II BiDis, zxD
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temps des rois dlsraêl et des rois de Juda, — - comme cette Pâque qui fut célébrée en Thonneur de Jahveh, dans Jérusalem, la dix-huitième année du roi Joshiah^»
Les Juifs pouvaient réformer leur culte et se préparer par la pénitence au rôle qui leur était réservé dans le développement religieux de l'humanité; leur rôle politique touchait à sa fin. Impuissants comme les Araméens, comme les habitants de la Phénicie, ils ne devaient être d'aucun secours aux Sémites dans la lutte contre les races aryennes de la Médie.
IM nédie et les mli^rAtlOMS lrMUeiiiie«.
Les contrées à Test de TAssyrie se divisent assez naturellement en deux régions : une région de montagnes qui sépare le bassin du Tigre de celui de la Caspienne, et une région de plaines qui s'en va au sud vers Tocéan Indien, à Test vers THelmend. La partie montagneuse s'appuie contre une sorte de massif à peu près triangulaire, élevé sur les côtés, déprimé au centre : les eaux accumulées au fond de la dépression y ont formé un grand lac sans issue', allongé du N.-N.-O. au S.-S.-E., situé comme la mer Morte bien au-dessous du niveau de l'Océan et tellement saturé de sel que nul poisson n'y peut vivre. L'Elbourz se détache de ce massif à Test, et, après avoir côtoyé la rive méridionale de la Caspienne, va rejoindre au loin rindou-Roush : un de ses sommets, le Démavend, s'élève en pyramide à près de vingt mille pieds daas les airs et passe pour être la plus haute montagne de cette région*. Sur le côté opposé courent cinq à six rangées parallèles, connues des géographes grecs et romains sous le nom de Khoatras et de Zagros. Elles sont dirigées en général du N.-N.-O. au S.-S.-E. et forment une contrée entrecoupée de torrents et de ravins profonds, de sommets presque inac-
1. Il Roti, xxxn-xxxin; II Chron,, xxxiv-xxxv. — î. Aujourd'hui le &c d'Ouroumiyèh. ^ 3. L*Ararat n'atteint que 17 000 pieds, et le plus haut pic du Caucase n'en dépasse pas 18 000.
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cessibles et de vallées fertiles qui débouchent sur TAssyrie ou TËlam et portent leurs eaux dans le Tigre. Derrière ces lignes naturelles, comme derrière les murs d'un vaste camp retranché, s'étend un immense plateau légèrement ondulé dont la lisière, bien arrosée par de nombreux cours d'eau, peut nourrir une population nombreuse ; à mesure qu'on s'éloigne de la lisière pour s'enfoncer dans l'intérieur du plateau, les rivières se perdent et le désert apparaît. Tout ce pays, sans approcher de l'Egypte et de la Ghaldée, abondait en ressources. Les montagnes renferment du cuivre, du fer, du plomb, de l'or et de l'argent en petite quantité, plusieurs espèces de marbre*, des pierres précieuses et surtout un lapis-lazuli fort estimé des anciens'. Nues par endroits, elles sont le plus souvent revêtues d'épaisses forêts où le pin, le chêne, le peuplier, s'étagent au-dessus du plane oriental, du noisetier et du saule. Les vallées du Zagros et de rOuroumiyèh sont de véritables vergers : elles produisent la poire, la pomme, le coing, la cerise, l'olive, la pêche, qui parait être indigène. Sur le plateau, les arbres ne croissent qu'en petit nombre au voisinage des rivières et des étangs ; mais les parties où l'eau ne manque pas sont fécondes en céréales et en légumes excellents. On y trouvait, à côté de bêtes féroces appartenant aux espèces les plus redoutables, le lion, le tigre, le léopard', l'ours, une foule d'animaux domestiques ou susceptibles de le devenir, l'âne sauvage, lebufQe, la chèvre, le chien, le dromadaire et le chameau à deux bosses, alors presque inconnu en Assyrie et en Egypte, même plusieurs races de chevaux, dont une, la niséenne, était renommée pour sa force, sa taille et son agilité*.
Les races qui ont peuplé l'ancien monde avaient de toul temps parcouru ces contrées. Les bandes Roushites et sémites traversèrent le plateau du nord au sud, de l'est à Touest, mais sans s'y arrêter. Une première invasion
1. Entre autres le marbre de Tebriz. — 3. Oa ne trouve plus aujourd'hui de lapis-lazuli dans ces contrées. — 3. Le lion, le tigre et le léopard ont presque disparu aujourd'hui. — 4. G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 251-305.
aryenne y laissa plusieurs peuplades échelonnées entre la Bactriane et l'Asie Mineure ^ La plus importante^ celle des Mata ou Matiani, avait comme jalonné de ses établissements la route suivie par les émigrants. Quelques-unes des familles qui la composaient étaient restées en Sogdiane*; le gros de la nation s'était fixé au sud du lac d'Ouroumiyèh, dans ce qui fut plus tard la Médie Atropatène'; une tribu, emportée par l'esprit d'aventure, avait poussé de làjusquesurlesbordsdel'HalysSLes Touraniens avaient trouvé le pays à leur convenance et l'avaient occupé dans toute son étendue. Us le défendirent longtemps avec succès contre les attaques des Aryens au nord et des Sémites à l'ouest. Les grands rois de la dix-huitième dynastie n'arrivèrent pas jusqu'à eux; les premiers conquérants assyriens, Touklat-Adar et Toukla^-ahbal-asar I*', n'essayèrent pas de franchir la barrière que les chaînes du Ehoatras et du Zagros opposaient à leur ambition. Us entamèrent à peine quelques tribus descendues des montagnes dans les plaines arrosées par le Tigre. Ce fut au neuvième siècle seulement, à partir de Touklat-Adar II et d'Assour-nazir-habal, que les Assyriens commencèrent à gagner du terrain sur les nations de l'Est.
Sauf les Mata, Assour-nazir-habal ne trouva devant lui que des populations touraniennes. C'étaient en première ligne, et à commencer par le sud, le Kharkharet le Namri : le Eharkhar sur le haut Gryndès et le haut Khoaspès, le Namri, séparé de l'Assyrie par le Zab inférieur, tous deux à cheval sur le Zagros et étendus au loin vers l'est, mais la partie occidentale de leur territoire habitée en partie au moins par des populations d'origine koushite. Au nord du Namri et par delà le Zab supérieur commençait le pays de Khoubouskia, qui courait le long du mont Khoatras, depuis la passe de Rowandiz jusqu'aux environs du lac de
1. G. Rawlinson, The five great Mimarehies, t. II, p. 371-376 ; Berodofttf, t. I, p. 546. — 2. Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, 1** série, t. I, p. 24. — 3. Pline, H, JV., IV, 16. —4. Hérodote, I, 72. — 5. Thoutmès III et Amenhotep II ne paraissent pas avoir de beaucoup dépassé Ninive.
