‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 98 sur 215 · TV · texte numérisé non relu

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tualion .

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ration .

LES ÉCRITURES DU MONDE ORIENTAL. 8‘25

L'origine de cette curieuse écriture est inconnue. M. Sayce incline à penser qu’elle dérive de la même source que l’écriture hittite h M. Deecke a voulu en montrer les rapports avec les systèmes cunéiformesi. 2. M. Faulmann la tire de l’égyptien 3. Elle fut usitée d’abord par les aborigènes de Chypre, puis adoptée par les colons grecs. La langue en est le dialecte éolien; les formes grammaticales se rapprochent beaucoup de l’arcadien, ce qui s’explique par la présence dans l’île de colonies arcadiennes4 à une époque ancienne. Pour donner une idée de l’aspect que présente le grec sous ce déguisement inattendu, je ne saurais mieux faire que de copier deux courtes inscriptions, toutes deux aujourd’hui conservées au Louvre5 6. La première se compose de deux mots, sans plus, mais est bilingue ;

KAfcVÏ EM!

la seconde a deux lignes :

ro&M qms

et se transcrit :

ô FavoLç Sracrt/as ^raarixpdreos.

Les plus anciens des textes connus jusqu’à présent ne paraissent pas remonter au delà du vi* siècle avant notre ère, les plus modernes ne descendent guère plus bas que le ne ; mais l’exploration de Chypre n’a pas été menée si soigneusement qu’on ne puisse espérer en découvrir qui nous reportent aux temps de la domination phénicienne, peut-être plus loin encore dans le passé®. Le plus impor-

i. Sayce, On the Hamathite Inscriptions, dans tes Transactions of the Society of Biblical Archæology, t. V, p. 3i sqq. , t. VII , p. 278 sqq. — 2. W.

Deecke , Oer Ursprung der Kyprischen Sylbenschrift , eine paldographische

Untersuchung , Strasbourg, in-8°, 1877. — 3. K. Faulmann, Illustriste

Geschichle der Schrift, Vienne, in-8°, 1880, p. 348-357. — 4. Hérodote, Vil, xc. — 5. Pieridès, Notes on Cypriote Palæography ( with three Plates ),

dans les Transactions of the Society of Biblical Archæology, t. V, p. 88-96. —

6. L’histoire du déchiffrement a été résumée d’une manière fort claire par

m APl’üNWCfc,

tant d'entre eux a été découvert à Dali, l ancienne Iüalion , et a été déposé par le due de Luynes à la Bibliothèque nationale de Paris, Il nous fait connaître un épisode curieux des guerres médiques. Itiahoo avait pris parti pour les Grecs : les troupes du grand roi, renforcées d’un contingent fourni par Kition, étaient venues assiéger la ville et avaient été repoussées. A la suite du siège, le roi Stasiky* pros et la cité invitèrent le médecin Onasilos, fils d’Onasikypros, et ses frères à soigner gratuitement les malades et les blessés : les frais généraux restaient à la charge du trésor public, comme il arrivait souvent en pareil cas1, et le médecin recevrait, à titre d’honoraires, la somme d’un talent prise sur les fonds de la ville et du trésor royal , ou bien des terres, un jardin et une maison francs d’impôt et de corvée, pour lui et pour ses descendants. Les autres textes’ appartiennent a ce que M. de Rossi a si justement appelé la canaille des inscriptions, épitaphes ou stèles votives. Ils confirment cependant ce que les historiens grecs nous avaient conté au sujet des religions de Chypre, et principalement au sujet du culte rendu à l’Aphrodite Paphienne.

Les écritures égyptiennes;

L’alphabet. le syllabaire, les signes déterminatifs.

Les hiéroglyphes éthiopiens et hittites.

Lorsqu’à la renaissance des lettres, les savants s’occupèrent de recueillir les fragments relatifs à l’antiquité, les fragments des livres consacrés aux écritures de l’Egypte, et en particulier ceux des Hiéroglyphes d’Horapollon, attirèrent leur attention. Égares par les témoignages grecs et latins , les uns erronés, les autres mal compris, ils imaginèrent que les caractères hiéroglyphiques représentaient chacun une idée. Pendant deux siècles et demi, ils perdirent leur temps à

Léon IWet, Sur le déchiffrement des inscriptions prétendues ananennes de Vile de Chypre , in-8°, Paris, 1876 , et par M- Br^al , Sur le déchiffrement des inscriptions chypriotes , Paris , 1 877, in-4 26 p. ^tirage à part du Journal des Savants, août-septembre 1877; ci. Revue archéologique, novembre *877), — 1, Cf, dans Hérodote, III, cxxix-gxxxvii, l’histoire du médecin Dé» mocède.

