqa

Assyrien.

Shabe

Shabtir

Tarqou

liOnn.

Sévé, S^,

Sa

Qr-,

T4p«*oç.

Xa6«««v («ér.)

Tihrakah

T(«^ (Slrab.) e.^u,i« (Jos.)

privée de son chaf, n'en résista pas moins bravement, Shabak ne jugea pas à propos d'intervenir au profit d'atliés dont la cause paraissait si complètement perdue, mais le secours vint d'autre part. Tyr avait fini par triompher des Kitiens et son roi Louliya venait do se révolter à son tour contre TAssyrie. Salmanasar laissa un corps d'armée devant Samarie et se rendit de sa personne en Phénicie. Le domaine de terre ferme des Tyriens tomba rapidement en son pouvoir, mais la ville elle-même, protégée par la mer, défiait tous ses efforts. Il rassembla obez ses vassaux de Sidon, de ûebel et d'Arad soixante vaisseaux sur lesquels il embarqua des troupes assyriennes, afin de tenter une descente dans Tlle. Cette flotte fut détruite par une escadre de douze navires tyriens, et cinq cent» Assyriens tombèrent aux mains de l'ennemi. Sajmanasar renonça dès lors à toute attaque directe, et changea la guerre en une sorte de blocus continental, dans Tespoir que le manque d'eau obligerait Tyr à se rendre*. Il y usa les forces de son royaume et le reste de sa vie : le blocus de Tyr et celui de Samarie duraient déjà depuis deux ans,

3uand il mourut sans laisser d'enfants, après cinq années e règne. Saryoukin (Sargon), Tun des grands officiers de la couronne, lui succéda dans le commandement de Far-* mée et dans l'administration de Tempire^.

1. Ménandre d'Éphèse dans Josèphe, Ànt. Ml., VIII. -- 3. Yolol, autant qu'il est permis de le rétablir^ le tableau de la féconde dyn|at«e assyrienne :

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