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Van. Placés en contact immédiat avec l'Assyrie, les peuples de ces régions ne furent pas épargnés ; ils n'en résistèrent pas moins avec obstination et se firent détruire à moitié plutôt que de se soumettre. Derrière eux Assournazir-habal etSalmanasar IV rencontrèrent, dans le bassin d'Ouroumyièh, les Mata, qui touchaient au Khoubouskia, puis le Madakhir, sur les rives septentrionales, et le Kharrou, sur les rives orientales du lac. Au delà du Kharrou, mais tirant vers le sud, le Mesa ; enfin, séparés du Mesa par « trois pics qui se perdent dans les nues et dont nul oiseau n'atteindrait le sommet dans son vol », le pays de Giratbounda et ses cinq cents villes ^ Au sud de ces régions commençaient le pays d'Arazias', qui confinait à la fois au Kharkhar et au Namri, et par delà l'Arazias, le peuple de Barsou ou Parsou, qui dominait alors depuis le grand désert jusqu'à la Caspienne ^ Salmanasar IV écrasa toutes ces tribus, comme son père avait fait avant lui. En 842, pendant sa quatrième campagne, l'ardeur de la poursuite l'entraîna plus loin que le Parsou, dans des régions où nul prince assyrien n'avait pénétré avant lui. Il y rencontra un peuple nouveau, les Amadal ou Madaï, qu'il battit et soumit au tribut.
Les Mèdes appartenaient à la race indo-européenne et formaient avec les Perses le gros de la famille iranienne. Ils portaient le nom générique d'Aryas *, et remontaient par le souvenir jusqu'aux âges où ils vivaient dans l'Airyanem-Vâedjô ', aux abords du plateau de Pamir. Un de leurs livres sacrés raconte qu'avant de venir se fixer sur le sol de l'Iran ils avaient longtemps couru le monde et habité des terres diverses qu'Ahoura-Mazdâ, le dieu bienfaisant, créait pour eux, mais d'où les manœuvres du mauvais principe, Angro-Mainyous, finissaient toujours par les chasser •. Forcés par le froid de quitter l'Airyanem-
1 . Les Cadusii des auteurs antiques, aujourd'hui le Ghilàn et le Mazandf r&n. — 2. La Médie propre. — 3. Fr. Lenormant, Uttret ostyriologiquêi, !'• série, t. I, p. 23-26. —4. Hérodote, V'I, 62 : Ol 8i Mvifioi ixaXiovto icaXai %phQ ff^twv 'Apioi. — 5. « Demeure des Aryens. • — 6. Vendidad-Sadé, I*' Fargard. Ce texte géographique a été l'ol^et de
Vaêdjô, ils se répandirent sur la Çoughdhâ * et la province de Môurou*. Les guerres civiles et les incursions des nomades voisins les contraignirent de s'exiler encore une fois. Ils remontèrent vers Test , dans Bâkhdht , u le pays des hautes bannières*, » puis vers le sud -est, dans la contrée de Niçâya, <c qui est entre Bàkhdhi et Môurou*. » Jusqu'alors ils étaient restés enfermés dans le bassin de TOxus : la crainte des tribus touraniennes les avait retenus d'escalader les pentes de THindou-Koush et d'aborder le plateau qui s'étend de la Caspienne à l'océan Indien. Au sortir du Niçaya, ils y pénétrèrent par THarôyou* et descendirent sur le Vâekereta-Douhzaka*, où ils se séparèrent en plusieurs corps de nation^. Les uns traversèrent l'Haraqaïti^, rHaètoumat', et débouchèrent dans la vallée de l'Indus, Heptahendou *• ; ils y rejoignirent les tribus d'origine aryenne qui s'y trouvaient déjà et se fondirent dans leur masse. Les autres poussèrent vers le sud-ouest et ne s'arrêtèrent qu'à la limite orientale de l'Ëlam, dans un canton montagneux qu'ils appelèrent Parçâ — la Perse. Les Mèdes, au lieu de s'enfoncer dans le désert qui sépare le bassin de l'Helmend du mont Zagros, s'élevèrent lentement vers le nord-ouest, à travers
nombreux travaux. Cfr. Rhode, Die HeUige Sage des Zenàvolks, p. 61 sqq. ; Lassen, Indische AUerthumshunde, t. I, p. 526 sqq. ; Kiepert, dans les Monatsb. d. BetL Àkad., 1856; Spiegel, Avestay t. I, p. 59-67, et Commentar, t. I, p. 1-48; Haug, The First chapter ofthe Vendidady dans Bunsen, Egypfs plactj t. III; Fr Lenormant, Lettres assynologiques, r* série, t. I, p. 29-34. Les données géographiques sont acceptées en général comme étant d'une exactitude rigoureuse ; voir pourtant M. Bréal. — 1. La Sogdiane des auteurs classiques. — 2. La Margiane, le Margotu des inscriptions acbéménides ; aujourd'hui le canton de Merv,— 3. Cest-à-dire « le siège delà royauté.* Bàkhdhi est la BakhtrU des textes perses, la Bactriane. — 4. La NiaaCa de Strabon et de Ptolémée (VI, 10, 4) — 5. Haraiva des Perses, Aria ou Âriana des auteurs classiques. — 6. D'après Lassen et Haug, le Seîstan actuel, où se trouve la ville ruinée de Doushak (Djellabad), sur la rive orientale du lac Hamoun, au sud des embouchures de THelmend. — 7. Le Yendidad-Sadé n'indique en cet endroit que deux directions : vers la Médie et vers l'Inde.— 8. ÂrakouUoudes Assyriens; Arachosia des géographes grecs. — 9. Position incertaine. — 10. Le Pendjab actuel.
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rOurvâ*, le Khnenta Vehrkanâ*, puis inclinèrent vers le sud et s^établirent à Torient des Parsouas, dans les contrées de Rhagâ* et de Tchakhrâ*, où Salmanasar IV dut les rencontrer en 841.
Les Perses ne paraissent pas avoir rencontré beaucoup de résistance : les peuplades koushites et touraniennes assez clairsemées qui habitaient entre l^ËIam et la Carmanie ne tinrent pas devant eux^ Les Mèdes durent conquérir pied à pied le sol de leur nouvelle patrie. L'histoire a perdu le détail de leurs premières luttes contre les Touraniens, mais les traditions persanes ont conservé jusqu'au moyen âge le récit des exploits fabuleux qui les signalèrent et les noms des héros légendaires qui y furent engagés. A partir du neuvième siècle avant notre ère, les indications des monuments assyriens nous permettent d'entrevoir les progrès de la conquête aryenne vers l'occident. En 831, Salmanasar IV trouvait encore le pays dans l'état que nous avons décrit plus haut. Presque aussitôt après sa retraite, les Mèdes se mirent en mouvement dans la direction du Zagros. Les Parsouas, acculés à l'Assyrie vers l'ouest, au désert vers le sud, n'eurent d'autre ressource que de se réfugier dans les cantons montagneux qui formèrent plus tard la provin.ce de Parthyène. En moins de vingt ans les Aryens franchirent l'espace qui les séparait de la frontière assyrienne : ils s'emparèrent du pays de Varena* et du pays d'Ulipi '. Les campagnes de
1 . Ni Lassen ni Spiegel n*ont proposé d'identification précise pour ce nom. M. Haug place l'Ourvà dans le Kaboulistan, sur la route de l'Inde ; M. Meineke dans la partie orientale de la Parthyène. M. Fr. Lenormant le rapproche du pays nommé Ourivdn dans les monuments assyriens, VÀpauarctisene d'Isidore, $ 13, VApavortene de Pline, VI, 18. — 2. Le Va/rkdna des inscriptions perses, THyrcanie des Grecs et des Romains, aujourd'hui le Djourdjan. — 3. Sauf, je crois, M. Kiepert, tous les commentateurs sont d'accord pour voir dans Rhagâ, Rhagse, < la plus grande ville de Môdie, » au dire d'Isidore, §7.-4. Karkh, à l'extrémité nordouest du Khorassan, d'après M. flaug. — 5. Fr. Lenormant, Histoire ancienne, t. II, p. 331-332. — 6. Le quatorzième séjour des Iraniens, d'après le Vendidad ; peut-être la Khorênê de Strabon (1. XI), la Khoariné d'Isidore, § 8, la Choara de Pline, VI, 17. — 7. D'après M. Oppert Vlllipi ou lUibi serait l'Albanie. M. Fr. Lenormant (Lettres assyriolo-
Biu-nirari II (720-716) les forcèrent de s'arrêter un moment ; mais durant les règnes qui suivirent, la décadence momentanée de TAssyrie favorisa leurs entreprises et leur laissa toute liberté de s'affermir dans leur conquête. Quand, plus d'un demi-siècle après Bin-nirari, Touklat-habalasar II ramena les armées assyriennes vers l'est, la Médie s'étendait déjà du Zagros au désert et des frontières septentrionales de TÉlam aux bords de la Caspienne*. Des nations qui avaient jadis possédé ce vaste territoire, les unes avaient été ou dispersées ou réduites en servage ; d'autres avaient émigré, comme les Parsouas ; quelquesunes maintenaient à grand' peine un reste d'indépendance. Le Kharkhar et le Namri avaient perdu toute la partie de leurs domaines c[ui était située sur le plateau. Les Aryens avaient partout l'avantage sur les peuples de Tourân *.