LES ÉCRITURES DU MONDE ORIENTAL

rechercher sur les rares monuments , alors connus en Europe, les signes idéographiques dont les auteurs classiques leur donnaient le sens. Les uns, comme le jésuite Kircher, improvisèrent, de toutes pièces, un système ingénieux1; les autres, s’adressèrent à l’hébreu, au chaldéen, au chinois 2, pour y retrouver des analogues à l’égyptien. Tous les efforts avaient été vains et le livre de l’Egypte semblait devoir rester scellé à jamais, lorsqu’en 1799 un officier d’artillerie français, M. Boussard, trouva, près de Rosette, une inscription rédigée en trois écritures : hiéroglyphique, démotique et grecque. Le texte grec montra que c’était un décret solennel, rédigé par les prêtres, en l’honneur d’un Ptolémée , le cinquième du nom. 8ilvestre de Sacy3, et bientôt après le Suédois Akerblad4 en étudièrent la partie démotique qu’en raison de son aspect cursif on présumait être de nature alphabétique. Akerblad, avec une sagacité merveilleuse, démêla quelquesuns des principaux caractères du système nouveau qu’il avait sous les yeux, et dressa un premier alphabet démotique, dont la plupart des éléments sont restés acquis à la science : s’il avait persévéré dans la voie qu’il s’était tracée, il aurait peut-être résolu le problème des écritures égyptiennes. Rebuté par le mauvais état du texte hiéroglyphique, il laissa à d’autres le soin de reprendre son œuvre et de retrouver la clef du système.

Zoega avait remarqué déjà que les cartouches des obélisques devaient renfermer des noms de roi écrits au moyen de signes alphabétiques. Un savant anglais du plus grand mérite, Th. Young, essaya de reconstituer l’alphabet des cartouches. De 18 1 A à 1818, il s’exerça sur les divers systèmes d’écriture égyptienne , et sépara mécaniquement les groupes différents dont se composaient le texte hiéroglyphique et le texte démotique de l’inscription de l’osette. Après avoir déterminé, d’une manière plus ou moins exacte, le sens de chacun d’eux, il en essaya la lecture ;

1. Kircher, Œdipus Ægyptiacus, f°, Romæ, i652-i654, 3 parties en

4 vol. — 2. De Guignes, dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions et helles-lettres , XXIX, il, XXXIV, 1. — 3. Lettre au citoyen Chaptal sur

t inscription égyptienne du monument, de Rosette , in-8°, Paris, 1802. —

4. Lettre sur V inscription égyptienne du monument de Rosette, in-8°, 180a.

APPENDICE

les signes du cartouche lui parurent ex¬

primer le nom de Ptolémée, sans qu’il réussît à leur assigner à tous leur valeur exacte. Il reconnut que B, a et

H répondaient à p, t, i ; mais il considéra comme un caractère superflu, et donna au lion couché, jw», la valeur

syllabique ole, à celle de ma, à P celle de ôs , osh. Encouragé par ce succès relatif, il prit le nom de Bérénice dans les textes de la Description de V Egypte, et chercha à déterminer le son des hiéroglyphes qui le composaient. Analysant , il trouva les lectures

i = bir, <=» — e, = ke, ken; il considéra A

comme inutile, ainsi que ^ et t. Défalquant les fausses valeurs qu’il avait cru découvrir, restait un total de cinq caractères exacts : B, p; a, t; H, C* ' — s et * — , f, v, qu’il avait reconnus. Toutes ses tentatives pour aller au delà restèrent infructueuses : il déchiffra Arsinoé, où il y avait le titre Autokratôr , et Evergêtês où il y avait Kœsar1. Ses idées étaient justes en partie, mais sa méthode imparfaite; il entrevit la terre promise, mais sans pouvoir y entrer.