Quelques siècles après ces événements, au temps où les Grecs connurent les Iraniens, les légendes populaires et les convenances politiques avaient déjà altéré l'histoire de la conquête. Les Perses , successeurs des Mèdes dans l'empire d'Asie, ne pouvaient admettre qu'un peuple de leur race eût été si récemment encore l'humble vassal de l'Assyrie. Ils composèrent pour cette époque une sorte de roman glorieux, dont Ctésias de Gnide recueillit et consigna dans ses livres les principales dispositions. Vers 788, quand Bin-nirari UI venait à peine de vaincre les premières tribus aryennes de la Médie, Ctésias place la révolte d'Arbakès, la prise deNinive, et la fondation d'un grand empire mède qui se prolongea sans interruption jusqu'à Kyros. Les noms de ces prétendus rois manquaient ainsi que les années de leur règne; il créa de toutes
Sièces une dynastie*. Les monuments assyriens nous ont onné la preuve de cette fraude. Lorsque Touklat-habal-
giques, l'* série, 1. 1, p. 38-41) a montré que c'était la Médie supérieure. — 1. M. Haug pense que les mots qui servent à designer au Vendidad la seizième station des Iraniens signifient ■ sur lef bords de la mer. • Ce ne peut être en ce cas que le littoral de la mer Caspienne dans le Tabaristàn. — 2. Fr. Lenormant, Lettres assyriennes, l'* série, t. I, p. 26-41. — 3. Yolney a découvert la méthode dont Ctésias s'est senri
LES SARGONIDES. 459
asar II envahit la Médie, dans les années qui correspondent au règne du prétendu Mandaukas, le pays était réparti entre un grand nombre de chefs indépendants qui exerçaient l'autorité chacun sur son canton ou sur sa ville, et ne relevaient d'aucun pouvoir supérieur. Il se borna à conduire vers llnde quelques expéditions lointaines, et à faire sur le plateau de Tlrân quelques razzias productives. Vingt ans plus tard, Saryoukin entreprit sérieusement la conquête du pays. Il Tenvahit vers 712, à la tète d'une nombreuse armée, s'empara de la plupart des villes et les annexa à l'Assyrie, construisit sur plusieurs points impor-
pour fabriquer sa dynastie. Plaçant la liste qu'il donne des rois mèdes à côté de celle que fournit Hérodote :
Interrègne x Arbakès 28
Délokès 53 Mandaukas 50
Sosarmos 30
Artykas 50
Phraortès 22 Arbianès 22
Artœos 40
Artynès 22
Kyaxarès 40 Astybaras 40
on voit que, tout en changeant les noms d'Hérodote, Ctésias répète ses nombres deux à deux :
I Arbianès ... 22 Artœos 40) Artynès 22 Kyaxarès 40
Astybaras . . 40)
A la place des quatre premiers rois, Hérodote indiquait Délokès et un interrègne de longueur indéterminée. Ctésias prit pour les cinquante-trois ans de Déîokèn le nombre rond de cinquante ans, et substitua à l'interrègne un règne qu'il évalua à la durée moyenne d'une génération humaine. 11 appliqua à ce nouveau couple royal le procédé de reproduction dont il s'était servi pour le couple précédent :
Arbakès.... 28)
ÎBIandaukas. 50 > Interrègne ..•• x
Sosarmos... 30) Artykas.... 50
La substitution de vingt-huit pour trente au règne d'Arbakès n'est là que pour donner à tout le catalogue un air de vraisemblance. (Cf. Volney, Reehirehes sur Vhùiaire aneiifme, 1. 1, p. 144 sqq. ; G. Rawlinson, Berodotus, 1. 1, p. 329-330).
tants deB forteresses destinées à maintenir ses nouveaux sujets dans Tobéissance. Fidèle aux traditions de la politique assyrienne, il transporta des Mèdes dans les provinces occidentales de son empire, à Hamath, dans laCœlé- Syrie, et sema la Médie de colonies syriennes : une partie des Juifs de Samarie fut établie de la sorte au milieu des peuples aryens*. Gomme tribut enfin, il exigea chaque année Tenvoi d'un certain nombre d'étalons niséens. Sa domination comprenait toute la province de Médie, depuis le pays de Bikni, à Test ^, jusqu'au canton de Karalla, aux confins de TAtropatêne'. Il régnait en souverain sur tous les chefs de cette région, sur celui d'Allabria* et sur celui d'EUibi, sur les princes d'Agazi% d'Ouriakkou *, d'Ambanda% de Zikartou', et sur vingt autres dont nous ne savons où placer les domaines*. Sin-akhè-irib n'eut pas de peine à conserver la suzeraineté de l'Assyrie : Assour-akhèidin, dans sa dixième année (671), pénétra de nouveau dans le Bikni. Pendant un demi-siècle, la Médie fut complètement sous la dépendance des rois de Ninive.
Ici encore les traditions nationales avaient transformé une époque de soumission en un temps de gloire. Les Perses racontèrent à Hérodote que vers 708, c'est-à-dire au moment où Saryoukin venait de coloniser une partie du pays, toutes les tribus éparses de la Médie s'étaient réunies en un corps de nation et avaient fondé le royaume mède. « H y avait chez les Mèdes un homme sage, à qui était nom Déïokès, le fils de Phraortès. Ce Déïokès, énamouré du
1. II Rois, xvn, 6; xvin, 11. — 2. Le pays de Btlrm, la partie extrême de la Médie à Test, parait répondre aux environs de la ville que Ptolémée (VI, 2, 17) appelle 'A6ixaiva (Fr. Lenormant, Lettres assyriologiques, 1^ série, 1. 1, p. 45). — 3. Fr. Lenormant, L (.— 4. M. Fr. Lenormant (op, cit,, p. 36-37) voit dans Allabria une forme touranienne du nom Barô-Berexàiti de TElbourz, et dans le canton d^AUabria le dis* trict situé au nord de Rhagae, dans la montagne. — 5. Var. Agagi, Cf. •AyaÇa ou 'ATaya de Ptolémée, VI, 2, 8, dans TAtropatône. — 6. Peutêtre r'AXoiiaxa de Ptolémée, VI, 2, 10. — 7. Probablement la ICampada des inscriptions achéménides, la Combadin^ d'Isidore, St.Parth., S 5. — 8. La Sagartie des auteurs classiques. — 9. Cf. Fr. Lenormant, op. cit., p. 44-49.
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pouvoir, fit comme il suit : Les Mèdes vivaient par bourgades; lui qui était, dès avant cela, dei plus considérés dans la sienne, mit de plus en plus son étude à la pratique de la justice; et il en agissait ainsi quand le désordre était grand par toute la Médie, sachant combien l'injustice est ennemie du juste. Les Mèdes de sa bourgade, voyant ses manières, le choisirent pour leur juge. Et lui, comme il courtisait le pouvoir, était droit et juste. Agissant de la sorte, il eut louange non petite de ses concitoyens, à ce point qu'apprenant ceux des autres bourgades qui avaient été jusqu'alors frappés d'injustes sentences, comment Déïokès était le seul homme qui jugeât selon le droit, dès qu'ouïrent la chose, tout contents accoururent vers Déïokès et, jugés eux aussi, à la fin ne s'adressèrent plus à aucun autre. Gomme la foule des clients augmentait toujours à mesure qu'on se persuadait de l'équité de ses jugements, voyant Déïokès que tout reposait sur lui, plus ne voulut s'asseoir au lieu où s'asseyant jusqu'alors avait rendu justice, et assura qu'il ne voulait plus juger; car point ne trouvait son compte à négliger ses propres affaires pour juger tous les jours celles d'autrui. Les rapines et le désordre revenant dans les cantons plus qu'ils n'avaient fait auparavant, les Mèdes s'assemblèrent en un même lieu et se consultèrent entre eux, parlant sur ce qu'il convenait faire. Selon ce que je pense, les amis de Déïokès parlèrent plus que tous les autres : « Nous ne pouvons « continuer d'habiter le pays dans l'état où nous sommes. « Allons, établissons un d'entre nous comme roi, et ainsi « le pays sera bien gouverné et nous retournerons à nos ce affaires, et nous ne serons pas maintenus par l'injustice « dans un état de trouble perpétuel. » Parlant à peu près ainsi, ils se persuadèrent qu'ils voulaient un roi. Et sur le champ on examina qui on élirait roi : Déïokès fut proposé et fort loué par un chacun, si bien qu'ils convinrent de rélire roi*. » Une fois maître, Déïokès se construisit un
, 1. Hérodote, I, 96-98.
grand palais et s'entoura d'une garde royale. Il commanda ensuite à ses sujets d'abandonner leurs villages et de se réunir auprès de lui, dans les murs d'une grande capitale. « Les Mèdes, dociles à ses ordres, bâtirent cette Tille immense et bien fortifiée qu'on nomme Acbatana. Ses enceintes sont excentriques et construites de telle sorte que chacune dépasse l'enceinte inférieure seulement de la hauteur de ses créneaux. L'assiette du lieu, qui s'élève en colline, favorisa cet arrangement. Il y avait en tout sept enceintes, et dans la dernière le palais et le trésor du roi. Le pourtour de la plus grande égale à peu près le pourtour d'Athènes. Los créneaux de la première sont peints en blanc; ceux de la seconde en noir; ceux de la troisième en pourpre; ceux de la quatrième en bleu; ceux de la cinquième sont d'un rouge orangé. Aux deux dernières les créneaux sont argentés pour l'une et dorés pour l'autre. Toutes ces fortifications, Déïokès les fit élever pour lui-môme et pour son palais; il commanda au peuple de se loger hors de la citadelle. La ville terminée, il posa le premier en règle que nul n'entrerait chez le roi, mais que toutes les affaires s'expédieraient par l'entremise de certains officiers qui les rapporteraient au monarque; qu'il serait indécent de regarder le prince en face, de rire ou de cracher en sa présence. Il établissait ce cérémonial autour de lui pour ne pas donner à ses contemporains élevés avec lui, aussi bien nés et aussi bien doués que lui, l'occasion de s'aigrir à sa vue et de conspirer contre lui : il pensait qu'en se rendant invisible à ses sujets ils finiraient par le considérer comme un être d'une nature différente ' . »
Le personnage de Béîokès n'a rien d'historique '; le non! a été retrouvé sur les monuments. En 713, Sargon Soumit un pays de Bet-Dayakkou, ainsi nommé d'après son souverain : Dayakkou répond évidemment à Déïokès'. Mais il
1. Hérodote, I, 98-99. — 2. Voir sur la tournure grecque de Tbistoire de Déïokès les observations de Grote {History of Greecê, %, ÛI, p. 307 sqq.) et G. Rawlinson {Herodotus, t I, p. 321) ; The five great Monarchies^ t. II, p. 380-383). — 3. M. Henri Rawlinson aFait pensé
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y a entre Dayakkou et Déïokès une différence essentielle : Dayakkou fut et resta toute sa vie un petit chef obscur de Médie; Déïokès est un fondateur d'empire. U faut donc regarder et le personnage de Déïokès et son règne de cin- ^ante-trois ans comme une fiction poétique agréable à la "vanité des peuples aryens, démentie par Thistoire '. Sous Saryoukin, sous Sin-akhè-irib, sous Âssour-akhè-idin, c'est-à-dire pendant le demi-siècle de puissance que la légende accorde généreusement à Déïokès (708-655), la Médie était morcelée en petites principautés dont la plupart payaient tribut à TAssyrie*.
Ii« rcll^^A IranleAMe ; »or»>atre | les lll«ces«
La religion des Mëdes et des Perses dérivait du culte des anciennes populations aryennes, tel que nous le font connattre en partie les livres sacrés de Tlnde. Ç'avaient d'abord été les mêmes rites, les mêmes croyances, les mêmes noms divins appliqués aux mêmes idées; puis, des divergences s'étaient montrées, d'abord presque insensibles, bientôt assez accentuées pour former deux systèmes de dogmes contradictoires. Les Aryens connaissaient d'une manière confuse un dieu unique d'essence, multiple en ses manifestations et comme perdu en elles. Son imité se décomposait en une pluralité d'attributs dont chacun était susceptible de s'animer et de devenir une personne indé^ pendante. C'est de cette conception une à la fois et multiple que sortirent par des procédés différents les religions polythéistes de Tlnde et de l'Europe ; c'est d'elle que sortit la religion dualistique des peuples Iraniens.