Le véritable initiateur fut François Champollion, qu’on appelle Champollion le Jeune pour le distinguer de son frère aîné, Champollion- Figeac. Dès son enfance, il s’était livré à l’étude des langues orientales et surtout à celle du copte. Il publia, de 1811 à i8i4, les deux premiers volumes d’un grand ouvrage intitulé : YEgyple sons les Pharaons, dans lequel il rétablissait au moyen des documents coptes la géographie nationale de l’Egypte. La comparaison des monuments avec les manuscrits le porta à reconnaître que les trois systèmes de l’écriture égyptienne, l’hiératique, le démotique et l’hiéroglyphique ne différaient pas en réalité : l’hiératique et le démotique n’étaient que des tracés de plus en plus cursifs de l'écriture ordinaire. Après avoir cru fermement que les hiéroglyphes

3. Th. Young, Archdeologia,i8i7 ,XVll,bo: Encjrclopœdia Brit. 4** edit FV, 1“ part; Account qf dmcov tries in hieroglypnic Uterature , 8\ London, i8a3.

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étaient des signes d’idées, ii finit par reconnaître qu’ils étaient des signes de sons, et reprit, vers 1821, ie problème que M. Young n’avait pas résolu. Le premier résultat de ses travaux, publié en septembre 1822, dans une lettre adressée à M. Dacier, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, fut accueilli avec une curiosité mêlée de quelque incrédulité. Le Précis de système hiéroglyphique , paru deux ans plus tard, convainquit toutes les personnes de bonne foi et ne laissa subsister aucun doute sur l’authenticité de la découverte. Champollion, après avoir décomposé le nom de Ptolémée

en B, p; r; £}, 0; m, l; ^=, m; \ L /; (\ s, essaya les valeurs qu’il avait obtenues sur les cartouches

de ^ r\:l

et de (\^ZŸZZ]

où il lut les noms de Bérénice, de Cléopâtre et d’Alexandre. Il obtint de la sorte un alphabet

fi V

y Pî •

qu’il compléta bientôt par l’analyse des autres noms royaux qui appartenaient à l’époque grecque ou romaine, et plus tard par l’étude de cartouches plus anciens , tels que ceux

de , Psmtk , Psammétique (xxvi* dynastie);

, Thotms, Touihmôsis ( xviii* dynastie), etc. Ou

APPENDICE

pouvait penser que cette manière d’écrire les sons avec un alphabet était propre aux noms royaux, et qu’en dehors des cartouches on ne trouverait que des signes idéographiques. Champoilion prouva que son alphabet appliqué aux textes courants permettait d’y retrouver, non seulement beaucoup des mots, mais beaucoup des formes grammaticales de la langue copte. On le mettait au défi de déchiffrer autre chose que des noms propres; il traduisit des phrases et prouva le bien fondé de ses traductions. L’opposition n’en devint que plus forte, surtout chez les savants qui se connaissaient ou prétendaient se connaître en langue copte. M. Ét Quatremère ne daigna même pas examiner le système et le condamna. Klaproth ne l’étudia que pour le combattre, avec une mauvaise foi et une animosité que la mort de Champoilion n’apaisa jamais.

Malgré ces attaques, la science s’imposa aux gens non prévenus. Lorsque Champoilion mourut , en i832,MM. Ch. Lenormant et Nestor L’Hôte , en France; Salvolini, Rosellini, Ungarelli, en Italie; et bientôt après MM. Leemans, en Hollande; Osburn, Birchet Hincks, en Angleterre ; Lepsius, en Allemagne, se mirent courageusement à l’œuvre. Les écoles qu’ils fondèrent ont prospéré depuis, et l’égyptologie a fait, en soixante-quinze ans, des progrès considérables^ quatre générations de savants se sont appliqués à élucider les problèmes que présentaient les écritures et la langue elle-même dont les variations furent nombreuses au cours des âges. La grammaire de l’époque des Ramessides fut établie la première, puis celle de la xne dynastie, puis celle de l’époque memphite. On s’applique aujourd’hui à déchiffrer les inscriptions des dynasties thinites, et les Pyramides nous ont rendu de longs fragments de livres antérieurs aux Thinites : c’est la littérature et la langue de l’Égypte préhistorique qui s’ouvrent à nos investigations. Notre connaissance de ces états divers de l’égyptien ne cesse de s’étendre et de s’affermir chaque jour; dans quelques animes, les égyptologues déchiffreront les textes historiques et littéraires avec autant de certitude que les latinistes lisent les œuvres de Cicéron et de Tite-Live.

L’égyptien des époques classiques ( ve-vi% xn\ xvin*-xx" dynasties) possédait vingt-deux articulations différentes, et se

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servait, pour rendre chacune d’elles, d’un ou plusieurs signes alphabétiques dont voici le tableau :

A ou A .

A ou A. . .

Wou F...

13 ou V. . .

Hou H1..

X ou Kh .

HBi, dB

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