Les légendes nationales reportaient sur le prophète
que Déiohèi répondait à Dahak, second élément du nom d^Àj-dahak, le serpent qui mord, en grec 'Aorvârnc {Notet on ihe Early Bistory of Babyioniaj p. 30, noie 2). Je crois que M. Fr. Lenormant a raison d'identifier le mot Déîokës avec Dayakkon. — 1. M. Fr. Lenormant a essayé récemment de démontrer Tauthenticité du Déïokès d'Hérodote (Lettres cusyriologiqueSy l^^'série, t. ï, p. ô5-62)- — 2. G. Rawlinson, Herodotus, t. I, p. 328*331 ; ThêfivegreatMonanhiee, t. n, p. 379-383;
Zarathoustra (Zoroastre ) * rhonneur d'avoir établi la vraie religion. Presque tous les écrivains de Tanticpiité classique s'accordent à placer ce personnage sur les plans les plus reculés de l'antiquité fabuleuse. Hermippos et Eudoxe le faisaient vivre six ou sept mille ans avant la mort d'Alexandre; Pline le disait de mille ans antérieur à Moïse*, et Xanthos de Lydie prétendait qu'entre sa mort et l'avènement de Darios il s'était écoulé six cents ans*. Zarathoustra vivait aux premiers âges de la race iranienne, au temps où les tribus étaient encore campées en Bactriane. U était de race royale et fut choisi par Dieu, dès avant sa naissance, pour régénérer le monde. Son enfance et sa jeunesse se passèrent dans des luttes incessantes contre les démons : toujours assailli, il était toujours vainqueur et sortait plus parfait de chaque épreuve. Quand il eut trente ans, un génie supérieur,. Vôhou-manô, lui apparut et le conduisit en présence d'Ahourâ-mâzdâ. Invité à interroger Dieu, il demanda « quelle était la meilleure des créatures qui sont sur la terre? » On lui répondit que celui-là était parfait parmi les hommes dont le cœur est pur. Il voulut ensuite connaître le nom et la fonction de chacun des anges, la nature et les attributs du mauvais principe. Il traversa une montagne de flammes, se laissa ouvrir le corps et verser dans le sein du métal fondu, sans éprouver aucun mal ; après quoi il reçut des mains de Dieu l'Avesta, le livre de la loi, et fut renvoyé sur la terre. U se rendit à Balkh, auprès de Vîstâçpa, fils d'Aourvat-açpa *, qui régnait alors sur la Bactriane, et y défia les sages de la cour. Pendant trois jours, ils essayèrent de le combattre et de l'égarer, trente à sa droite, trente à sa gauche. Lorsqu'ils se furent avoués vaincus, Zarathoustra déclara qu'il venait de
K Le nom de Zarathoustra peut signifier la splendeur de Tor, mais il y a d'autres étymologiee possibles. — 2. Plin., H, N., XXX, 1, 2. -— 3. Xanthos, dans 0. Mûller^ Frag. U, Grasc, i, I, p. 44. Ctésias faisait de Zoroastre un roi de Bactriane contemporain de Ninos et Sémiramis. — 4. Les livres persans modernes nomment ce roi Gousbtasp, fils de Lohrasp. Vlstâçpa-Goushtasp est devenu en grec *T(rrdOTn)C} mais le personnage de Vistàçpa n'a .rien de commun avec le père de Dario&«
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Dieu et commença de lire l'Avesta au roi. Persécuté par les sages, accusé de magie et d'impiété, il finit par l'emporter à force d'éloquence et de miracles. Vîstâçpa, sa femme, son fils, crurent en lui, et la plus grande partie du peuple suivit cet exemple. La légende ajoute qu'il vécut longtemps encore, honoré de tous pour la sainteté de sa conduite. Selon les uns, il mourut frappé de la foudre ; selon les autres, il fut tué à Balkh par un soldat touranien. On s'est demandé souvent s'il était un personnage historique ou seulement un héros mythique égaré dans l'histoire*. On ne saurait trancher pareille question d'une manière décisive. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que, si Zoroastre a vécu réellement, nous ne savons rien de lui que le nom, — le nom et l'œuvre à laquelle il consacra sa vie'.
Les livres attribués à Zoroastre ont subi le sort de tous les livres sacrés : ils ont été mutilés et interpolés tant de fois, qu'on ne sait pas toujours discerner avec certitude ce qu'ils renferment d'authentique. Nous n'avons de l'Avesta que des fragments conservés dans trois recueils : le Vendidad-Sadé, le Yesht-Sadé et le Boundéhesh. Le Vendidad- Sadé se compose du Vendidad ou « livre contre les démons », du Yaçna et du Vispered : il est écrit en zend, de même que le Yesht-Sadé. Le Boundéhesh est rédigé dans la langue vulgaire de la Perse au temps des Sassanides, le pehlevi. Il y a dans ces trois recueils des morceaux de tout âge et de toute valeur, les uns assez anciens pour nous donner, sinon la forme originelle, au moins l'esprit de la doctrine iranienne; les autres modernes et mêlés de formules étrangères. Les Iraniens adoraient un seul dieu, Aouramazdâ^, l'esprit sage, <c le lumineux, le
1 . Voir sur cette question Kern, Over het woord Zarathustra en den mythischen Persoon van diesen Naani, dans les Mémoires de V Académie des sciences des Pays-Bas, i XI, 1867. Tout le récit de la vie de Zoroastre repose sur des légendes modernes dont Tautorité est des plus douteuses. — 2, Spiegel, Erdnische Àlterthumskunde, 1. 1, p. 668-711.— 3. Cest Torthographe des inscriptions cunéiformes perses. Le ztnd dit Abourô-mazdâo et le persan moderne Ormouzd. De Maxdà vient le nom Maxdéisme, qu'on donne souvent au système religieux des Iraniens. HIST. ANC. 30
resplendissant, le très-grand e^ très-bon, le très-parftdt et très-actif; le très-intelligent et très-beau ^ » Il est incréé, mais a créé toute chose par le verbe. Et sa création n'est pas, comme dans beaucoup d'autres cosmogonies, la mise en œuvre d'éléments préexistants : par l'acte de sa parole il a tout tiré du néant, esprit et matière*. Dès le commencement, il s'est donné, comme coadjuteurs dans l'administration du monde, six génies d'ordre supérieur qu'on appelle les Âmesha-çpentas (Amshaspands), « les immortels », Vôhou-manô, le « bon esprit », Ashavahista, le a très-pur », Elishathra-vairya, le « royaume <c désirable, » Çpenta ârmaîti, la « sagesse parfaite », Haourvatât, la santé, Ameretât, l'immortalité'. Après les Amesha-çpentas viennent les Yazatas (Yzeds), répandus par milliers dans l'univers pour veiller à la conservation et au jeu de ses organes, l'esprit du soleil, Mithra, le vent, Yayou, les différents génies de l'eau, du feu, de l'air et des astres V Us touchent de près à une classe d'êtres spéciaux, les Fravarshis (Froharou Feroûer). Chaque homme, chaque Yazata et Aouramazdâ lui-même avait son Fravarsbi qui veillait sur lui et se dévouait à sa conservation. Après la mort de l'homme, le Fravarshi restait au ciel et y devenait une sorte de génie indépendant, d'autant plus puissant pour le bien que la créature à laquelle il s'était attaché sur la terre avait montré plus de pureté et de vertu*.
Aouramazdâ avait fait le monde et avait voulu le faire bon. Mais la création ne peut subsister que par l'équilibre de forces opposées qu'elle met en jeu. L'opposition de ces forces inspira aux Iraniens l'idée qu'elles étaient mues par deux principes ennemis, l'un bon et utile, l'autre mauvais et nuisible à l'homme. Ce mauvais principe n'est pas coétemel au bon principe : tant qu' Aouramazdâ ne créa point le monde, le mal ne fut point : mais, le jour où
L Taçnd, I, L— 2. Spiegel, Erdnisehe ÂU€rthumtkunde,i. U, p. îl- 31 y a résumé tous les passages des livres sacrés où il est question d'Aouraznazdâ. — 3. Idem, tbid,, t. Il, p. 31-40. — 4. Idem, tbid., p. 41-91. — &. Idem, ibid., p. 91-88.
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dans rœuvro de la création il tira la matière du néajit et suscita les forces qui la régissent, leurs actions et leurs réactions firent apparaître, sans qu'il y eût de sa volonté, un génie destructeur, que les hommes appelèrent Angrômaïnyous (Ahriman) , le destructeur. De même qu^Aouramazdà se manifestait dans tout ce qu'il y a d'utile et de beau, dans la lumière, dans la justice, dans la vertu, Angrômaînyous se montrait dans tout ce qui est nuisible et laid, dans les ténèbres, dans le crime, dans le péché. Le désir de détruire l'harmonie de l'univers rendit créateur ce pouvoir malfaisant*. Aux six Amesha-çpentas il opposa six esprits égaux en force et en puissance : Akômanô, le « mauvais esprit », Andra, qui cherche à semer dans le monde le chagrin et le péché, Çaourou, qui pousse les rois à la tyrannie, les hommes au vol et au meurtre, Nâonghaihya, Taourou et Zaïrica*. Contre les Yazatas il suscita les Daêvas (devs) ou démons, qui ne cessent d'assiéger la nature et de s'opposer à la régularité de ses mouvements'* Au moment de k création, tandis qu'Aouramazdâ faisait apparaître la lumière, l'homme, tout ce qu'il y a de bon en ce monde, Angrô-mainyous tirait du néant les ténèbres, les animaux et les plantes nuisibles : jaloux de l'homme, il cherche à le faire décheoir. Avant l'arrivée de Zoroastre, ses créatures mâles (Yâtous) et femelles (Païrikas, Péris) se mêlaient librement aux hommes et contractaient des alliances avec eux : Zoroastre brisa leurs corps et leur défendit de se manifester autrement que sous forme d'ani* maux*. Leur pouvoir ne sera complètement détruit qu'à la fin des temps. Alors trois prophètes issus de Zoroastre, Oukhshyat-ereta, Oukhshyat-nemô, Çaoshyanç ou Açtvateretô, apporteront au monde trois nouveaux livres de la loi qui en compléteront le salut. Les ténèbres disparaîtront devant la lumière, la mort devant la vie, le bien devant le mal. Angrô-maînyous lui-même devra reconnaître la sou-
1. Spiegel, Erdnisehe Alterihumskunde, t. II, p. 121-126. —2. Idem, iWd., p. 126-130.^3. Idem, ibid,, p. 130-141 .—4. Idem, tWd.,p. 145-148.
veraineté d'Àouramazdâ , et la perfection régnera sur Tunivers * .
Au milieu de la lutte entre les deux principes, Thomme, assailli par les Daêvas, défendu par les Yazatas, doit ▼ivre selon la loi et la justice dans la condition où le sort Ta jeté. A côté du prêtre et du soldat, le législateur a réservé une place d'honneur à celui qui cultive la terre. « C'est un saint, celui qui s*est construit ici-bas une maison dans laquelle il entretient le feu, du bétail, sa femme, ses enfants et de bons troupeaux. Celui qui fait produire du blé à la terre, celui qui cultive les fruits des champs, celui-là cultive la pureté : il avance la loi d'Aouramazdâ autant que s'il offrait cent sacrifices*. » L'homme a été placé ici-bas afin de disputer à Angrômaïnyous lés parties stériles du sol : labourer est son premier devoir. Pour le reste, on avait soin de ne pas surcharger sa vie de formules : on exigeait de lui qu'il crût en Dieu, cpi'il lui adressât des prières et des sacrifices, qu'il fût simple de cœur, sincère de paroles, loyal dans tous ses actes. « Nous adorons Aouramazdâ, le pur, le seigneur de pureté; nous adorons les Amesha-çpentas, les possesseurs du bien, les distributeurs du bien; nous adorons tout ce que le bon esprit a créé, tout ce qui
()eut servir au bien de sa création et à l'extension de a vraie foi. — Nous louons toutes les .bonnes pensées, toutes les bonnes paroles, toutes les bonnes actions qui sont ou qui seront, et nous conservons en pureté tout ce qui est bon. — Aouramazdâ, être toujours bon, toujours heureux! nous nous efforçons de penser, de parler, d'agir comme il convient pour assister les deux vies* », celle de l'âme et celle du corps. Aouramazdâ n'avait ni statues, ni sanctuaires mystérieux, ni autels*; mais sur les hauteurs s'élevaient des pyrées ou temples du feu où la flamme sacrée était entretenue d'âge en âge par des prêtres dont le devoir était de ne pas la
1. Spiegel, Erânische Alterthumskunde, t. II, p. 158-158.— 2. Tapia, XXXIII, 2-3. — 3. Ibid., XXXV, 1-3. — 4. Hérodote, I, I3Î
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laisser s'éteindre*. La principale victime était le cheval'; mais on ofi'rait aussi le bœuf, la chèvre et la brebis. Après avoir préparé et distribué aux assistants le Haôma, sorte de boisson enivrante que les Iraniens avaient reçue des peuplades aryennes primitives*, le prêtre tuait l'animal et en plaçait les morceaux non pas dans le feu que le contact aurait souillé, mais devant le feu sacré. La cérémonie se terminait d'ordinaire par un banquet solennel où Ton mangeait la chair de la victime ^.
Après la mort, on ne devait ni brûler le corps, ni l'ensevelir, ni le jeter dans une rivière : c'eût été souiller le feu, la terre ou l'eau. On avait deux manières différentes de se débarrasser du cadavre sans dommage pour la pureté des éléments. On pouvait le recouvrir d'une couche de cire et l'enterrer* : l'enduit passait pour empêcher la souillure qu'aurait produite un contact direct avec la terre. On pouvait l'exposer en plein air et le laisser dévorer aux oiseaux ou aux bêtes de proie* : en ce cas de grandes tours rondes servaient de cimetières'. L'âme, après être restée trois jours encore dans le voisinage de sa dépouille mortelle, la quittait à l'aube du quatrième pour se rendre au lieu du jugement. Le génie Rashnou pesait ses actions bonnes et mauvaises dans la balance infaillible et l'acquittait ou la condamnait selon le témoignage de sa propre vie. Au sortir du tribunal, on la menait à l'entrée du pont Çinvat qui était jeté sur l'enfer et menait au paradis. Impie, elle ne pouvait le franchir et tombait dans l'abîme, où elle devenait l'esclave d'Angrô-maïnyous ; pure, elle le passait sans peine aveo l'aide de l'ange Çraosha. Yohou-manô lui
1. Strabon, 1. XV, 3.— 2. Xénophon, Cyrop., VIII, 3, § 24; Yaçna, XLIV, 18, où il est question d'un sacrifice de dix chevaux offerts par un seul individu. — 3. Le haôma, en sanscrit sômay était extrait de la plante haoma ou soma, une sorte d'Àsclépias ou Sarcostema viminalis,
— 4. G. Rawlinson, The five great Monarchiet, t, II, p. 337-339, 45-346.
— 5. Stralwn, 1. XV, 3; Hérodote, I, 140. — 6. Strabon, l. L ; Hérodote (I, 140) semble croire que les corps étaient enterrés après avoir été dévorés seulement en partie par lesobiens ou par les oiseaux. — 7. Ces tours s'appellent dakhmoi « monumeats » (Vendidad, Fàrg., V-VIII).
souhaitait la bienvenue, la présentait au trône d*Aouramazdâ, comme il avait fait Zoroastre, et lui indiquait la place qu'elle devait occuper désormais jusqu'au jour de la résurrection des corps * .
Transplanté sur le plateau de l'Iran, le Mazdéisme s'y modifia selon les temps et les circonstances. Il se conserva longtemps intact chez les Perses, et s'altéra chez les Mèdes au contact des superstitions étrangères. Comme la plupart des peuples de leur race, les Touraniens de Médie considéraient que le bon principe est clément par essence et n'a pas besoin d'être adoré : ils réservaient leurs prières et leurs sacrifices pour les puissances infernales et ténébreuses. Leur culte était une sorte de sorcellerie plutôt qpi'un culte réel, et s'adressait aux esprits du mal; leurs prêtres avaient des rites et des pratiques barbares par lesquels ils se flattaient de vaincre les démons et de les plier à la volonté humaine '. Sujets des Aryens, ils ne renièrent pas leurs croyances : ils les fondirent dans celles de leurs maîtres. Us identifièrent leurs dieux bienfaisants avec Aouramazdâ et ses anges de lumière, leurs divinités malfaisantes avec Angrô-maïnyous et ses démons, et cette invasion des génies touraniens dans le système de Zoroastre en changea complètement la nature. Angrômaînyous avait été regardé jusqu'alors comme un être de race inférieure : on le chargeait de malédictions, et lui rendre hommage était se condamner à l'enfer pour jamais. A l'exemple des Touraniens, les Mèdes commencèrent à voir en lui une personne moins auguste que le bon principe, mais plus redoutable et plus nécessaire à fléchir : ils finirent par admettre qu'il était l'égal d'Aouramazdâ en puissance et en force, avait la même substance que son rival et durerait autaùt que lui. Restait à expliquer l'exis-
1. G. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 339-340; Spiegel, Erànische AUerthumskundê, t. II, p 148-lbl. — 2. Les vieilles croyances touranieanes des peuples de Médie paraissent s*étre mainlenues fort altérées dans le cuite bizarre des Yextdis, adorateurs du diable (Layard, Nineveh and B^bylon, p. 41 sqq. ; Oppert, Rapport au Ministre de Vlnstruetion publique, 1856).
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tence de ces deux êtres consubstantiels et pourtant enne* mis : on supposa qu'ils n'avaient pas existé de tout temps, mais émanaient d'un je ne sais quoi préexistant qu'on nomma le temps sans bornes [Zroanr-akararuiY . A ce point, l'évolution était complète. Le dualisme tel que Zoroastre l'avait conçu sans résoudre les problèmes qu'il soulevait, n'existait plus que de nom. Aouramazdâ n'était plus l'être incréé créateur de tout : dérivé d'un être antérieur, il avait organisé un univers préexistant en puissance. Sa lutte contre Angrô-maïnyous était la lutte de deux pouvoirs égaux et si exactement balancés, qu'aucun d'eux ne devait l'emporter sur l'autre. Le bien et le mal émanés d'une seule substance divine, distincts pour quelques siècles seulement et en apparence, étaient destinés à se réunir de nouveau dans le sein du même être indifférent d'où ils étaient sortis jadis, avec tout le cortège de la création *.
En même temps que le dogme, la forme extérieure du culte s'altéra profondément. Les Touraniens de Médie avaient une caste sacerdotale dont les membres tenaient leur office par droit d'hérédité : ces prêtres, qu'on appelait magoush (mages), s'imposèrent aux vainqueurs et devinrent une des six tribus constituantes de la nation*. Ils infectèrent les Aryens de leurs pratiques superstitieuses^ développèrent le culte du feu et des corps célestes et se posèrent en intermédiaires nécessaires entre l'homme et Dieu. On ne pouvait offrir le sacrifice ou faire acte de religion
1 . Sur ce personnage et ses succédanés le ttmpi fini (Zrvan dareghô qadhdta), V espace infini {Thwdtha) eiVespctce fini\Miçvdna), \sLlumiire tant fin {Anaghra raoçdo) et les ténèbret tant fin {Ànaghra tenUlo\ voir Spiegely Erànitche AUerthumskunde, i. II, p. 4-20. La croyance au Zrvan-akarana donna naissance à de nombreuses sectes, dont les plus célèbres, celles des Zervanient^ ont duré bien avant dans le moyen âge (Spiegel, Erdnitche AUerthumtkunde, t II, p. 165-i87) : elle fait encore aujourd'hui partie du dogme religieux des Guëbres ou P&rsis de Bombay. — 2. Fr. Lenormant, Hittoire, t. II, p. 335-338; Uttret owyriologiques, 1'* série, t. I, p. 97-111; Ettai de commentaire tur Us fragmentt cotmogoniquet de Bérote, p. 156 sqq.; la Magie, p. 191-215. ^ 3. G. Rawlinson, The five great Mona/rchiett t. II, p. 348-349.
en leur absence*. Vêtus de longues robes blanches, coiffés de hautes tiares, les mains chargées du faisceau sacré de tamarisque (ba/reçmay barsom) sans lequel on ne devait rien faire', ils se rendaient en procession aux autels, pré-
Faraient la victime, versaient les libations et chantaient sur offrande les formules mystérieuses qui lui donnaient toute sa vertu. Ils se vantaient de posséder des facultés surhumaines, d'expliquer et de rendre les oracles, de prédire l'avenir. Les auteurs classiques affirment que sous des apparences d'austérité ils cachaient des vices monstrueux, qu'ils permettaient et pratiquaient l'inceste le plus horrible, celui du fils avec la mère*, qu'ils ne reculaient devant aucun crime pour satisfaire leurs passions. Ce que nous savons de leur vie par les monuments originaux ne nous permet pas de combattre ou d'approuver ce jugement. Les mages acquirent une grande influence sur le peuple et sur les grands ; s'ils en abusèrent parfois, ils ne firent ni mieux ni pis que d'autres n'avaient fait avant eux.
L'empire mède; Kyaxarès; les Kimmériens en Asie ; chute de Ninive (625) ; la Lydie. — La XXVI- dynastie ; Psamélik !•'; Néko II ; bataille de Karkémlsh. — L'empire chaldéen et le monde oriental depuis la bataille de Karkémish jusqu'à la chute de Tempire mède.
li'emplre méée i Kyaxarèfl | les KlmMérieiis •■ Asie | cknte de lilnlwe («tS) t la l.ydle.
Les traditions recueillies par Hérodote donnaient pour
1. Hérodote, I, 138; Ammien Marcellin, XXJII, 6. — 2. Strabon, 1. XV, 3; Yendidad, Farg. XVIII, 1-6. — 3. Cette pratique est rapporté© par plusieurs auteurs ecclésiastiques sur la foi de Xanthos de Lydie et de Clésias , deux écrivains d'une bonne foi suspecte. M. George Raw-
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successeur à Déïokès un certain Phraortès (655-633) qui, après avoir soumis les Perses et conquis le plateau de llran, aurait péri en 632 dans une expédition contre Ninive*. Je ne m'arrêterai pas à ce personnage dont le nom, Fravartis, a la tournure mède, mais dont l'histoire est aussi peu authentique que celle de son prétendu prédécesseur'. Ouvakhshatara, que les Grecs appellent Kyaxarès, fut le véritable fondateur du grand empire médique*. D'après Hérodote, il était fils de Phraortès et succéda à son père dans la possession d'un empire solidement établi^. On croit aujourd'hui qu'il n'était pas originaire de la Médie propre, mais était né sur les bords de la Caspienne, entre l'Atrek et rOxus : il se mit avec son père à la tète d'une nouvelle migration qui déboucha sur le plateau de l'Iran et doubla les forces de la race aryenne on ces parages. Les petits Etats qui se partageaient le pays furent soumis sans grande difficulté et réunis sous un même sceptre : les nouveaux venus, entraînés par la force de l'impulsion, ne s'arrêtèrent pas à la chaîne du Khoatras, et voulurent descendre dans la plaine du Tigre. Hérodote nous apprend comment se termina cette première tentative des Mèdes sur l'Assyrie' : le vieil Assour-ban-habal , ou son successeur Assour-edil-ilâni, se porta à la rencontre des envahisseurs et les vainquit. Phraortès périt dans la bataille : Kyaxarès ramena en arrière les débris de son armée et remonta sur le plateau de Médie pour y préparer une nouvelle guerre*. Il venait de se former une armée régulière'' et de recommencer la guerre avec l'Assyrie, lorsqu'un ennemi inattendu vint séparer les deux pouvoirs rivaux. Bien loin vers le nord, au delà des fleuves de l'Arménie et des pics du
linson {The five great Monarckies, t. II, p. 351-353) n'admet pas le bien fondé de cette accusation. — 1. Hérodote, I, 102. — 2. Cf. Rawlinson, The five great Monarchies, t. II, p. 383. M. François Lenormant {Lettres atsyriologiqueSy l'* série, 1. 1, p. 64-72) a récemment essayé de défehdre l'authenticité du récit d'Hérodote. — 3. Cf. Eschyle, Perses, V, 761-764 : Mîjôo; yàp yjv 6 «pwxo; ^st^wv (jtpaxoO, 'AXXo; Ô' èxetvou «aîç TÔÔ* Ipyov ^vuac* XpiTo; 6' Ait* auToO Kvpoc.... — 4. Hérodote, 1, 103. — 5. Hérodote, 1, 102.— 6. Cf. Rawlinson, The fivé great Monarchies, t. U, p. 220; Uerodotus, 1. 1, p. 331-333. — 7. Hérodote, 1, 103.
474 CHAPITRE XH.
Caucase, dans les vastes steppes du continent européen, vivaient des tribus à moitié sauvages, que les peuples anciens ont connues sous les noms assez vaguesdeKimmériens, Scythes, Sarmates. Depuis upe haute antiquité, les Eimmériens avaient Thabitude de franchir presque chaque année la barrière du Caucase pour venir piller les peuples de l'Asie. Leurs premières incursions avaient été dirigées de préférence vers le sud-ouest, dans la direction de l'Asie Mineure : ils avaient ravagé les contrées qui bordent le Pont- Euxin, traversé la Phrygie, la Mysie, la Lydie, atteint les villes grecques et barbares qui s'élevaient sur la côte orientale de la mer Egée*. Plus tard, la renommée de l'Assyrie pénétra jusqu'à eux et alluma leur convoitise; * ils descendirent dans la direction du sud et rencontrèrent, quelquefois à leur désavantage, les armées assyriennes* Vers 632, le gros de la nation, dépossédé par la tribu desScolotes', s'ébranla, passa le long de la Caspienne : en arrivant dans le bassin du Tigre, les Barbares trouvèrent deux armées en présence. Kyaxarès avait battu les Assyriens et forcé leur roi à se renfermer dans sa capitale. A l'approche des Kimmériens, il leva le siège et courut au-devant des envahisseurs. Il avait sur eux l'avantage de l'armement et de la discipline, mais ses soldats succombèrent sous le nombre. Madyès, chef des Barbares, remporta la victoire et imposa aux vaincus un tribut annuel. La Médic ne souffrit pas beaucoup : elle n'était pas encore assez riche pour tenter la cupidité des h>cythes ; mais sa suprématie sur les nations voisines parut être un moment compromise ^.
Le courant de l'invasion s'éloigna des montagnes de l'Iran pour se jeter sur les pays de l'Euphrate et de la Méditerranée. L'Assyrie, que les Scythes avaient sauvée sans le savoir, souffrit la première de leurs ravages; elle fut dévastée tout entière, et, si Ninive leur échappa, les autres
1. Strabon, 1. 1, 2; III, 2; XIV, 1 ; Orose, I, 21. Cf. G. Rawlinson, The fiv€ great Monarchies, t. U, p. 404 ; Herodoius, t. I, p. 293-301. — 2. Les Gimirri ou Kimmerii sont mentionnés déjà sous Assour-ikhè-idin, vers 678. — 3.HérodoU, I, 104. — 4. Idem, 1, 103; Strabon,!. I, 3.
villes royales, Kalakh, El-Assour, furent brûlées et saccagées de fond en comble. La Mésopotamie et la Ghaldée furent plus d'à moitié dépeuplées. Gomme les Huns dix siècles plus tard, les Kimmériens n'épargnaient ni Tâge ni le sexe. Us détruisaient les moissons, abattaient ou enlevaient les troupeaux, incendiaient les villages pour le seul plaisir de détruire ou d'efirayer; les habitants qui n'avaient pas réussi à se sauver dans la montagne ou à s'enfermer dans les forteresses étaient massacrés ou traînés en esclavage. Trop ignorants en Fart de la guerre pour assiéger les places fortes selon les règles, ils les laissaient d'ordinaire en repos moyennant un léger tribut; si les richesses enfermées dans une ville leur faisaient espérer un riche butin, ils la bloquaient jusqu'à ce que la famine la réduisît à se rendre. Mainte vieille cité où s'étaient accumulés les trésors des générations passées fut mise à feu et à sang ; maint canton fertile et populeux fut ruiné et désolé. Us allèrent ainsi de province en province, de la Mésopotamie dans la Syrie du Nord et dans la Phénicie, de la Syrie du Nord au pays de Damas et en Palestine^. Us arrivèrent enfin aux frontières de l'Egypte et se préparaient à les franchir, quand Psamélik I" les écarta par de riches présents. Us revinrent sur leurs pas, et pillèrent au passage le temple de Derkètô, près d'Ascalon. A partir de ce moment leur pouvoir commença à décliner ^. Engagés chaque année dans des guerres nouvelles, ils réparaient difficilement les vides que la victoire creusait dans leurs rangs ; les excès de toute sorte les décimèrent ; leur nombre diminua rapidement. Les vaincus relevèrent la tète et commencèrent à remuer.
Les Mèdes furent les premiers à secouer le joug.Eyaxarès invita le chef des Scythes et ses principaux officiers à un grand banquet ; après les avoir enivrés, il les fit tous tuer, et dès le lendemain prit la campagne. Malgré la trahison qui les avait privés de leurs généraux, les hordes kimmériennes tinrent bravement têle à l'orage ; il fallut pour les